Le coût du panier d'épicerie encore à la hausse

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Sophie Richard
Le Quotidien

(Saguenay) En 2015, si la hausse du coût des aliments vous a surpris, malheureusement, vous n'êtes pas au bout de vos peines. En décembre dernier, le Food Institute de l'Université de Guelph en Ontario dévoilait son rapport annuel sur les prévisions du marché de l'alimentation et devinez quoi, en 2016, nous payerons notre panier d'épicerie encore plus cher.

C'était en décembre 2014, le Food Institute de l'Université de Guelph publiait son rapport pour l'année 2015. On nous prédisait alors une hausse plus ou moins importante de toutes les catégories d'aliments. Au final, ces prévisions se sont avérées justes, même que le prix des fruits et des noix ainsi que des légumes a grimpé de façon encore plus spectaculaire que ce qu'il avait été envisagé, notamment dû à la chute du dollar canadien. C'est donc une augmentation moyenne de 4,1 % à laquelle nous avons eu droit.

Pour 2016, le scénario envisagé est similaire. On s'attend à ce que «le taux d'inflation alimentaire soit supérieur au taux d'inflation» peut-on lire dans le document rendu public. L'augmentation prévue pour l'ensemble du panier d'épicerie oscillera donc autour de 2 % à 4 %. Les Canadiens payeront ainsi jusqu'à 345 $ de plus pour leur nourriture en cours d'année (incluant les dépenses faites aux restaurants).

La viande encore touchée

Le prix de la viande fait partie de ceux qui continueront à grimper pour la nouvelle année. Alors qu'en 2015 nous avons eu droit à une hausse de 5 %, cette année, il faut s'attendre à ce que le coût de la viande poursuive sa montée avec une augmentation de 2,5% à 4,5 %.

Toutefois, «les augmentations devraient être plus modestes que pour 2014 et 2015 alors que certains produits à base de viande ont augmenté de près de 30 %».

Par ailleurs, on peut s'attendre à ce que de nombreux consommateurs choisissent de modifier leurs habitudes alimentaires en se tournant davantage vers les sources de protéines alternatives telles que le poisson, les lentilles et les pois chiches qui connaîtront une augmentation de prix bien plus raisonnable.

Pas de substitut pour les fruits et légumes, mais...

Les fruits et légumes ont causé la surprise en 2015 alors que leur coût a respectivement grimpé de 9,1 % et de 10,1 %. En 2016, on prévoit que celui-ci sera à nouveau sujet à une augmentation de 2,5 % à 4,5 % pour les fruits et noix et de 2 % à 4 % pour les légumes.

Cependant, les effets de El Nino pourraient jouer un rôle important, en notre faveur. En effet, ce phénomène météorologique amènera fort probablement d'importantes précipitations sur les régions du sud et de l'ouest américain ce qui pourrait favoriser la production des fruits et des légumes.

Autrement, les consommateurs canadiens ne pourront se tourner vers d'autres alternatives comme c'est le cas pour la viande puisqu'il n'existe pas de substitut à ces catégories de produits. Par contre, au niveau des tendances de consommation et de comportements, on verra peut-être davantage de sensibilisation à l'achat local.

Des alternatives à la protéine bovine

Cette année, pour une première fois, faisant suite à l'augmentation continue du coût de la viande, le Food Institute de l'Université de Guelph a choisi de mener un sondage sur les habitudes des consommateurs relativement à leur consommation de boeuf.

L'étude exploratoire, réalisée auprès de 504 Canadiens, révèle que 37,9 % d'entre eux ont réduit voire arrêter complètement leur consommation de boeuf au cours des douze derniers mois. Les principales raisons évoquées sont : les raisons financières (62,1 %), les raisons sanitaires et de santé (43,1 %), les raisons environnementales (24,1 %) et les raisons éthiques (22,4 %).

Par ailleurs, 36,3 % des répondants ont affirmé chercher à diversifier leur alimentation en consommant davantage de sources de protéines alternatives.

Et vous, pour 2016, quels comportements avez-vous l'intention d'adopter en réponse à la hausse du coût du panier d'épicerie?

