Le ferrage est déterminant

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Maxime Larouche, lors du début de son projet... (Archives Mariane L. St-Gelais)

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Maxime Larouche, lors du début de son projet de maîtrise en 2014 sur les hameçons circulaires et la remise à l'eau des poissons.

Archives Mariane L. St-Gelais

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Maxime Larouche de Chicoutimi a déposé son mémoire, en janvier 2016, sur l'utilisation des hameçons pour la remise à l'eau des poissons « Est-ce que l'hameçon circulaire peut réduire la mortalité à la remise à l'eau sans diminuer le succès de pêche ? » dans le cadre de sa maîtrise à la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées à l'UQAC en collaboration avec le chercheur Pascal Sirois.

En général, quand les pêcheurs remettent des poissons, pour respecter un règlement de pêche ou pour une pratique sportive pour favoriser la survie de l'espèce, les poissons meurent lors de la remise à l'eau dans environ 18 % des cas dans les 48 h suivant leur graciation.

Le chercheur Maxime Larouche est formel, « les techniques de pêche utilisées sont déterminantes pour la survie des poissons. Peu importe le type d'hameçon, plus le ferrage est profond dans la gorge et moins les chances de survie sont élevées. Plus le ferrage se fait autour de la mâchoire, plus le poisson a de chance de survivre », dit-il lors d'une entrevue téléphonique.

Trois types d'hameçons ont été comparés dans l'étude, c'est-à-dire l'hameçon circulaire, l'hameçon en « J » (le plus utilisé) et le trépied. « L'hameçon circulaire est un type d'hameçon de plus en plus utilisé comme outil pour réduire la mortalité des poissons remis à l'eau, car sa forme arrondie le rend plus susceptible de s'accrocher à la mâchoire qu'à des organes vitaux. Par contre, dans plusieurs des situations où il a été étudié, il procurait un succès de pêche inférieur aux hameçons conventionnels (hameçon en « J » et trépied), ce qui pourrait dissuader des pêcheurs de l'utiliser », fait-il ressortir dans son rapport.

La comparaison des hameçons a été faite pour trois espèces exploitées au Québec soit le touladi (truite grise), l'omble de fontaine (truite mouchetée) et le doré jaune. Lors de son enquête en 2014, plus de 1500 poissons ont été capturés et remis à l'eau par des pêcheurs bénévoles utilisant plusieurs techniques de pêche pour comparer l'hameçon circulaire à l'hameçon en « J » et au trépied.

« Pour les 3 espèces, l'hameçon circulaire procurait une mortalité à la remise à l'eau plus faible ou égale à celle de l'hameçon en « J » et du trépied pour au moins une technique de pêche. Pour le touladi, cette technique était la pêche à la ligne morte avec un méné mort, tandis que pour l'omble de fontaine, c'était la pêche avec un ver et une cuillère ondulante. Dans une moindre mesure, l'hameçon circulaire réduisait légèrement la mortalité des dorés pêchés avec un marcheur de fond et un méné mort », constate le chercheur dans son rapport.

« L'hameçon circulaire ne réduisait pas la mortalité pour les techniques impliquant de la pêche à la traîne et des leurres artificiels, car la mortalité des hameçons conventionnels était faible. Dans la majorité des cas, les mortalités étaient attribuées à des ferrages profonds », ajoute-t-il.

« Pour la majorité des techniques, le succès de pêche de l'hameçon circulaire était plus faible que celui obtenu avec les autres types d'hameçons : moins de poissons étaient capturés pour un même effort, et plus de touches étaient manquées », a-t-il constaté.

« Le ferrage profond est très mortel pour les poissons. Dès que l'hameçon s'accroche plus profond que la mâchoire, les risques de mortalité augmentent. Même avec un trépied il y a plus de risque de survie si l'accrochage est au bord de la mâchoire. Les techniques de pêche à la traîne ou de pêche à la mouche sont moins mortelles lors de la remise à l'eau. Il y a aussi plus de risque de ferrage profond quand on pêche avec des appâts naturels comme des vers de terre ou des petits poissons morts à la ligne morte dans le fond du lac qu'avec des leurres artificiels », assure le chercheur qui travaille maintenant comme consultant pour des entreprises spécialisées en environnement.

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