Projet Hypérions: l'édifice écologique de demain

Serait-il utopique d'imaginer que d'ici quelques années nous pourrions vivre... (Vincent Callebault Architectures)

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Mélissa Bradette
Le Quotidien

(Saguenay) Serait-il utopique d'imaginer que d'ici quelques années nous pourrions vivre dans d'immenses tours en bois et nous nourrir des fruits et légumes, ainsi que des poissons produits à même nos habitations? Selon l'architecte belge Vincent Callebaut et l'agroécologue hindou Amlankusum, instigateurs du projet Hypérions, il ne s'agit pas d'une utopie, mais bien d'une visée réalisable.

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Le projet Hypérions, imaginé par la firme Vincent Callebault Architectures, se dresse dans les terres de Jaypee Greens Sports City, en Inde. La construction de cette ville, proche de New Delhi, a débuté en 2011. Cet écoquartier vertical à énergie positive repose essentiellement sur la création de tours maraîchères en bois lamellé-collé (CLT).

L'objectif de ce projet, qui tire son nom de l'arbre le plus haut du monde, l'Hypérion (un séquoia à feuilles d'if de Californie dont la taille est de 115,55 mètres), est de faciliter la revitalisation urbaine, notamment par le biais de la renaturalisation, et de favoriser le développement agricole artisanal, la protection de l'environnement et de la biodiversité.

Le projet devrait se concrétiser pour 2022. Il est constitué de six tours-arbres construites en bois lamellés-croisés structurel (CLT) et recouvertes de jardins maraîchers. D'une hauteur de 128,20 mètres (incluant le toit et les passerelles ciel), chaque tour comporte 36 étages de logements et de bureaux.

Lutter contre l'écocide

Le projet Hypérions est un projet qui a été écoconçu par Amlankusum, un agroécologue hindou. Ce projet de tours maraichères, enracinées dans les terres de Jaypee Greens Sports City, il l'a mis sur pied en collaboration avec des architectes, des ingénieurs agronomes et des agriculteurs dans la double perspective de la décentralisation énergétique et de la désindustrialisation alimentaire.

Via cette démarche l'agroécologue hindou souhaite s'inscrire dans l'éradication du crime d'écocide, terme qu'il utilise au sens général pour faire référence à la destruction des écosystèmes de son pays, l'Inde, quatrième grenier agricole mondial.

L'Inde, qui regroupe a elle seule 17,6 % de la population mondiale, doit faire face à des défis de taille en ce qui a trait à la densité de population, l'économie du territoire et l'écologie. Avec ce projet, Amlankusum veut prouver aux décideurs qu'il existe des liens stratégiques à mettre en oeuvre entre le changement climatique, l'alimentation durable et le développement urbain.

«Réinventer un nouveau modèle humain et urbain de croissance verte respectant l'environnement écologique et sociologique, tel est le challenge de chacune de mes journées. Dans l'environnement indien asphyxié, j'envisage d'autres manières de produire de façon durable pour abriter et nourrir la population croissante», fait valoir Amlankusum.

De nouveaux «Urbaculteurs»

Pour arriver à ses fins, Amlankusum et son épouse Kamalesh, qui est urbaniste, ont proposé à leur municipalité une nouvelle dynamique de projets urbains écoresponsables construits à partir de matériaux biosourcés, et mettant de l'avant les énergies renouvelables de pointe ainsi que les techniques ancestrales de bioclimatisme. Le tout foisonnant au coeur d'une agriculture urbaine invasive basée sur l'agroforesterie et la permaculture dans toutes les rues et à tous les étages des immeubles. Le projet Hypérions en est la première efflorescence, tel un laboratoire collaboratif à ciel ouvert.

Tout autour du projet, sur les parcelles cultivables voisines, les agrosystèmes et les écosystèmes, on s'allie pour prôner le respect de la nature et la protection de la santé des habitants par un modèle de production plus économe en intrants chimiques et en énergie, mais pouvant atteindre un rendement de plus de 20 kg de fruits et légumes biologiques par mètre carré par an. Via des commerces équitables de proximité, on tente ainsi de réintégrer progressivement les dimensions économiques aux approches sociales et politiques d'une agriculture mieux intégrée dans la société.

«Nous sommes les nouveaux «Urbaculteurs» et cultivons désormais la ville de Jaypee de façon viable et solidaire , «en obéissant à la nature pour mieux la contrôler», comme le recommandait déjà Olivier de Serres, l'un des premiers agronomes de France, en 1600», affirme Amlankusum.

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 Chaque composante en bois structurel est constituée d'une multitude de planches empilées perpendiculairement les unes aux autres et reliées soit par des goujons soit par des adhésifs structuraux biologiques.

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Des tours en bois lamellés-croisés

Tout le bois nécessaire à l'édification des tours-arbres provient d'une forêt de Delhi, gérée elle aussi durablement. Les promoteurs du projet prennent d'ailleurs soin de renouveler ce qu'ils prélèvent en respectant un cycle de coupes établi en fonction de la capacité de régénération.

«J'aime rappeler qu'avec ses 68 millions d'hectares de forêt couvrant 2 % de son territoire, l'Inde fait partie des dix pays les plus boisés sur Terre et est le deuxième producteur mondial de fruits et légumes. Avec le smog dans lequel est plongé New Delhi, plus que jamais il apparaît essentiel de préserver ces forêts qui séquestrent le carbone atmosphérique. Car, durant la croissance d'un arbre, un mètre cube de bois peut stocker jusqu'à 0,9 tonne de CO2 atmosphérique», rappelle l'agroécologue hindou.

Pour construire ses immeubles de grande hauteur, l'équipe du projet Hypérions a choisi le bois, pour magnifier ce trésor vert et surtout, parce qu'il s'agit du matériau offrant la meilleure empreinte environnementale au cours de son cycle de vie; c'est-à-dire de sa récolte à son recyclage en passant par son transport, sa fabrication, sa mise en oeuvre, sa maintenance et sa réutilisation.

De plus, ses procédés de fabrication requièrent moins d'énergie et sont beaucoup moins polluants que celui de matériaux classiques tels que l'acier et le béton, qui ont un impact négatif sur l'environnement. En fait, en substituant ces matériaux par le bois, on évite l'émission de CO2, jusqu'à 1,1 tonne par mètre cube.

Structure mixte

Pour optimiser la structure des habitations, les ingénieurs du projet Hypérions ont opté pour une structure mixte: structure en acier-béton pour les fondations antisismiques, les stationnements et la base des noyaux verticaux, superstructure en poteaux, poutres et panneaux en bois massifs, le tout renforcé par des lames en acier à l'articulation des poteaux et des poutres.

Chaque composante en bois structurel est constituée d'une multitude de planches empilées perpendiculairement les unes aux autres et reliées soit par des goujons soit par des adhésifs structuraux biologiques. Le squelette des tours Hypérions est ainsi composé de 25 % de matériaux inertes et de 75 % de matériaux biosourcés. Cette structure mixte est reconnue pour ses fortes résistances mécaniques, notamment en cas de séisme, sa haute résistance au feu et pour ses grandes performances acoustiques et thermiques.

Une source d'inspiration

À l'heure où le Québec et le Canada tentent de développer davantage les projets de construction en hauteur en structure bois, le projet de tours maraîchères de Jaypee Greens Sports City constitue une belle source d'inspiration.

Pour découvrir l'ensemble du projet Hypérions, consultez le site de la firme d'architectes Vincent Callebault Architectures: vincent.callebaut.org

Source: Vincent Callebault Architectures

(Rédaction publicitaire)

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