Le sapin de Noël naturel

Un choix «pour» l'environnement et l'économie québécoise

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Mélissa Bradette
Le Quotidien

(Chicoutimi) Naturel ou artificiel? Quel est le choix le plus écolo? Cette sempiternelle question revient à chaque année, lorsque vient le temps de faire le sapin de Noël. Eh bien sachez que le sapin naturel demeure le choix le plus «vert».

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Au Québec, on produit environ 1,3 millions d'arbres de Noël annuellement.

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Selon une étude scientifique basée sur la méthode Life Cycle Assessment (examen du cycle de vie), menée en 2009 par la firme Ellipsos, le sapin naturel génère 3,1 kg d'équivalent de CO2, tandis que le second en émet 8,1 kg sur une base annuelle. Également, le fait que la production du sapin artificiel émet des émissions polluantes, qu'il ne soit pas recyclable et qu'il soit presque toujours fabriqué en Asie, ce qui génère une énorme consommation d'énergie liée au transport, font de cet arbre de Noël un «mauvais choix environnemental». En fait, pour que le sapin artificiel devienne une solution écologique, il faudrait utiliser ce dernier pendant au moins 20 ans. Or, en Amérique du Nord, la durée de vie moyenne de ce produit est de six ans.

À noter que pour établir ces chiffres, les auteurs de l'étude, Sylvain Couillard, ing. M.Sc., Jean-Sébastien Trudel, B.Com B.Sc.Soc. M.Env. et Gontran Bage, ing. Ph.D., ont analysé, les cas de deux sapins types, soit : le sapin naturel qui pousse pendant 15 ans dans une plantation à quelque 150 km au sud de Montréal et que le consommateur achète en magasin dans un rayon de moins de 5 km de chez soi, et le sapin artificiel, d'une durée de vie moyenne de six ans, fabriqué en Chine et qui transite par Vancouver, pour finalement parvenir dans un magasin du Québec.

Une culture moins polluante qu'une voiture

Ceux qui sont en faveur de l'arbre artificiel seront tentés de répondre à ces faits en argumentant que la culture d'arbres de Noël est, elle aussi, néfaste pour l'environnement, puisqu'elle nécessite l'usage de fertilisants et de produits toxiques. Certes, c'est le cas. Toutefois, selon les auteurs de l'étude, l'impact lié à l'utilisation de ces produits demeure négligeable sur le plan environnemental, comparativement à ceux générés par d'autres activités, par exemple l'utilisation d'une voiture pour des déplacements de proximité.

Des sapins naturels 100 % québécois

Bien plus qu'un choix écologique, l'achat d'un sapin naturel représente aussi un geste favorisant l'économie québécoise, car l'industrie des arbres de Noël crée de nombreux emplois dans les régions rurales de la province.

«Au Québec, on produit environ 1,3 millions d'arbres de Noël annuellement. Ces productions sont essentiellement concentrées dans les régions de la Beauce et de l'Estrie. Les sapins naturels vendus dans la province à l'occasion des Fêtes sont donc 100 % québécois. En fait, non seulement, les producteurs d'arbres de Noël du Québec répondent à la demande provinciale, mais en plus, ils exportent leur produit, notamment aux États-Unis», souligne Mathieu Ouellette, agronome de formation et propriétaire de Pépinière Borealis.

Le sapin Baumier et le Fraser

Le sapin Baumier demeure la principale essence produite par les producteurs d'arbres de Noël du Québec. Ce sapin est très prisé des Québécois en raison du parfum prononcé qu'il dégage. Cependant, depuis déjà quelques années les producteurs ont introduit une nouvelle variété, soit le sapin Fraser.

«On reconnaît facilement le sapin Fraser à sa couleur bleuté. Ce conifère originaire des États-Unis comporte plusieurs avantages. En outre, il reste frais plus longtemps, par conséquent, il perd moins ses aiguilles. Également, ses branches sont plus aérées, ce qui laisse plus de place aux décorations et ses tiges sont coriaces, il peut donc supporter des charges décoratives plus lourdes. Par contre, le sapin Fraser est beaucoup moins odorant que le sapin Baumier. Pour ceux qui aiment que leur arbre de Noël embaume l'air de la maison il est donc préférable d'opter pour le sapin Baumier», explique Mathieu Ouellette.

L'arbre «sauvageon»

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean étant une région boréale pourvue de belles forêts de conifères, il peut être tentant d'opter pour le sapin sauvage, que l'on appelle communément le sauvageon. À ce sujet, Mathieu Ouellette tient à rappeler aux gens que le fait d'aller cueillir en forêt son arbre de Noël peut, à long terme, avoir un impact environnemental non négligeable.

«Calculez sur une période de 10 ou 20 ans, cela fait 10 ou 20 arbres coupés, par personne. Et l'on parle ici d'arbres qui seront tout simplement éliminés de la forêt, puisqu'il n'y aura aucune plantation d'effectuée suite à la coupe. Imaginez les conséquences d'un tel acte si tout le monde décidait d'aller se couper un arbre de Noël en forêt...», avance l'agronome de formation. «Les arbres de Noël cultivés sont issus d'une production contrôlée et qui n'a pas d'impact sur la forêt. La culture se fait sur des terres et pour chaque arbre coupé, une nouvelle pousse est plantée afin de régénérer la production. Pour produire un sapin baumier de 6-7pi, il faut calculer de 8 à 10 ans. Les producteurs d'arbres de Noël planifient donc leur culture de façon rigoureuse.»

Astuces pour choisir et conserver son arbre

Votre choix s'est arrêté sur l'arbre de Noël naturel? Voici quelques astuces pour conserver votre sapin naturel bien vert durant toute la période des Fêtes.

- La sève continuant de circuler dans le sapin même une fois celui-ci coupé, il importe que ce dernier soit conservé bien droit, car cette position favorise une meilleure circulation. Un arbre conservé en position couché souffrira de la mauvaise circulation de la sève et se conservera moins bien à l'intérieur. C'est pourquoi, lorsque vous achèterez votre sapin naturel, il importe de vous assurer auprès de votre vendeur que votre arbre a bel et bien été conservé à la verticale.

- Il existe sur le marché des produits pour aider à la conservation du sapin. Toutefois, la meilleure façon de le conserver bien vert demeure l'hydratation. Une fois installé dans la maison, le sapin doit s'acclimater et boit beaucoup d'eau pendant les premiers jours. Aussi, il importe de l'arroser régulièrement pendant cette période. Par la suite, l'arbre demandera moins d'eau, puisqu'il sera bien hydraté, l'arrosage devrait donc être moins fréquent. Pour assurer au sapin un bon apport en eau, l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec (APANQ) recommande d'utiliser un contenant pouvant accueillir un minimum de 4 litres d'eau, pour un arbre de 6-7pi de haut.

De sapin... à compost

En terminant, n'oubliez pas que votre sapin naturel est 100 % recyclable. La majorité des municipalités du Québec disposent d'un programme de cueillette et compostage d'arbres de Noël.

Dans la région, l'opération «Sapin du bon sens», collecte menée par l'Association forestière du Saguenay-Lac-Saint-Jean (AFSLSJ), récupérera les arbres de Noël naturels pour une 23e année. La récupération des arbres se fera le 10 janvier 2015, via les sites de collecte répartis à travers tout le territoire régional.

L'an passé l'opération «Sapin du bons sens» a permis de récolter et de recycler quelque 3400 arbres au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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