Marie-Ève Drolet accroche ses patins

La Laterroise Marie-Ève Drolet aura toujours su étonner,... (Archives Le Progrès)

Agrandir

La Laterroise Marie-Ève Drolet aura toujours su étonner, en effectuant des retours en compétition aussi impressionnants qu'inspirants, que ce soit après une première retraite de six ans ou après être devenue maman de la petite Zoey en janvier 2015 (ici à 8 mois). Drolet a annoncé jeudi sa retraite définitive du patinage de vitesse courte piste.

Archives Le Progrès

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Double médaillée olympique en patinage de vitesse sur courte piste, la Laterroise Marie-Ève Drolet vient d'annoncer qu'elle prenait sa retraite, mais cette fois, elle assure que ce sera de façon définitive. Maintenant âgée de 35 ans, l'inspirante athlète quitte la tête haute, avec sérénité.

À l'autre bout du fil dans sa résidence en Gaspésie où elle passe l'été en compagnie de son conjoint, Corey Crysler et sa petite Zoey, la nouvelle retraitée semblait effectivement très heureuse et sans regret de sa décision qu'elle mijotait depuis le dernier mois. Elle est passée aux actes il y a deux semaines et a fait part de sa décision à Patinage de vitesse Canada et à ses coéquipières. «Je pense que mes coéquipières ont été surprises, estime-t-elle. Mais ça avait été un début de saison difficile. Je me suis blessée au dos et plein de choses se sont accumulées qui ont fait en sorte que c'était plus compliqué d'être à 100 % au patin. Le choix est venu s'imposer par lui-même. Et je suis contente de ce que j'ai fait et d'être revenue au patin. J'ai le sentiment d'avoir vraiment tout donné, ce qui n'était pas le cas quand j'avais arrêté à 20 ans!»

D'autre part, la double médaillée olympique ne se voyait passer un autre été à cheval entre les visites en Gaspésie et Montréal. «Mon chum, en plus d'être acupuncteur, est aussi planteur d'arbres. Et une fois la plantation terminée, il devient technicien forestier et il travaille jusqu'à la fin octobre. L'an passé, il n'avait pas vu Zoé de l'été et cette année, on voulait alterner chaque deux semaines. Mais c'était rendu trop dur et compliqué», explique-t-elle. «De plus, il y a plein de petites choses qui se sont accumulées et qui ont fait en sorte que les sacrifices devenaient plus gros que la satisfaction à en retirer. Oui, il y a les Jeux, mais je voulais y aller, bien performer et gagner des médailles. Je voulais être heureuse là-dedans. «En même temps, je trouvais que le défi de mon retour après ma grossesse était bien réalisé. Je suis quand même revenu 10e au monde, mais j'ai comme senti que j'étais rendue à l'étape de passer à autre chose. Quand tu n'es plus heureuse, tu peux supporter ça pendant quelque temps, mais pas pendant un an. J'ai comme tout donné. Je quitte pour m'occuper de ma famille. Je suis sûre que je vais être contente d'avoir profité de ma petite fille à l'âge qu'elle a (deux ans et demi). Oui, c'était juste un an, mais la vie va vite et je suis quand même rendue à 35 ans», rappelle-t-elle en riant.

Même si elle est ouverte à oeuvrer dans l'entourage du Patinage de vitesse Canada, Marie-Ève est consciente que pour les prochains mois, ce sera plus compliqué puisqu'elle est en Gaspésie. «Je suis ouverte à beaucoup de choses. Je vais voir les opportunités de travail en Gaspésie. (...) Je suis prête à passer à autre chose et à relever de nouveaux défis», a indiqué celle qui travaille présentement avec son conjoint au difficile travail de planter des arbres et qui apprécie sa nouvelle liberté.    Dans le communiqué émis hier, Marie-Ève Drolet explique qu'elle en était venue «à la conclusion qu'il fallait faire un choix entre ma carrière sportive et ma vie de famille. Au cours des années, beaucoup de choses ont changé : le sport en soi et, au niveau plus personnel, ma vie familiale et mes priorités ainsi que mon adaptation à ces nouvelles réalités. En tant que mère maintenant, je suis certaine que je serai fière et que je ne regretterai jamais d'avoir fait le choix de m'occuper pleinement de ma famille», a poursuivi celle qui avait impressionné à son retour en compétition en août 2008, après six ans d'absence. À l'époque, la médaillée de bronze au relais féminin des Jeux olympiques de Salt Lake City et 4e au 1000m avait annoncé une première fois, en mai 2003, qu'elle tirait sa révérence. Si elle n'avait pu se qualifier pour les Jeux de Vancouver 2010, la fille de Denis Drolet et Jacynthe Couture s'était fort bien reprise par la suite en obtenant son billet pour les Jeux de Sotchi en 2014. D'où elle repartira avec une médaille d'argent à l'issue du relais féminin.

«Au fil des expériences et des défis qui se sont présentés durant ma carrière, j'ai toujours eu comme but de prouver que rien n'est impossible et de tenter de ne pas écouter les gens qui disent le contraire, a-t-elle déclaré dans un communiqué. C'est ce que j'ai cherché à faire tout au long de ma carrière, mais il est maintenant temps de prendre ma retraite définitive du sport. »

Parcours remarquable  

En 2016-2017, Drolet a pris part à cinq Coupes du monde, au cours desquelles elle a mérité deux médailles de bronze, ainsi qu'aux Championnats du monde où elle a pris le 10e rang au classement général. «Ma participation aux Jeux olympiques de Sotchi et ma médaille gagnée aux relais avec les filles a été une récompense pour tous mes efforts et sacrifices, a relaté Marie-Ève Drolet. J'en profite pour remercier mes coéquipiers et coéquipières, mes entraîneurs, Patinage de vitesse Canada, la Fédération de patinage de vitesse du Québec et Équipe Québec. J'aimerais également remercier mon conjoint Corey car, sans lui, rien n'aurait pu se concrétiser et je le remercie du fond du coeur pour tout son soutien au cours des 10 dernières années.»

