Finale du Bol d'or: une expérience unique pour deux Français

Faïz Yacoubou et Quentin Offerle ne regrettent pas... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Faïz Yacoubou et Quentin Offerle ne regrettent pas leur décision de s'amener au Québec, pour porter les couleurs des Gaillards du Cégep de Jonquière.

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En août 2015, Faïz Yacoubou et Quentin Offerle s'embarquaient dans l'inconnu pour vivre une nouvelle expérience de football au Québec avec les Gaillards du Cégep de Jonquière. Un peu plus d'un an plus tard, les deux joueurs français s'apprêtent à disputer le Bol d'or de la division 3 du football collégial après avoir largement contribué aux succès de la formation régionale qui tentera samedi, à Saint-Jean, de boucler une saison parfaite face aux Cavaliers du Collège Champlain/Saint-Lambert.

En huit rencontres, Faïz-Yacoubou a réussi 44,5 plaqués (3 pour pertes), le cinquième plus haut total de la section Nord-Est, ainsi que deux sacs du quart-arrière. Son camarade français suit pas très loin derrière avec 27,5 plaqués. Il a également rabattu le quart-arrière adverse deux fois derrière la mêlée.

Les deux joueurs avaient entendu parler des Gaillards par l'entremise de leur compatriote Maxime Rouyer, maintenant secondeur avec les Redmen de McGill. Ils ont ensuite rapidement noué un lien avec l'entraîneur François Laberge, par l'entremise de Skype. «Ça nous a rassurés. On savait qu'on allait vivre une aventure au Québec, mais on ne savait pas encore où, raconte Quentin Offerle, précisant qu'un certain instinct les a poussés vers Jonquière. «On n'est vraiment pas déçus. Tout ce qu'il nous a dit et vendu, c'est vraiment ça.»

Bien entendu, l'adaptation a été nécessaire à leurs premiers pas dans le football canadien. Quelques mois auparavant, ils avaient tous deux représenté leur pays au Championnat d'Europe des moins de 19 ans, à Dresde, en Allemagne. «Ce n'est pas tellement les règles du jeu que la taille et la vitesse des joueurs. En France, ils sont beaucoup plus petits et le niveau de jeu n'est pas aussi rapide», observe Faïz Yacoubou qui joue au football depuis qu'il a cinq ans. Son partenaire renchérit sur les entraînements plus nombreux ainsi que la plus grande préparation au niveau technique.

À son dernier match collégial, Faïz Yacoubou aura l'occasion de mettre la main sur le prestigieux trophée du Bol d'or. L'an prochain, il est déjà acquis qu'il poursuivra sa carrière dans les rangs universitaires, étant recruté par de nombreuses équipes. Une formation de la NCAA division 2 lui a également fait de l'oeil, mais il désire demeurer au Québec. «Je vais rentrer en France cet hiver pour discuter avec ma famille pour voir où je vais aller. Il y a plusieurs équipes qui m'intéressent», indique le natif de Rouen qui met présentement toute son attention sur la grande finale.

«Notre but est d'aller le plus loin possible, mais ça va faire mal de quitter Jonquière, admet-il. Finir avec une victoire, ce serait magique. Ça n'arrive qu'une seule fois. Ce serait un beau cadeau de départ. J'en ai envie.

«Il y a beaucoup de nos anciens coéquipiers en France qui ont gagné le Bol d'or l'an dernier avec Thetford-Mines qui nous disaient qu'on aurait dû aussi aller là-bas. Je ne regrette rien du tout et là, c'est notre chance aussi de gagner le Bol d'or. On va y aller et on va le gagner», de mentionner Faïz Yacoubou avec vigueur. Pour sa part, Quentin Offerle sera de retour pour une dernière saison avec les Gaillards l'an prochain.

Un adversaire connu... uniquement sur vidéo

Il n'y a qu'une certitude en marge de la finale du Bol d'or de la division 3, à Saint-Jean, entre les Gaillards du Cégep de Jonquière et les Cavaliers du Cégep Champlain/Saint-Lambert.

Les deux équipes ont remporté leurs huit affrontements en saison régulière dans leur division respective avant de se présenter en finale grâce à deux victoires éliminatoires. Les deux équipes ont donc toutes les raisons de croire en leurs chances. «On mérite notre place», exprime l'entraîneur jonquiérois François Laberge.

«On va là pour gagner et non en touristes. On a les éléments pour l'emporter, mais on devra jouer un bon 60 minutes de football. On affronte probablement la meilleure équipe qu'on a vue cette année», prévient-il, parlant également de discipline.

«Réussir à se rendre au Bol d'or, c'est une belle satisfaction, mais on a encore faim», affirme François Laberge qui a lui-même participé à ce match comme joueur en 1998 avec les Gaillards.

Dans les derniers jours, les entraîneurs jonquiérois ont mis une trentaine d'heures à décortiquer les séquences vidéos de leurs adversaires. «Oui on commence à les connaître, mais on les connaît sur vidéo. On a hâte de les voir en vrai», confirme François Laberge.

«Vu qu'on a accès à leurs dix matchs, oui on s'attend à ce qu'ils sortent de nouveaux jeux, comme on va faire. Cependant, une équipe ne peut pas réinventer ses forces. Ils vont travailler avec leurs forces», de prédire Laberge, évoquant le quart-arrière mobile et capable de lancer le ballon Conor Sinclair

«C'est une équipe qui cherche souvent le coup de circuit», convient-il, glissant un mot sur la défensive ''popcorn'' et mystérieuse des Cavaliers. «Ils ne vont pas vraiment dévoiler ce qu'ils font. Quand la balle lève, il y a beaucoup de mouvement dans la boîte défensive», explique François Laberge, soulignant que pour le faire, ils ont besoin d'athlètes rapides.

Une voie incontournable

«On met de l'énergie et on va mettre de plus en plus de ressources au Cégep de Jonquière. Le bassin au Saguenay ne suffit pas. La France devient donc un incontournable.»

L'entraîneur-chef des Gaillards du Cégep de Jonquière, François Laberge, l'admet sans détour. Avec le bassin de joueurs disponibles, les organisations de division 3 et les trois équipes régionales doivent user de créativité pour former leur alignement. Sur la quarantaine de joueurs avec les Gaillards, seulement six proviennent du Saguenay, calcule-t-il. La France est devenue au fil du temps un bassin très intéressant. Éventuellement, il prévoit se rendre en France dans son recrutement.

«Des joueurs de football français, il y a un méchant paquet, mais est-ce qu'ils ont tous les moyens de venir? C'est vraiment d'essayer de rencontrer le plus de joueurs possible et de vendre ton programme. Plus tu en rencontres, plus tu as de chances d'en avoir qui veulent venir», de faire valoir François Laberge, précisant que c'est la même chose au Québec.

En plus d'être deux piliers dans la défensive jonquiéroise, Faïz Yacoubou et Quentin Offerle deviendront de bons ambassadeurs pour le programme. Il n'y a aucun doute dans l'esprit de François Laberge que les deux Français ont un avenir universitaire. «Ce sont deux excellents joueurs de football. Je ne regrette rien de cette aventure. Toutes les heures passées sur Skype en ont valu pleinement la peine. Ce sont deux ''kids'' avec de bonnes familles. Je n'ai que de bons mots à leur endroit», de louanger l'entraîneur des Gaillards.

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