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Richard Poitras président de l'Association des sauvaginiers du... (Photo Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn)

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Richard Poitras président de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean au Petit marais de Saint-Gédéon lors de la traditionnelle journée d'ouverture.

Photo Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les canards sauvages se laissent peut-être influencer par les changements climatiques. Samedi matin, au Petit marais de Saint-Gédéon, la douzaine de chasseurs présents pour la traditionnelle journée d'ouverture ont récolté 16 canards sur une possibilité de 72, ce qui fait dire aux chasseurs que les canards ont du retard dans leur migration automnale.

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«Il y a cinq ans, lors de la journée d'ouverture, on pouvait voir entre 500 et 600 canards le matin de l'ouverture au Petit marais. Ce matin (samedi) nous en avons vu à peine une centaine et c'est comme ça depuis trois ans. On dirait que les canards migrent plus tard en saison, peut-être en raison des changements climatiques», estime Michel Bouchard, directeur général de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui attendait avec impatience cette traditionnelle journée d'ouverture de la chasse aux oiseaux migrateurs.

Les sauvaginiers constatent le même phénomène lors de leur activité de baguage d'oiseaux dans le secteur de la Pointe-Taillon.

«Il y a cinq ans, les techniciens de la faune arrivaient à installer plus de 1000 bagues sur les pattes des canards, une activité qui se termine environ une semaine avant l'ouverture de la saison de chasse. Depuis trois ans, on arrive à baguer à peine 300 canards parce qu'ils se pointent plus tard dans la région», fait valoir Michel Bouchard qui s'implique depuis plus de 20 ans dans la chasse à la sauvagine.

Il en faut plus cependant pour dépiter les chasseurs de canards qui trouvent leur plaisir dans l'ensemble de la pratique de l'activité plutôt que dans la simple récolte de gibier.

Lève-tôt

Une partie de chasse au canard au Petit marais de Saint-Gédéon ça commence par un réveil à trois heures du matin. La veille, les chasseurs de canards fidèles à la traditionnelle journée d'ouverture, ont préparé leurs appelants et nettoyé leurs fusils de chasse dans l'espoir de les faire pétarader 30 minutes avant le lever du soleil, l'heure permise pour débuter la journée de chasse.

À 4h45, en pleine noirceur, la douzaine de chasseurs qui se partageront les six caches aménagées par l'Association des sauvaginiers dans les joncs en bordure de la grande mare à canards, s'activent munis d'une lampe frontale pour mettre les canots à l'eau et traverser le marais pour placer les appelants en fonction du vent pour attirer les vrais canards en face de leur «spot» de chasse.

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Michel Bouchard, directeur général, et Richard Poitras, président... (Photo Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn) - image 2.1

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Michel Bouchard, directeur général, et Richard Poitras, président de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, discutent de leur partie de chasse en cette journée d'ouverture.

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Déjà, l'expérience laisse monter la fébrilité. Juste le fait de ramer à bord d'un canot, en pleine nuit, en longeant une végétation qui ne se voit pas en milieu forestier ou sur le bord des lacs nous place en milieu d'exception.

On doit ensuite pénétrer dans la forêt de joncs pour s'installer dans la cache qu'on nous a attribuée par tirage au sort le matin même.

Une fois installé, on écoute le silence du marais, on regarde la nuit se coucher et on observe les oiseaux. Les chasseurs chanceux auront la chance d'avoir des canards devant eux dès l'heure fatidique alors que les autres devront attendre que les gibiers à plumes se pointent les ailes à portée de fusil. C'est là que le chasseur sort ses appeaux pour leur faire la conversation et les attirer vers lui.

Il faut être attentif et se montrer vigilant quand les canards se poussent dans votre direction, ça met de l'action et ça commande des tirs de précision. «On tire plus souvent qu'à l'orignal, me lance le président de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Richard Poitras, après avoir vidé nos chargeurs sur un passage de morillons. Le simple fait de faire le guet dans la cache en plein milieu du marais nous dépayse totalement. Les odeurs et le cri des oiseux qui nous survolent à tout moment propose une expérience de chasse vraiment exceptionnelle.

Dans les oiseaux récoltés en cette belle matinée, le groupe de chasseurs a eu droit à des malards, des siffleurs, des noirs et des morillons (fuligule) à tête rousse et à collier.

Le président de l'organisme qui gère la chasse au canard dans le petit marais depuis 20 ans prend d'ailleurs un soin particulier, avec la collaboration des chasseurs, pour identifier chaque spécimen récolté. La journée d'ouverture se termine par le traditionnel déjeuner vers 10h du matin (l'activité de chasse se termine à 9h30), alors que les chasseurs en profitent pour raconter leurs anecdotes, parler arme à feu et munition et de biens d'autres sujets de chasse.

Richard Poitras fait savoir qu'il y a toujours des disponibilités en saison pour la chasse au petit marais.

L'organisme fournit la cache, le canot, les appelants et les vestes de flottaison.

La migration des canards semble afficher un certain retard, donc de meilleures journées de chasse sont à venir.

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