La Laterroise a aussi tenu à remercier les clubs de patinage de vitesse des Comètes de Chicoutimi, de Victoria de Chicoutimi et Laterrière ainsi que de Thunder Bay, (les gens de l'Anneau olympique de Calgary et Yves Hamelin pour leur appui dans mon retour à la compétition, tout comme les membres actuels du personnel de soutien qui gravitent autour de l'équipe nationale sur courte piste.

Lu sur Facebook

« Quel bonheur d'avoir pu partager ta dernière année sur le circuit. Tu as été mon modèle pendant plusieurs années et cette année plus particulièrement. Tu étais une mère pour moi et ta sagesse était essentielle aux succès de notre équipe. Tu vas nous manquer ma belle Marie-Ève Drolet. Fais attention à toi et prends soin de ta petite famille. » - Kim Boutin, coéquipière

« Marie-Ève, tu m'as fait vivre de beaux moments ici à Chicoutimi et durant toute ta carrière. Tu resteras toujours la fille déterminée avec ton sourire magnifique. Je te souhaite tout le succès possible dans ta future carrière et celle de maman. » - Christian Simard, président de l'Association régionale de patinage de vitesse et ancien entraîneur

Marianne Saint-Gelais, Valérie Maltais, Jessica Hewitt et Marie-Ève... (Archives Presse canadienne) - image 3.0

Agrandir

Marianne Saint-Gelais, Valérie Maltais, Jessica Hewitt et Marie-Ève Drolet avaient remporté l'argent au relais, lors des Jeux olympiques de 2014, à Sotchi.

Archives Presse canadienne

Difficile conciliation

Fille de Denis Drolet et Jacynthe Couture, Marie-Ève Drolet a bien sûr demandé l'avis de ses parents avant d'annoncer sa retraite définitive du patinage de vitesse courte piste, mais en réalité, sa décision était déjà prise. Après 30 ans consacrée au patinage de vitesse, l'athlète de 35 ans a décidé d'accrocher ses longues lames pour de bon, même si elle avait envisagé participer aux Jeux de 2018, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

Jointe jeudi, sa mère, Jacynthe Couture, ne savait pas quand sa fille rendrait sa décision publique et c'est l'appel du Quotidien qui l'a informée que c'était maintenant chose faite. Marie-Ève a pesé le pour et le contre et pour Jacynthe Couture, l'important est que sa fille soit en paix avec sa décision et qu'elle soit heureuse.  

«C'est sûr qu'elle a pensé beaucoup à sa famille. (...) Elle a pris sa décision ce printemps. À la fin de la saison, elle s'était réencouragée, mais quand elle est retournée (après la pause de fin de saison), elle trouvait que ça n'avait plus de bon sens avec sa poulette de deux ans qui demandait beaucoup, les gardiennes, et le conjoint à l'extérieur», explique Mme Couture.

Concilier vie de famille avec l'entraînement six jours sur sept n'est certes pas facile. «Je suis allée la trouver pendant une quinzaine de jours et elle partait à 7h le matin pour revenir vers 6h30-7h le soir. Entre-temps, elle venait dîner, mais elle repartait. Ce n'est pas une vie facile, et c'est six jours sur sept», a convenu sa mère, qui ne sait pas si sa fille a l'intention de se dénicher un emploi dans l'entourage du centre national à Montréal. Après tout, c'est une famille tissée serré qu'elle quitte. Pour les patineuses de l'équipe nationale, Marie-Ève était la grande soeur en plus d'être un modèle inspirant qui prouve que tout est possible quand on est déterminé et que l'on croit en soi.

La suite de sa carrière appartient à sa fille et elle n'est pas inquiète pour Marie-Ève. «Je lui ai dit que j'ai arrêté pendant longtemps de travailler pour élever mes enfants. C'est sûr que de nos jours, ce n'est pas cette vie-là, mais elle peut quand même le faire. Elle va se trouver un emploi et la vie continue», a-t-il énoncé avec optimisme.

Sa carrière en bref

Marie-Ève Drolet a remporté dans sa carrière un total de 36 médailles lors de compétitions internationales senior, soit deux aux Jeux olympiques, six lors des Championnats mondiaux sur courte piste, 26 en Coupes du monde et deux lors des Championnats mondiaux par équipe...

Elle a également connu une carrière junior phénoménale en remportant 10 médailles lors de quatre Championnats mondiaux juniors en 1997, 1999, 2000 et 2001... Elle a été l'une des meilleures patineuses du circuit junior où elle a été sacrée championne du monde en 2000 et 2001, avant de participer à ses premiers Jeux olympiques à l'âge de 20 ans...

Elle a remporté le titre d'Athlète féminine de l'année sur courte piste de Patinage de vitesse Canada en 1999, 2000 et 2001...

Lors du Mérite sportif régional, elle a longtemps été celle qui a détenu le record de consécrations à titre d'athlète par excellence de l'année au Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit de 1999 à 2002. Un record éclipsé en 2015 par sa coéquipière Marianne Saint-Gelais de Saint-Félicien...




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer