L'adversaire de taille de Sébastien: un nouveau cancer

Le Saguenéen Sébastien Blanchette, qui combat un cancer,... (Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

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Le Saguenéen Sébastien Blanchette, qui combat un cancer, sera sur les lignes de côté des Lauréats de Saint-Hyacinthe, dimanche lors de la demi-finale de la Ligue de football collégial division 3, face aux Gaillards du Cégep de Jonquière.

Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie

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Pour une deuxième fois, l'entraîneur de football Sébastien Blanchette affronte un adversaire redoutable: le cancer. Malgré ce pépin de santé, le Saguenéen sera sur les lignes de côtés dimanche après-midi alors que son équipe, les Lauréats de Saint-Hyacinthe, croisera le fer avec les Gaillards du Cégep de Jonquière en demi-finale de la division 3 au football collégial au terrain jonquiérois.

En 2014, Sébastien Blanchette avait combattu avec succès un mélanome choroïdien, une rare et sournoise forme du cancer de l'oeil. Le plus gros problème, c'est que les risques de métastases au foie sont grands. «Plus le temps va passer dans les dix prochaines années, plus j'ai de chances de développer des métastases au foie», indique Sébastien Blanchette, précisant que les risques se stabilisent à 30% au bout de dix ans. «Je vais savoir d'ici la fin du mois de novembre si le traitement a fonctionné. Je vais être suivi sans arrêt pour mon foie le reste de ma vie», indique-t-il, rappelant que la moyenne d'âge pour recevoir un diagnostic pour le cancer de l'oeil est d'environ 58 ans.

Après sa première guérison, le Saguenéen pensait que cette épreuve était derrière lui et surveillait surtout son foie. Lors d'un traitement de routine, dans le cadre de son suivi, la mauvaise nouvelle est tombée. Il avait une récidive de cancer. Il a donc entrepris une nouvelle fois des traitements de radiothérapie. Pour cette raison, il s'attend donc à avoir de gros problèmes avec son oeil à moyen terme, en plus de la bombe à retardement de son foie.

«Peu importe ce qui m'arrive, je ne suis pas le genre de gars qui s'apitoie sur son sort et je vais de l'avant. C'est quelque chose qu'on martèle beaucoup aussi avec nos joueurs. On leur dit de vivre au présent. C'est bien beau d'avoir les plus beaux objectifs de la terre et de vouloir arriver au sommet, mais si tu ne fais pas ce que tu dois faire au présent et vivre le moment comme tu le dois, tu ne te rendras pas à l'objectif», d'exprimer Sébastien Blanchette qui l'a annoncé à ses joueurs la semaine dernière.

«J'étais fatigué pas mal et ç'a paru dans certains entraînements. Des joueurs ont posé des questions par bout. Mes traitements ont fini la semaine dernière et ils avaient remarqué que j'avais une petite baisse d'énergie et qu'émotivement, j'étais un peu plus ''down'', avoue-t-il. C'est sûr que chaque fois que j'allais à l'hôpital, je ne recevais pas de bonnes nouvelles. Après ça, tu t'en vas travailler, c'est ordinaire un brin. Tu as beau essayer de te mettre en mode football, ce n'est pas nécessairement facile. Ça n'a pas été une distraction qui m'a empêché de faire mon travail comme il faut, mais je suis un être humain après tout.»

«Le Bol d'Or avant le temps»

Pour Sébastien Blanchette, ce duel face aux Gaillards du Cégep de Jonquière ne sera pas un match comme les autres, même en séries éliminatoires.

«C'est gros. Pour moi, c'est un Bol d'Or avant l'heure», annonce sans détour Sébastien Blanchette qui a porté les couleurs de l'équipe en plus de faire partie du personnel d'entraîneurs pendant quatre saisons. Il n'a pas manqué de parler avec ses joueurs cette semaine de l'importance de la rencontre à ses yeux.

À sa première année avec le jeune programme du Cégep de Saint-Hyacinthe, le Saguenéen occupe plusieurs tâches avec les Lauréats. Assistant entraîneur-chef, il est également coordonnateur offensif. «Ça se résume que pendant le match, je cours comme une poule pas de tête qui fait 15 000 affaires», rigole-t-il.

Au départ, il avait postulé pour le poste d'entraîneur-chef, mais les responsables ont opté pour un entraîneur local, Yan Genest. Après discussions, ce dernier l'a convaincu de se joindre à l'organisation en avril. Le Saguenéen avait passé les trois années précédentes dans le programme juvénile de l'école Roger-Comtois de Québec. En plus de la formation collégiale, Sébastien Blanchette occupe également les fonctions de coordonnateur offensif et entraîneur-chef de l'équipe dans le benjamin en plus de son travail de professeur à la polyvalente Hyacinthe-Delorme. Il admet avoir signifié son intérêt pour revenir au Saguenay, mais rien de concret ne s'est présenté, du moins à court terme.

À leur troisième saison en division trois du football collégial, les Lauréats montrent une impressionnante progression. À leur première saison, ils n'avaient pas inscrit un seul touché et les voilà en demi-finale. «On a une équipe aguerrie. On pense vraiment qu'on a des chances de se rendre jusqu'au bout», affirme Sébastien Blanchette.

«C'était l'objectif en début de saison parce qu'on savait qu'on avait une bonne équipe et de bons joueurs. C'est un programme qui a plusieurs vétérans de troisième année. Il s'est également ajouté des joueurs de Saint-Hyacinthe qui initialement étaient allés jouer dans d'autres cégeps. Avec la venue des Lauréats, il y a des gars qui ont décidé de revenir à la maison. On en a six ou sept qui nous aident beaucoup», explique-t-il.

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