Protection des petits sébastes

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Le sébaste atlantique (sébastes mentella) qui vit dans... (Archives Le Progrès-Dimanche)

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Le sébaste atlantique (sébastes mentella) qui vit dans le Saguenay prend en moyenne 11,4 ans pour atteindre une taille de 20 cm.

Archives Le Progrès-Dimanche

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Une zone de protection pourrait être délimitée sur les glaces du village de pêche de La Baie des Ha! Ha! cet hiver pour empêcher la capture accidentelle de petits sébastes qui nagent à des profondeurs de 30 à 60 pieds.

Sur cette photo, Mathieu Bouchard nous présente le... (Archives Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay) - image 1.0

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Sur cette photo, Mathieu Bouchard nous présente le petit sébaste qui a mordu à sa ligne en février 2016 sur les glaces de la Baie des Ha! Ha!.

Archives Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

Depuis 2011, des migrations massives de jeunes sébastes en provenance du fleuve Saint-Laurent se sont produites dans le fjord du Saguenay, un phénomène qu'on n'a pas vu en 30 ans. Ces jeunes sébastes mettent longtemps à atteindre leur maturité et il faut assurer leur survie pour le plaisir de les retrouver au bout de nos lignes dans 5 ou 10 ans.

Rémi Aubin, défenseur de la faune bien connu à La Baie, de l'organisme Promotion pêche, sonne l'alarme cette semaine à la rencontre de consultation scientifique régionale de Pêche et Océans Canada à l'Institut Maurice-Lamontagne à Mont-Joli, dans le but de formuler un avis scientifique sur l'état des populations de sébastes dans le fjord du Saguenay.

Le problème selon M. Aubin, c'est que ces jeunes sébastes peuvent se retrouver au bout de la ligne des pêcheurs d'éperlan qui utilisent de petits hameçons pour capturer ces petits poissons.

«Nous savons maintenant que les jeunes sébastes, pour les premières années de leur vie, se maintiennent à des profondeurs moyennes de 30 à 60 pieds dans les premières couches d'eau salée du Saguenay. Ce petit poisson vulnérable et très vorace mord aux petits hameçons à éperlan. Nous savons aussi que les sébastes sont peu ou pas présents dans les zones de moins de 30 pieds en raison de l'eau qui est saumâtre. Juste le fait cet hiver d'éviter de tremper vos lignes à éperlan dans plus de 30 pieds d'eau avec vos petits hameçons contribuera de manière certaine à ne pas cibler ces précieux petits sébastes pour l'avenir de l'activité. Nous savons que les petits sébastes ont une bouche trop petite pour être pêchés avec les gros hameçons qu'on utilise pour le poisson de fond. Le but est de faire notre part pour protéger la ressource et contribuer à l'avenir de notre activité», écrit Rémi Aubin sur le site Facebook des Adeptes de pêche blanche du fjord.

Le conseiller municipal de l'arrondissement de la Baie et responsable de l'activité pêche blanche, Luc Boivin, explique que l'aménagement des villages de pêche tiendra compte de cette réalité cet hiver pour protéger les petits sébastes qui constituent l'avenir de la pêche blanche à La Baie. «Nous ne pouvons pas modifier le plan des rues qui a été conçu en fonction de la répartition des cabanes en relation avec leur poids et l'épaisseur de la glace, mais il est fort probable que les terrains situés dans les zones sensibles ne soient pas attribués et que les espaces soient laissés vacants au lieu d'installer des cabanes à pêche», fait savoir le conseiller municipal.

Les nouvelles technologies en matière de bathymétrie pour connaître la composition exacte du fond marin sous les glaces sont très développées de nos jours et vont orienter les plans d'aménagement des villages de cabanes dans les années futures. L'organisme Contact nature qui gère les activités de pêche sur les glaces devra tenir compte de ces nouvelles données dans l'avenir pour protéger les sébastes juvéniles et peut-être même d'offrir de meilleurs «spots» de pêche aux adeptes.

Poissons à protéger

Le plus récent avis scientifique produit par le ministère de Pêches et Océans Canada indique que l'état des populations de poissons marins de la rivière Saguenay est inquiétant. Rappelons qu'afin de préserver les stocks de poisson de fond dans le Saguenay, notamment le sébaste qui a grandement diminué depuis 1995 et qui représente plus de 90% des captures, le ministère a réduit la saison de pêche récréative hivernale à 45 jours depuis 2015.

Au cours des dernières années, plus de 1600 cabanes sont installées sur la banquise du Saguenay pour pratiquer cette activité. «En 2013 et 2014, de fortes abondances de sébastes juvéniles ont été identifiées dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Ces juvéniles ont également été observés dans le Saguenay. Toutefois, on ne connaît ni l'ampleur de ces entrées de sébastes ni leur impact possible sur le succès de pêche dans quelques années. À court terme, l'exploitation contribue à la diminution de l'abondance du sébaste adulte. Puisque les poissons de fond du Saguenay sont une composante d'un écosystème unique, le principe de précaution justifie d'en protéger les populations. Nous recommandons de maintenir un niveau d'effort et de capture similaire aux dernières années», indique le dernier avis scientifique.

Le sébaste atlantique (sébastes mentella) qui vit dans le Saguenay prend en moyenne 11,4 ans pour atteindre une taille de 20 cm alors que dans le golfe du Saint-Laurent il lui faut de 7 à 8 ans pour atteindre cette même longueur, selon les scientifiques.

Il appartient maintenant aux pêcheurs d'éperlans de la Baie des Ha! Ha! de ne pas faire exprès pour capturer de petits sébastes. Ils devront s'autodiscipliner pour ne pas tremper leur ligne à éperlan plus profondément que 30 pieds. Si les pêcheurs montrent patte blanche, ça va éviter au ministère de prendre des mesures réglementaires pour encadrer la pêche sur le Saguenay.

Chevreuil du Lac-Saint-Jean

La chasseuse Laurie Néron... (Courtoisie) - image 3.0

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La chasseuse Laurie Néron

Courtoisie

Voici la première photo d'un chevreuil du Saguenay-Lac-Saint-Jean récolté à l'occasion de la nouvelle saison de chasse au cerf de Virginie.

La chasseuse Laurie Néron a récolté ce mâle de 13 pointes (10 grosses pointes, les 3 autres font 1,5 pouce) pesant 245 livres (111,13 kg) le 30 octobre. La bête a été abattue à l'arbalète à une distance de 30 pieds (9,14 m) dans un secteur au bas du lac Saint-Jean selon la chasseuse à qui on a dit qu'il s'agissait du plus gros chevreuil tué cette année dans la zone 28. Le bureau régional du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs n'avait pas encore terminé de compiler les statistiques de chasse au chevreuil dans la région, on ignore donc combien de chevreuils ont été récoltés pour cette première expérience.

Rappelons qu'une saison de chasse au cerf de Virginie était permise cet automne pour le chevreuil avec bois (7 cm ou plus) à l'arc et à l'arbalète, du 29 octobre au 3 novembre 2016. Il était également permis de le chasser avec une arme à chargement par la bouche du 4 au 6 novembre.

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