Marianne Saint-Gelais championne du monde

Marianne Saint-Gelais célèbre après sa victoire.... (Photo AP)

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Marianne Saint-Gelais célèbre après sa victoire.

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Journée mémorable pour Marianne Saint-Gelais qui a savouré son premier titre mondial en remportant la médaille d'or au 1500 m en plus de mettre la main sur la médaille d'argent au 500 m, samedi, dans le cadre des Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste présentés à Séoul, en Corée du Sud.

Pour l'athlète de Saint-Félicien, il s'agissait de ses premières médailles d'or et d'argent à des épreuves individuelles des mondiaux. Ses meilleures performances auparavant avaient été des troisièmes places au 1500 m en 2013 et au 500 m en 2010. Sa victoire au 1500 m lui a ainsi permis d'atteindre l'un des objectifs aux mondiaux, l'autre étant de terminer parmi les trois premières au classement général. Avec ces deux médailles, la Félicinoise s'est emparée du premier rang provisoire au classement général avec encore deux distances au programme.

«Mon objectif est réalisé. Je voulais revenir avec un titre de championne du monde et je suis allée le chercher dès la première (finale). Je n'ai pas de mots, on dirait que je ne le réalise pas encore. On dirait que la voie était tracée pour que j'aie ce titre-là. C'est vraiment un sentiment complètement débile! J'ai de la misère à mettre des mots là-dessus, c'est une journée parfaite!»

Marianne Saint-Gelais est montée sur la plus haute... (Photo PC) - image 2.0

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Marianne Saint-Gelais est montée sur la plus haute marche du podium, samedi, au 1500 m, aux Championnats du monde de patinage de vitesse sur courte piste présentés à Séoul, en Corée du Sud. Elle a également raflé la médaille d'argent au 500 m.

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Vendredi, la Félicinoise s'était pourtant fait une petite frayeur dans les préliminaires du 1500 m. Elle avait en effet accédé aux demi-finales après avoir obtenu un des quatre meilleurs temps parmi celles qui avaient fini troisièmes dans les sept vagues qualificatives.

«Hier (vendredi), je sentais un peu mes jambes molles, mais je savais que c'est parce que je patinais avec la nervosité. Une fois que j'ai eu de bonnes sensations au 500 m, j'ai retrouvé ma confiance, le désir de foncer dans mes courses. Je savais qu'aujourd'hui (samedi), ce serait une journée différente.»

Elle n'a effectivement rien laissé au hasard samedi, s'imposant dans sa course des demi-finales, un dixième de seconde devant la Japonaise Yui Sakai, puis devançant la Sud-Coréenne Minjeong Choi de deux dixièmes en finale. La Britannique Elise Christie est montée sur la troisième marche du podium.

En finale, la fierté de Saint-Félicien s'est faufilée au bon moment. «J'étais quatrième avec quatre tours à faire. Je me sentais super bien, je me disais même que ça n'allait pas assez vite pour moi. J'étais en préparation pour faire un dépassement quand la Sud-Coréenne et une Chinoise se sont accrochées, ce qui les a un peu déportées vers l'extérieur. Avec ma vitesse, j'ai pu dépasser la troisième et me retrouver en tête.»

«J'ai pris la tête avec une avance considérable. J'ai terminé la course en 9,1 secondes (temps intermédiaire) et on termine des 500 m des fois à cette vitesse. J'avais les jambes, l'énergie pour foncer. Peu importe s'il n'y avait pas eu d'accrochage, je crois que le déroulement de la course aurait été semblable parce que j'avais vraiment une belle énergie, de la vitesse pour faire quelque chose de solide.»

Des parents plus que fiers!

Pour les parents de Marianne, Gaétan Saint-Gelais et Francine Privé, la conquête, par leur fille, d'un premier titre de championne du monde en carrière représente bien plus un accomplissement récompensant tous les efforts déployés depuis deux ans qu'un soulagement.

Joint samedi matin après une courte nuit passée à regarder les courses en direct, Gaétan Saint-Gelais et Francine Privé flottaient encore sur un nuage. «On ne voulait pas manquer ça pour rien au monde! Mettons que quelqu'un qui passait dans notre rue vers 2h30-3h du matin devait se demander ce qu'on faisait. On criait et on poussait fort avec elle. On était tellement contents, on n'en revenait tout simplement pas!», raconte sa maman avec entrain.

«Ça brassait fort au 1500 m. D'habitude, les filles, ça brasse moins que ça. On ne savait pas qui allait finir première, car il y en avait au moins 3-4 qui avaient le potentiel dans les jambes pour prétendre au podium, explique-t-elle. Mais Marianne était prête mentalement et physiquement pour ce titre. Elle était forte. Depuis deux ans, Marianne a un nouveau discours et elle s'affirme encore plus cette année. Elle se voit sur les podiums, elle se voit gagnante, alors qu'auparavant, je crois que se l'interdisait pour ne pas se mettre de pression. Parce que ça fait mal quand tu dis à tout le monde que tu veux gagner et que ça ne marche pas.»

