Bilan de chasse à l'orignal

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CHASSE ET PÊCHE / Le nombre d'orignaux abattus pendant la saison de chasse ne... (Photothèque Le Soleil)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHASSE ET PÊCHE / Le nombre d'orignaux abattus pendant la saison de chasse ne cesse d'augmenter depuis les 15 dernières années au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cet automne, les disciples de Nemrod ont récolté 2663 orignaux (en date du 20 octobre) alors que seuls les mâles et les veaux étaient permis en cette année restrictive de protection de la femelle.

Cette hausse constante de la récolte n'inquiète pas outre mesure le biologiste responsable de l'orignal au bureau régional du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Claude Dussault. «On demeure toujours dans les prévisions du plan de gestion de l'orignal (pour les années 2012-2019). Nous continuons de récolter entre 25% et 30% de la population d'orignaux (le cheptel est estimé entre 13 000 et 16 000 orignaux dans la région). Nous avons doublé le succès de chasse en 20 ans, ce qui nous permet de dire que le plan de gestion est une belle réussite», fait valoir Claude Dussault.

Depuis 15 ans, le nombre de chasseurs, le nombre d'orignaux récoltés et la population d'orignaux ne cessent d'augmenter sans connaître de déséquilibre grâce en grande partie à la protection de la femelle une année sur deux. À partir de 1999, où le principe de l'alternance a été mis en application, la récolte n'a cessé de s'accroître. Lors des années permissives (années impaires), la récolte a presque triplé, passant de 1461 orignaux en 1999 à 4109 bêtes en 2015. Lors des années restrictives (années paires) où seule la femelle était protégée, entre 2004 et 2016, la récolte est passée de 1435 orignaux à 2663, soit une augmentation de 85%.

Le succès de chasse continue aussi d'augmenter depuis les 15 dernières années. Cet automne, si le nombre de chasseurs est le même qu'en 2015 (les chiffres de 2016 ne sont pas disponibles), c'est-à-dire 26 865 chasseurs, donc 13 433 groupes de deux chasseurs. Le succès de chasse sera de 19,8%. Le succès de chasse a donc doublé depuis la mise en place des plans de gestion de l'orignal.

Si la tendance se maintient, on devrait dépasser le cap des 30 000 chasseurs d'ici cinq ou six ans dans la région. Cette croissance se fait sentir sur le territoire où les conflits d'appropriation du territoire se manifestent chaque automne.

Présence de la tique d'hiver

La tique d'hiver continue sa progression dans les territoires forestiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean. «On nous a rapporté une douzaine de bêtes décédées à cause de la tique d'hiver dans la région cette année. Il y a toujours eu quelques cas par le passé, mais cette année il s'agit de la plus importante constatation», explique Claude Dussault.

Il est difficile pour les chasseurs ou les centres de dépeçage de constater la présence de cet acarien minuscule à l'automne.

«Pendant l'automne, les tiques montent sur la végétation et les larves sont à peine visibles à l'oeil nu. Elles s'agrippent aux orignaux qui se déplacent dans la forêt et c'est pendant l'hiver qu'elles se nourrissent du sang de l'animal. C'est seulement à la fin de l'hiver que les femelles gorgées de sang se laissent tomber au sol pour pondre leurs oeufs et mourir. Les tiques ne demeurent pas sur les orignaux durant l'été. C'est à la fin de l'hiver que les orignaux sont le plus atteints par ce parasite qui peut atteindre la taille de mon pouce», explique le biologiste.

Claude Dussault met en relief l'augmentation des populations d'orignaux pour expliquer en partie la présence de ce parasite. «C'est un phénomène naturel, plus il y a d'orignaux, plus il y a de bêtes pour nourrir les tiques et ajoutez à cela des changements climatiques qui favorisent la survie des tiques en période automnale, ce n'est pas surprenant de constater de plus en plus la présence de ce parasite», élabore le biologiste.

«En effet, les fortes densités d'orignaux augmenteraient les probabilités pour les larves de tiques de trouver un hôte sur lequel passer l'hiver. Or, au cours de la dernière décennie, la population d'orignaux du Québec a doublé. Il est donc normal, dans les secteurs où les densités d'orignaux sont élevées, que plusieurs bêtes affectées soient observées», peut-on lire sur le site du ministère.

«Lorsqu'elles sont en grand nombre (on peut en trouver une dizaine de milliers sur un seul orignal), les tiques contribuent à affaiblir les orignaux. Les tiques provoquent des démangeaisons chez l'orignal qui se frotte aux arbres et se gratte avec ses sabots et sa gueule pour s'en débarrasser, abîmant ainsi son pelage en irritant sa peau. Les orignaux infestés doivent compenser le volume sanguin perdu. Par exemple, chez un veau fortement infesté, c'est plus de la moitié du volume de sang de l'animal qui peut être ingérée par les tiques en l'espace d'un mois. En plus d'entraîner une dépense énergétique supplémentaire, le grattage excessif empiète sur le temps normalement alloué à l'alimentation et au repos. Le pelage endommagé, pour sa part, entraîne des pertes de chaleur et donc une demande accrue en termes de thermorégulation, ce qui peut causer la mort», explique-t-on sur le site du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

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