« J'y crois, lance-t-il sans détour. Il s'agit d'être patient. «
« Le gars qui veut réaliser des profits avec une équipe ici ne pourra pas. Je m'amuse là-dedans et faire de l'argent n'est pas ma priorité «, souligne Léo-Guy Morrissette qui fait partie du décor de la Ligue de hockey junior majeur du Québec depuis 29 ans.
C'est passé inaperçu au Québec, mais les dirigeants de l'équipe ont annoncé la semaine dernière le retour de l'équipe dans la municipalité du Nouveau-Brunswick. Malgré la moyenne d'à peine 1424 personnes par match local et moins de 50 000 spectateurs pour toute la saison, Léo-Guy Morrissette pense que la situation va se redresser. Il rappelle que le taux de chômage dans la région est très élevé à près de 25 %. Il signale que l'appui des gens d'affaires locaux permet de résister.
« Compte tenu de l'économie, les gens font ce qu'ils peuvent, signale le coloré personnage originaire de Lac-Bouchette. Dernièrement, ça va bien. Les foules ont recommencé à monter. Les gens comprennent le besoin de venir à l'aréna pour ne pas perdre leur équipe. «
Du même souffle, il mentionne que les rumeurs de déménagement de la concession à Rivière-du-Loup qui ont circulé au début de l'année sont complètement farfelues.
« Ça n'aurait pas de bon sens de partir pour aller s'installer là. Ce n'est pas adéquat, sauf pour le 3 L de la Ligue nord-américaine «, indique l'homme d'affaires qui est également propriétaire du Caron&Guay de Trois-Rivières dans le circuit senior.
Nouvelles règles
Depuis quelque temps, avec des sorties publiques incisives, Léo-Guy Morrissette se fait en quelque sorte le porte-parole des équipes moins bien nanties. Il n'a pas l'intention de cesser de dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. Sans entrer dans les détails, il annonce que de nouvelles règles seront annoncées cet été afin de réduire le fossé entre les gros et les petits marchés. « Ça va changer. En tout cas, ça va améliorer beaucoup les choses, indique-t-il. On va arrêter d'être des figurants comme dans un film. Il faut que tout le monde ait une chance égale de gagner la coupe, au moins en apparence. «
Selon lui, ce n'est pas normal que les Sea Dogs de Saint-Jean remportent le championnat de la saison régulière trois saisons consécutives en tirant avantage du système actuel et en repêchant tardivement des joueurs qui avaient annoncé qu'ils se dirigeaient vers les collèges américains.
Après les Fêtes, l'arrivée de l'Américain Charlie Coyle, actuel meneur avec dix points en deux parties éliminatoires, a fait sortir le propriétaire du Titan de ses gonds.
Morrissette poursuit plus loin sa réflexion et confie que les joueurs européens et américains ne devraient plus évoluer dans la Ligue de hockey junior majeur. Leur coût ne fait qu'accroître le fossé entre les équipes riches et les autres.
« Les petits marchés n'ont pas les moyens de payer 300 000 $ pour un joueur. On est une ligue de développement alors qu'on développe nos Québécois et les anglophones des Maritimes «, soutient Léo-Guy Morrissette qui avance que les choses sont devenues trop strictes au hockey junior depuis quelques années.