Étaient-ils soulagés de la voir enfin mettre la main sur ce convoité titre? «Je ne le vois pas comme un soulagement, mais plutôt comme un accomplissement», nuance Mme Privé. «Elle a travaillé fort et elle a fait tout ce qu'il fallait. Et on sait très bien que les courses, ça ne paie pas toujours. À l'inverse, on voyait (notre gendre) Charles (Hamelin) tomber et Marianne performer et on se disait que c'était ça, le courte piste: T'as beau être le meilleur, ça ne marche pas comme tu voudrais; tu peux avoir des malchances.»

Un front de boeuf!

Pour les parents de Marianne, sa victoire au 1500 m constitue tout de même une surprise. «Le 1500 m, ce n'est pas sa distance de prédilection même si elle est super bonne. Son titre, on le voyait plus au 500 m ou au 1000 m, même si on savait qu'elle était capable de se débrouiller au 1500 et d'aller le chercher», convient la mère de la championne.

L'exploit de Marianne est d'autant plus remarquable qu'elle l'a fait en Corée, le pays qui produit les meilleures patineuses sur cette distance. «Il faut un front de boeuf pour aller chercher un titre de championne du monde en Corée», rigole Francine Privé. «Ça donne encore plus d'importance au titre, d'autant plus qu'au 1500 m, les Coréennes dominent!»

Si Marianne n'envisageait pas vraiment de mettre la main sur le titre de championne du monde toutes distances confondues, cette possibilité est maintenant à portée de main puisqu'elle domine le classement général. Il lui reste le 1000 m où elle a été dominante cette saison, et le 3000 m réservé aux huit meilleures patineuses au classement.

«Pour nous, c'est déjà mission accomplie, puisqu'elle est championne du monde au 1500 m et médaillée d'argent au 500 m. (Dimanche), on lui souhaite une finale A au 1000 m et une fois rendue-là, tout peut arriver!», de conclure joyeusement Francine Privé. Le couple était d'ailleurs déjà prêt à passer une autre longue nuit remplie d'émotions à suivre les performances de la pétillante Marianne.

De bonnes performances pour Samuel Girard et Kasandra Bradette

Samuel Girard de Ferland-et-Boilleau et Kasandra Bradette de Saint-Félicien ont obtenu leurs meilleurs résultats en carrière à des Championnats du monde seniors. Girard a pris le quatrième rang de la finale A du 1500 m et le troisième rang de la finale B du 500 m, bon pour une septième place en tout. «Les courses ont quand même été assez serrées (au 1500 m). Récupérer a été assez difficile, alors j'ai essayé de gérer mon énergie en finale, et je trouve que j'ai bien fait avec ce que j'avais, a-t-il indiqué. Quatrième, c'est un résultat qui se prend super bien même si un podium, ç'aurait évidemment été mieux. Mais c'est une grande amélioration par rapport à l'an passé, et j'y vais étape par étape.»

Le patineur de 19 ans s'est ensuite qualifié pour la finale B du 500 m. Il a alors pris la troisième place pour terminer septième en tout sur cette distance et prendre le sixième rang provisoire au classement général.

Pour sa part, Kasandra Bradette a remporté la finale B du 500 m féminin pour se classer cinquième au monde sur cette distance.

Éliminée en demi-finale du 1500 m, Kasandra Bradette a fait amende honorable dans le 500 m en remportant la finale B pour finir au 5e rang du 500m et prendre le huitième rang au classement général.

Si la journée a été fructueuse pour Marianne Saint-Gelais, ce ne fut pas le cas pour la Baieriveraine Valérie Maltais qui a été vraiment malchanceuse. À son deuxième échange à la demi-finale du relais, Maltais est entrée en collision avec «un placeur de bloc qui n'était définitivement pas à la bonne place», écrit-elle sur Facebook. Un carambolage a suivi, si bien que la course a été reprise, mais sans la Baieriveraine qui a été remplacée par Namasthée Harris-Gauthier. «Il est bon de toujours avoir une patineuse substitut prête à bondir sur la glace. Namasthée a pris ma place et les filles ont assuré notre place pour la finale A», souligne-t-elle. Maltais en a été quitte pour «un bon coup la cuisse et quelques bleus sur les genoux. J'avais de la misère à mettre du poids sur ma jambe. Je risque d'être raide demain matin (dimanche), mais en mesure de faire la compétition!», assure celle qui n'a pas eu de chance au 1500 m non plus. En demi-finale, avec trois tours à faire, la Baieriveraine raconte qu'elle était en tête lorsqu'elle s'est fait dépasser par l'intérieur. «Il y a eu contact. Aucune décision des arbitres, donc pas de finale.» Guigne aussi en demi-finale du 500 m, où, en voulant effectuer un dépassement intérieur en sortie de virage, elle a accroché un bloc et a chuté. Course terminée là aussi.

Malgré cette journée à oublier, Valérie Maltais assure qu'elle se sent super bien. Elle souhaite d'ailleurs terminer la compétition en beauté, avec le 1000 m, le 3000 m si elle se classe dans le top-8, et le relais.

Mauvaise journée aussi pour Charles Hamelin. Déjà éliminé au 500 m la veille, le vétéran patineur de Sainte-Julie, qui a notamment été couronné champion du monde au 1500 m en 2014 et au 500 m en 2009, a été pénalisé lors de la finale du 1500 m à la suite d'un contact avec un autre patineur, perdant une autre occasion d'amasser des points en vue du classement général.

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