Dans l'abondance jusqu'en 2020

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La reine du lac a repris ses lettres de noblesse cet été en plein cycle d'abondance.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les succès de pêche à la ouananiche au lac Saint-Jean confirment le cycle d'abondance qui devrait se prolonger pour les quatre prochaines années. « Quant à moi. nous sommes dans la pêche jusqu'en 2020. c'est sûr et certain », affirme Marc Archer, directeur général de la Corporation LACtivité pêche qui gère les activités de pêche sportive sur l'Aire faunique communautaire du Lac-Saint-Jean.

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Quand le poisson est plus gros que le pêcheur ça fait de belles images.

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Depuis le début de la saison, les histoires de pêche et les photos des « flèches d'argent » se multiplient sur les réseaux sociaux alors que les pêcheurs rivalisent en tenant au bout des bras de belles grosses ouananiches bedonnantes. « Si ça continue à ce rythme, on va dépasser la cible de 500 géniteurs dans les montaisons de la rivière Mistassini », estime Marc Archer.

Les biologistes et les chercheurs associés à la gestion de la pêche à la ouananiche travaillent tous dans le but de diminuer l'écart entre les cycles d'abondance et de rareté de ouananiches. « Le jeudi 6 juillet, la passe migratoire de la rivière Mistassini a enregistré 204 géniteurs. À cette période-ci de l'année ça représente environ 30 % de la montaison totale ce qui donne une estimation de 685 géniteurs (entre 600 et 800). Nous devrions dépasser la cible de gestion qui se situe entre 300 et 500 montaisons, mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter, nous verrons à la fin de la saison de pêche si nous allons prendre des mesures de gestion pour l'an prochain », explique Karine Gagnon, biologiste responsable du dossier ouananiche au bureau régional du ministère de la Forêt de la Faune et des Parcs.

Gardez vos prises

Par le passé il y a déjà eu 1700 ouananiches qui ont remonté la rivière Misatssini (1989, 1997), la rivière témoin pour l'ensemble des montaisons sur le lac Saint-Jean, et chaque fois les montaisons ont planté dans les cinq années suivantes, tout comme les succès de pêche. « Nous avons pris des mesures pour éviter ça. La pêche en rivière et l'ouverture hâtive de la saison permettent entre autres la capture de ouananiches pour favoriser la gestion », explique la biologiste.

Karine Gagnon en profite d'ailleurs pour passer le message aux adeptes qui profitent des forfaits de pêche en rivière de ne pas remettre leurs prises à l'eau. « La pêche en rivière a été instaurée comme outil de gestion. Si les remontées migratoires sont en bas des cibles, on demande aux pêcheurs de remettre leur prise à l'eau, mais dans le cas contraire, quand on estime dépasser le nombre de géniteurs nécessaires à la reproduction, ça devient important de conserver ses captures et de ne pas les remettre à l'eau », fait valoir la spécialiste.

Il en va de même pour les pêcheurs en lac, je comprends la noblesse du geste de gracier une prise et de remettre une ouananiche à l'eau, mais là ce n'est pas le moment. Conservez ce que vous capturez, vous allez ainsi collaborer à la gestion de la population de ouananiches.

Abondance d'éperlans

Les ouananiches capturées par les amateurs affichent une grande forme cet été en raison de l'abondance d'éperlans. « La nourriture de la ouananiche est abondante et les frayères que nous avons aménagées à la sortie de la rivière Mistassini semblent donner d'excellents résultats. Nous n'avons pas les preuves scientifiques pour le démontrer présentement, mais tous les signes de succès sont là », fait valoir Marc Archer.

La biologiste de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées à l'UQAC, Sonya Levesque, confirme en effet que les sites de fraye à éperlans montre des signes encourageants. « Lors du premier suivi au printemps nous avons collecté 180 oeufs d'éperlan en deux semaines sur les collecteurs d'oeufs que nous avons installés. À titre de comparaison, en 2014, nous avions collecté 12 oeufs d'éperlan en deux semaines sur le même site », explique la biologiste.

La chercheuse mentionne qu'ils ont également trouvé des oeufs de doré. Ça reste à confirmer, mais les dorés pourraient se laisser séduire par ces sites de fraye. La biologiste s'intéresse aussi au nombre de ouananiches qui remontent dans la rivière Mistassini. « Le bureau régional du ministère de la Faune a pour défi de trouver le moyen d'intervenir rapidement pour adopter des mesures réglementaires à l'égard de la pêche à la ouananiche », exprime la spécialiste.

Quand une ressource a des problèmes et est en danger, il est facile d'adopter des mesures réglementaires pour interdire la pêche, mais faire comprendre à des fonctionnaires de Québec que l'abondance de ouananiches dans le lac Saint-Jean peut constituer un problème pour cette espèce dans trois ans, c'est comme faire entrer une boîte carrée dans un cercle.

En attendant que les gestionnaires terminent leur travail d'ici la fin de la saison, les pêcheurs profitent de cette abondance qui devrait durer au moins trois ans et peut-être plus.

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