« Marc est un gars extraordinaire. Ses qualités de leader ne font aucun doute. C'était notre gros défenseur. À ma deuxième année (84-85), il devait aller au camp d'entraînement à Chicago pour deux semaines et revenir parce que nous allions avoir une bonne équipe avec les Sags, mais il n'est jamais revenu «, raconte Fortier lors d'une entrevue téléphonique.
À son avis, Bergevin possède toutes les qualités pour s'acquitter avec brio de ses nouvelles fonctions.
« Je ne suis pas surpris (qu'il ait été choisi) et je ne suis pas inquiet pour lui, connaissant ses qualités d'homme de hockey, sa tête de hockey, le parcours qu'il a fait - 20 ans dans la Ligue nationale. Il est allé à la bonne école pour son travail de management, celle des Blackhawks de Chicago. Je suis tellement fier pour lui. Il mérite bien cela. Je ne suis vraiment pas inquiet parce qu'il possède le côté business en lui et le côté humain. Car pour être dg, il faut être assez ferme, mais aussi, on doit être quelque part psychologue à nos heures et à l'écoute; et Marc a ces deux qualités. «
Fortier a aussi eu l'occasion d'apprécier son flair pour évaluer les talents. « Il a un jugement extraordinaire et il est très capable de bien analyser un joueur. Il a de bons critères d'évaluation. Autant il peut être bouffon et s'extériorise beaucoup, autant il peut être posé et calme quand c'est le temps de prendre des décisions importantes; c'est un gars réfléchi qui n'agit pas sur des coups de tête «, assure l'ancien Nordique de Québec.
Pince-sans-rire
Bien connu pour son côté boute-en-train, Marc Fortier estime avoir développé encore plus son sens de l'humour auprès de Bergevin qui était tout un joueur de tours et un pince-sans-rire. « Il fallait toujours être aux aguets parce qu'on ne savait jamais quel mauvais coup il allait nous faire. C'était vraiment un clown qui détendait l'atmosphère. Il avait comme deux personnes en lui: un leader sur la glace quand c'était le temps du hockey et d'aller à la guerre. Il avait un timing pour frapper exceptionnel. Tout le monde devait lever la tête sur la glace parce que quand il frappait, ça faisait toujours mal. Pendant le match, il était dédié (au hockey) et gardait le focus, mais aussitôt le match terminé, il fallait faire attention parce que c'était un pince-sans-rire. Ça passait sur le dos des autres, mais on finissait par découvrir que c'était lui «, raconte le dg des Bleus. « J'ai été son souffre-douleur à plusieurs occasions. J'ai beaucoup appris de lui. Je suis allé à la bonne école «, rigole-t-il.
Carte de mode
À sa première année au sein des Saguenéens, Marc Fortier a résidé à la même pension que Bergevin. Parmi les anecdotes, il raconte que le nouveau dg du Canadien avait une garde-robe bien garnie.
« Moi, je n'arrivais pas d'une famille fortunée et je n'avais pas beaucoup de linge, mais Marc était une carte de mode. En plus de la penderie, nous avions six tiroirs. J'avais eu besoin juste d'un tiroir et de quelques supports mais lui prenait tout le reste, raconte Fortier amusé. La première année, il m'avait offert de lui emprunter quelques morceaux, mais à la deuxième année, j'en ai profité. Quand il est parti à Chicago, j'étais déçu parce qu'on perdait tout un défenseur, mais d'un autre côté, j'étais content parce que je mettais tout son linge. C'était un petit peu grand, mais ça ne me dérangeait pas. Je n'avais pas hâte qu'il rappelle pour faire envoyer ses effets personnels. »