5 conseils pour manger sainement à plus faible coût

Caroline Poirier est chef propriétaire de l'École de cuisine le fruit de ma passion. Elle est également collaboratrice spéciale pour les journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche dans lesquels elle partage de nombreux conseils et maintes recettes aux lecteurs. Elle nous livre ici quelques-uns de ses trucs et astuces pour s'alimenter sainement en 2016 sans toutefois être trop affecté par la hausse du coût des aliments.

Adoptez les légumineuses

Question de réduire notre consommation de viande, notamment de boeuf, il est possible de remplacer une partie de celle-ci par des légumineuses.

«Plusieurs recettes très simples se préparent avec des légumineuses dont bon nombre de nos recettes traditionnelles par exemple le pâté chinois qui peut être fait de lentilles et de steak haché. Évidemment, les légumineuses ont ce fâcheux inconvénient d'occasionner des flatulences. Il faut donc les intégrer à notre alimentation de façon graduelle afin que notre organisme s'y habitue. On peut débuter par remplacer le quart de la viande d'une recette par des légumineuses puis augmenter au fil des semaines jusqu'à remplacer la moitié de notre viande.»

Cuisinez le tofu

Le tofu est un autre aliment qui peut nous aider à combler nos besoins énergétiques à faible coût. «Encore là, on peut remplacer la moitié de notre viande par du tofu sans qu'il y ait de différence notable au niveau du goût. Ça devient très intéressant par exemple dans une sauce à spaghetti. Et contrairement à la légumineuse, il n'y a aucun inconvénient d'ordre digestif».

«Les papas sont généralement les plus réticents à essayer les légumineuses et le tofu. Un bon truc pour commercer à intégrer ces aliments est de préparer des recettes qui à la base nécessite leur emploi comme un chili ou des tacos».

Découvrez la levure alimentaire

«La levure alimentaire que l'on appelle aussi levure nutritionnelle, levure de bière, levure de bière maltée ou levure diététique est en fait un champignon de culture que l'on retrouve surtout dans les magasins d'aliments naturels sous forme de poudre jaune ou de flocons beiges ou jaunâtre. Elle contient beaucoup de protéines et de vitamines - particulièrement la vitamine B [...] Elle peut aisément rehausser la saveur d'un morceau de tofu que l'on aurait fait mariner dans de la sauce soya, puis cuit dans un peu d'huile sur une poêle. On ajoute la levure alimentaire à la toute fin, sur le tofu, avant de cuire une petite minute de plus et on a l'impression de manger un bon morceau de viande bien grillée.»

Misez sur les légumes racines

Les légumes racines, carottes, navets, rutabaga, patates douces, pommes de terre, sont encore à prix abordables. Ils sont ainsi fort intéressants à utiliser.

«Il y a bien d'autres façons d'apprêter les carottes que de les faire bouillir. On peut entre autres les faire au four, en braiser, avec de l'ail. C'est très nutritif et c'est plus intéressant que simplement bouilli. Même chose pour les pommes de terre et autres légumes d'automne.»

Faites du congélateur votre meilleur ami

«C'est en quelque sorte devenu un «running gag» dans mes cours de techniques de base: le congélateur est mon ami. Je le répète souvent, le congélateur nous permet de récupérer plusieurs de nos restes. Les pelures, les coeurs de piments, les pieds de céleri peuvent tous être congelés. On les accumule et puis lorsqu'on en a suffisamment, on les sort, on les met dans de l'eau avec un peu de sel et ça nous fait un bon bouillon pour les sautés ou une base de soupe [...] On peut aussi conserver tous nos restes de légumes bouillis, un reste de patates pilées ou de petit pois pour en faire une bonne crème.»

Caroline Poirier nous met toutefois en garde: «une bonne gestion du congélateur s'impose. Si on fait congeler nos restes, mais qu'on ne les utilise pas, ça ne sert à rien. Il est important de savoir ce que contient notre congélateur. On peut même se faire une liste si nécessaire.»

Comme autres trucs pour cuisiner sainement tout en réalisant certaines économies, Caroline Poirier recommande de préparer son menu de la semaine en fonction des spéciaux en épiceries. Épelucher les circulaires demande certainement plus d'organisations, mais cela peut être très profitable. Par ailleurs, le site www.soscuisine.com donne de bonnes idées de recettes selon les spéciaux en vigueur en plus de répertorier les meilleurs spéciaux de la semaine.

(Rédaction publicitaire)

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