C'est depuis novembre dernier que la nouvelle réglementation est officiellement en vigueur. Celle-ci, élaborée par Ville de Saguenay en collaboration avec le Groupe de recherches écologiques de La Baie (GREB), a été mise sur pied pour bonifier la réglementation initiale, à l'occasion de l'agrandissement de l'écohameau.
Fondé en 1990 par le GREB, l'écohameau de La Baie est aujourd'hui composé de six maisons en ballots de paille, toutes chauffées par des foyers de masse. L'agrandissement du village, déjà amorcé, comprendra l'implantation de neuf nouvelles résidences pouvant accueillir chacune deux logements.
Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, les futurs propriétaires n'auront d'autres choix que de procéder à l'installation d'un foyer de masse puisque les autres types de foyer de chauffage au bois ne seront pas tolérés.
«Le règlement municipal n'a pas été mis sur pied dans une optique d'interdire quelque chose, mais plutôt dans l'intention de valoriser et de promouvoir l'utilisation des foyers de masse», mentionne le vice-président du GREB et directeur des foyers Feu vert, Pierre Gilbert. «C'est après des années d'expérimentations et de recherches que nous nous sommes aperçus que la technologie la plus intéressante en termes de développement durable est celle des foyers de masse», explique-t-il.
Depuis plus de vingt ans, le GREB recherche un mode de vie et des technologies environnementales, locales et qui présentent le maximum de retombées socioéconomiques pour le milieu rural. S'il recommande depuis plusieurs années déjà l'utilisation des foyers de masse, encore peu connus dans le secteur résidentiel, c'est qu'ils représentent une grande source de chaleur, qu'ils sont écologiques, qu'ils sont durables et que les impacts socioéconomiques du bois-énergie sont considérables.
«Les impacts socioéconomiques du bois-énergie sur les milieux ruraux et les régions sont beaucoup plus importants que ceux des autres filières d'énergie renouvelable. Cela s'explique par l'ampleur des interventions humaines nécessaires pour récolter, conditionner et consommer la matière, ce qui génère beaucoup d'emplois locaux, explique dans un communiqué M. Gilbert.
L'utilisation du bois-énergie comme source d'énergie génèrerait beaucoup plus de retombées socioéconomiques locales qu'un grand projet hydroélectrique. Mais de toutes les formes de bois-énergie et de biomasse, c'est la bûche naturelle qui a le rendement énergétique le plus élevé, c'est-à-dire qui génère le plus d'énergie par rapport à l'énergie qu'il a fallu investir pour la produire», précise-t-il.
En plus de tout cela, les foyers de masse produisent une chaleur qui est stable puisqu'ils fonctionnent par le principe d'emmagasinage de l'énergie, et leur avantage principal comparativement aux autres types de foyer est que n'importe quelles essences de bois peuvent y être brûlées.
«À l'écohameau, chaque année, nous faisons le débroussaillage du secteur et jusqu'à présent, cela nous a toujours suffi à nous chauffer. Nous n'avons encore jamais eu besoin de couper des arbres», mentionne M. Gilbert.
Pour plus d'information concernant les foyers de masse, vous pouvez lire ou relire l'article paru dans nos pages le 12 février dernier, en visitant le www.cyberpresse.ca/le-quotidien/toit-et-moi/. Et pour en connaître davantage sur l'écohameau de La Baie et son mode de vie atypique, visitez le www.greb.ca.
À noter que l'écohameau de La Baie est une entité tout à fait autonome et indépendante du GREB bien que plusieurs membres du GREB y résident et en font leur lieu de vie et d'expérimentations pratiques.