C'était prévisible

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Une garantie annuelle de 352 692,72$. Tout est dit. Avec de tels engagements financiers, ce n'était qu'une question de temps avant que les membres du groupe Sags 7-96, dont il ne restait que Pierre-Marc Bouchard et Alain Deschênes, ne remettent les clés à la ville.

Intenable. Voilà comment a qualifié le maire de Saguenay, Jean Tremblay, la situation qui a amené ces changements majeurs au sein de l'organisation chicoutimienne. Hier, dès le début de sa conférence de presse pour présenter les nouveaux patrons de la formation chicoutimienne, Richard Létourneau, Marc Denis et Jean-François Abraham, Jean Tremblay a rappelé les conditions pour le moins extravagantes du groupe qui a pris la tête de l'équipe en 2012 et laissé tomber, après avoir écoulé moins de la moitié d'un contrat de sept ans. En plus du montant astronomique déboursé pour la gestion de l'équipe, les administrateurs prenaient également en charge diverses dépenses, comme la sécurité et la billetterie, soit environ 200 000$ pour un grand total de plus de 500 000$. Au bout de sept ans, on parle de près de quatre millions de dollars!

Avec de telles garanties, intenable est un mot très bien choisi. Depuis l'annonce du 28 juin 2012, il n'y a pas une semaine où je ne me faisais pas dire que c'était impossible, dans ces conditions, que les gestionnaires passent au travers de leur contrat. Les oiseaux de malheur ont finalement eu raison.

Il ne faut rien enlever à Alain Deschênes qui a tenté de tenir son bout malgré les embûches. Il a réalisé un excellent coup en allant chercher Yanick Jean et a pris des décisions difficiles en mettant un terme à son association avec Martin Lavoie et Laval Ménard.

Le défi n'était pas gagné d'avance, notamment avec les cycles du hockey junior, les processus de reconstruction et les foules en baisse qui vont avec.

Questionné à plusieurs reprises sur ce processus d'appel d'offres, Jean Tremblay a jeté la pierre au quatuor gagnant. «C'est sorti trop fort», a observé avec justesse Jean Tremblay, défendant bec et ongles ce système qui avait trop bien fonctionné à son avis. Pourtant, à ce que je sache, le comité exécutif de la ville avait entériné cette offre gagnante. N'aurait-il pas valu mieux qu'il contre-interroge les gagnants sur leur stratégie et qu'il s'assure de la solvabilité de tous les membres?

«Je savais que c'était rentable. D'après moi, les nouveaux gestionnaires ont fait une très bonne affaire», avait confié le premier magistrat lors de l'annonce, à l'époque, pour défendre le montant.

Dans ce dossier, les autorités municipales ont voulu y aller au plus fort la poche, ce qui était gagnant pour les citoyens, mais beaucoup moins pour la concession qui partait chaque saison avec un déficit de plus de 500 000$ et se retrouve aujourd'hui dans une situation délicate. «C'était trop, mais j'étais content. C'était bon pour mes citoyens», a répondu le maire Tremblay, hier. Visiblement, ce le sera beaucoup moins lors des prochains mois alors que Saguenay devra payer pour les Sags, a confirmé le maire.

À l'époque, Marc Denis avait tenté sa chance dans l'appel d'offres en compagnie de Jean-François Abraham et d'Hugo Gilbert avec une soumission de 165 491$, le deuxième plus petit total. Le nouveau président s'était montré très déçu du processus. «Ce n'était qu'une question d'argent. La ville va assouvir ses besoins de ce côté. Toutefois, ce n'était pas une question de faire du hockey», avait-il réagi.

La bonne nouvelle dans tout ce branle-bas de combat, c'est qu'on va enfin pouvoir passer à autre chose. Le hockey va reprendre sa place dans l'entourage des Saguenéens et quand il y aura une foule sous 2000 spectateurs, ce qui risque de se reproduire d'ici la fin de saison, personne ne va crier au loup et parler des difficultés financières.

Marc Denis gravite dans le monde du hockey depuis de nombreuses années et il sait de quoi il parle. Même sans garanties pour l'an prochain, il va faire ses devoirs et s'assurera de connaître les joueurs. Yanick Jean traîne à bout de bras le volet hockey depuis son arrivée en poste. Un avis supplémentaire ne pourra pas nuire, surtout qu'il viendra d'un ancien coéquipier.

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