Des pancartes dissuasives

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Les pancartes chasseurs à l'affût découragent les adeptes... (Photo courtoisie)

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Les pancartes chasseurs à l'affût découragent les adeptes de la relève.

Photo courtoisie

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Des chasseurs d'orignaux occupent de trop grands territoires de chasse au Québec privant ainsi des chasseurs de la relève de s'initier à cette activité. Le principe d'affiche «chasseurs à l'affût» ne convient plus à cette forme d'appropriation du territoire. C'est le bordel avec ces affiches, un nouvel ordre doit être établi.

Lisez cette histoire, elle m'a été racontée par Marcel Simard, représentant régional de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. «Il y a quelques années, près du territoire où nous chassons l'orignal, il y avait un beau sentier pour quatre roues pour se rendre à de beaux spots de chasse. On n'osait pas s'y aventurer, une affiche indiquait ''chasseurs à l'affût''. À un moment donné on nous a dit que le chasseur qui chassait dans ce secteur était décédé depuis trois ans. Nous avons été privés pendant trois ans de ce secteur en croyant qu'il était occupé par un chasseur qui était décédé», m'a raconté celui qui travaille sur le comité de l'appropriation du territoire au sein de la Table faune régionale.

Nous avons ici l'exemple d'un chasseur décédé qui a laissé ses pancartes dans le bois. Entre nous autres et la boîte à bois, on peut se le dire, il y a aussi des chasseurs qui placardent des pancartes sur tous les chemins secondaires pour dissuader le plus de monde possible de se promener sur le territoire. «Nous n'avons pas d'études pour le confirmer, mais notre expérience sur le terrain nous permet d'affirmer que dans la région, 100% du territoire de chasse est placardé, mais seulement 40% sont utilisés. Le statu quo ne peut plus durer si on veut que la relève puisse trouver des territoires de chasse», indique Marcel Simard.

Depuis quatre ans, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs distribuent des affiches «La forêt, ça se partage» avec un code de partage responsable du territoire. Le nom le numéro de téléphone et le courriel des chasseurs qui pratiquent l'activité dans ce secteur doivent êtres inscrits. «Jusqu'à maintenant, nous avons distribué 1500 de ces affiches aux chasseurs de la région. On souhaiterait que cette affiche soit de plus en plus utilisée par les chasseurs pour savoir à qui on a affaire sur le territoire et pour expliquer aux gens que le territoire est public», fait valoir le chasseur d'expérience qui milite depuis des années afin de faire de la place à la relève.

Nous avons mentionné plus haut l'exemple du chasseur décédé qui a laissé ses pancartes dans le bois où celui de chasseurs qui placardent partout autour d'eux, mais il y a un tas d'autres exemples d'appropriation du territoire. Certains groupes de chasseurs vont chasser seulement la première semaine de chasse, laissant le territoire inoccupé pendant deux semaines.

Qui d'entre nous va oser se présenter dans un chemin avec une affiche chasseur à l'affût? Je sais bien que le territoire appartient à tout le monde, mais il y a des limites qu'on n'ose pas franchir. N'importe qui peut mettre des pancartes où il veut, surtout en territoire éloigné, et décourager ainsi quiconque de s'y aventurer.

Il est plus facile de contrôler l'exagération sur les zecs, car les territoires sont occupés par un grand nombre de personnes qui se connaissent souvent depuis des années et qui ont fini par s'entendre. Quand il y a trois ou quatre chalets sur un même lac, les propriétaires n'ont pas le choix de se parler. L'occupation du territoire libre est moins dense et c'est là, souvent que les chasseurs exagèrent un peu avec leur pancarte.

Le nouveau ministre des Forêts de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, devra prendre en considération les efforts de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs pour harmoniser l'affichage en forêt. Ça pourrait même devenir une mesure réglementaire d'obliger les chasseurs d'utiliser des affiches officielles en indiquant leurs nom et numéro de téléphone ou courriel où on peut les rejoindre.

Le ministre a la responsabilité de rendre le territoire plus accessible aux chasseurs et le problème de l'appropriation du territoire n'est pas seulement une affaire de comportement du chasseur. Il y a moyen de rendre les territoires plus accessibles et un affichage standardisé pourrait être le début. La sensibilisation n'est pas toujours suffisante pour faire comprendre le bon sens. On a rendu le port du dossard obligatoire parce que les chasseurs ne le portaient pas, on devrait peut-être réglementer les pancartes de chasseurs à l'affût pour rendre les territoires de chasse plus accessibles.

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