Raphaël Girard: après Harvard, les Marquis

Raphaël Girard a fait ses premiers pas avec... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Raphaël Girard a fait ses premiers pas avec l'organisation des Marquis de Jonquière, en fin de semaine. Lundi, il a aussi eu l'occasion de remplacer Carey Price pendant l'entraînement du Canadien de Montréal.

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Serge Émond
Le Quotidien

C'est bien connu dans le monde du hockey, les gardiens de but sont des êtres à part. Le nouveau cerbère des Marquis de Jonquière ne fait rien pour briser cette réputation, mais c'est pour une très bonne raison.

La semaine dernière, après avoir cédé Loïc Lacasse aux 3 L de Rivière-du-Loup, les Marquis ont lancé un appel à Raphaël Girard pour seconder Cédrick Desjardins jusqu'à la fin de la présente saison. Ils ont alors ajouté à leur formation un gardien qui n'a pas emprunté la route du hockey junior majeur pour poursuivre son développement. Son palmarès montre plutôt quatre saisons avec le Crimson de l'Université Harvard.

« Après le midget AAA, j'ai passé un an dans une école privée aux États-Unis et ensuite j'ai joué quatre ans à Harvard, de 19 à 23 ans, raconte Raphaël Girard. J'ai toujours eu de bonnes notes à l'école. Les études ont toujours été importantes. Quand est venu le temps de prendre une décision, j'ai regardé les deux côtés de la médaille. Finalement, ce fut payant puisque j'ai fini à Harvard. J'ai regardé le junior majeur, mais il m'aurait fallu être très discipliné pour finir l'université tout en jouant junior majeur. Aux États-Unis, c'est vraiment l'école avant le sport. Au junior majeur, les gars ne sont pas considérés comme des pros, mais c'est pratiquement le cas. Ils jouent plusieurs matchs par année et le nombre de cours est un peu moindre. Ils ne peuvent pas suivre autant de cours qu'un étudiant régulier, surtout au cégep.

« Pour moi, c'était le bon choix à faire. Je n'étais pas un joueur qui pouvait accéder directement à la Ligue nationale de hockey. Je suis loin d'être un Nathan McKinnon. Pour un joueur comme moi, pour mon développement, le hockey universitaire était la meilleure voie. À l'université, tu travailles plus souvent en gymnase. Quand tu arrives professionnel, tu es plus vieux, plus mature, plus fort physiquement. En plus, je suis sorti de l'université avec un diplôme en poche. »

Raphaël Girard estime qu'il n'y a pas vraiment de route idéale pour atteindre le hockey professionnel. Chaque formule existante a ses bons côtés, selon les individus. Il croit qu'un bon hockeyeur, peu importe la voie qu'il aura choisie, finira par se faire voir et atteindre son objectif. Deux anciens coéquipiers à Harvard, Alex Killorn, du Lightning de Tampa Bay, et Jimmy Vesey, des Rangers de New York, en font la preuve présentement.

Après ses quatre années à Harvard, le gardien maintenant âgé de 26 ans a partagé son temps entre la Ligue nord-américaine (Rivière-du-Loup) et la ECHL (Allen et Rapid City) en 2014-2015. Il a goûté au hockey européen l'an dernier sous les couleurs des Ducs d'Angers, une équipe qui a atteint la finale de la Ligue Magnus.

Cette année, il a entamé la saison avec une équipe de Roumanie qui évolue dans un circuit composé principalement de formations hongroises. L'expérience n'a pas été très concluante et il a effectué un retour de quelques matchs en France (Épinal) dans l'espoir de recevoir une offre intéressante pour le reste de la saison. Ces offres ne sont pas venues et il a choisi de rentrer à la maison.

De retour aux études (en traduction), Raphaël Girard fait maintenant partie des Marquis de Jonquière et il connaît parfaitement le rôle qu'il sera appelé à jouer dans les prochaines semaines.

« Cédrick (Desjardins) est le gardien numéro un, souligne Gagné. C'est un excellent gardien. Quand on fera appel à mes services, je ferai tout en mon possible pour donner à mon équipe la meilleure chance de gagner. Je connaissais la situation quand j'ai accepté l'offre des Marquis et tout est beau comme ça. »

Dans la peau de Carey Price

Raphaël Girard ne gagnera pas sa vie grâce au hockey professionnel et il en est très conscient, mais il s'est retrouvé, lundi matin, dans une position que vivent fréquemment ceux qui arrivent au sommet de ce sport. Pendant quelques secondes, après la séance d'entraînement du Canadien de Montréal, il a été entouré par des représentants des médias. Il venait de donner un coup de main à l'équipe en remplaçant Carey Price.

Pour Girard, cette petite visite au Complexe sportif Bell de Brossard pour rendre service au Tricolore n'était pas une première. Au cours des deux dernières semaines, il lui est arrivé à quelques reprises de sauter la patinoire pour s'entraîner avec les joueurs blessés de l'équipe.

« Je connais Pierre Allard, l'entraîneur en préparation physique du Canadien, raconte Raphaël Girard. Il était mon entraîneur adjoint avec les Gaulois du Collège Antoine-Girouard, dans le midget AAA. Quand le Canadien a besoin d'un gardien, c'est moi qu'ils appellent.

« Aujourd'hui (lundi), le Canadien voulait donner une petite pause à Carey Price après sa participation au match des Étoiles, en fin de semaine. Après la pratique, il y avait pratiquement une dizaine de journalistes autour de moi. Je me demandais ce qui se passait. C'était ma première pratique avec toute l'équipe. Auparavant, je m'étais entraîné quelques fois avec les gars blessés. Avec Desharnais, Galchenyuk, Markov... Lundi, c'était un entraînement régulier.

« Un jour, lorsque j'aurai un emploi, je serai probablement moins disponible, mais en attendant c'est vraiment agréable de venir en aide au Canadien. C'est une belle expérience. »

Pendant sa courte rencontre avec les journalistes qui suivent quotidiennement les activités du Canadien, Girard a été invité à répondre à quelques questions sur sa plus récente expérience dans le monde du Tricolore.

« Je pompais un peu, a-t-il répondu. Mes jambes étaient bonnes, mais le cardio était moins là. Les tirs à (Max) Pacioretty et (Shea) Weber, c'est quelque chose. Quand tu regardes la télé, tu te demandes des fois pourquoi le gardien a donné le but, mais quand tu t'entraînes avec eux, tu sais pourquoi. »

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