À quel prix protéger les animaux?

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À la lecture du projet de loi, on... (Archives Fokus Production)

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À la lecture du projet de loi, on peut se demander si la chasse deviendrait une «excuse illégitime» pour tuer un animal.

Archives Fokus Production

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Je ne peux pas croire que le gouvernement fédéral s'apprête à adopter une loi pour interdire la chasse. Le 26 février dernier, le projet de loi C-246 «Loi modifiant le Code criminel, la Loi sur les pêches, la Loi sur l'étiquetage des textiles, la Loi sur la protection d'espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial et la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation (protection des animaux)», c'est-à-dire la Loi sur la modernisation des mesures de protection des animaux, a été déposé en première lecture.

Sous la rubrique «Infractions contre les animaux, Tuer ou blesser des animaux», on peut lire à l'article 182.1:

«Commet une infraction quiconque, volontairement ou sans se soucier des conséquences de son acte:

a) cause à un animal de la douleur, des souffrances ou des blessures inutiles;

b) tue sauvagement ou cruellement un animal - que la mort soit immédiate ou non

c) tue un animal sans excuse légitime;

d) sans excuse légitime, empoisonne un animal, place du poison de manière qu'il puisse être facilement consommé par un animal ou administre une drogue ou substance nocive à un animal.

[...]

Quiconque commet une infraction visée au paragraphe est coupable: soit d'un acte criminel passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans; soit d'une infraction punissable, sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, d'une amende maximale de dix mille dollars et d'un emprisonnement maximal de dix-huit mois, ou de l'une de ces peines.»

J'imagine que l'expression «sans excuse légitime» veut sous-entendre la chasse. Je ne peux pas imaginer que des groupes anti-chasse aient réussi à infiltrer le parlement canadien pour faire interdire la chasse sous le couvert d'une nouvelle loi pour la protection des animaux qui vise à interdire les combats entre animaux, comme les combats de coqs, ou l'importation d'ailerons de requin.

Les organismes qui se portent à la défense des animaux se réjouissent de la présentation du projet de loi déposée au parlement par le député libéral Nathaniel Erskine-Smith de Toronto.

Ils véhiculent sur les réseaux sociaux que le projet prévoit une peine maximale de 5 ans de prison pour quiconque tue ou blesse un animal.

En interprétant ce projet de loi, j'ai l'impression que même les personnes qui tuent un rat avec une trappe ou du poison pourraient être reconnues coupables. On ne capotera pas tout de suite, mais j'espère que des modifications seront apportées à ce projet de loi avant que les pêcheurs aillent en prison parce qu'ils ont planté un hameçon dans un ver de terre.

Registre des armes à feu

La commission parlementaire sur le projet de loi 64 «Loi sur l'immatriculation des armes à feu» a débuté le 23 mars pour se poursuivre jusqu'au 12 avril. La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs se fera entendre le 7 avril. «À la lecture de l'horaire des auditions, là on ne peut que constater que la sélection des invités, selon leur position face au projet de loi, est disproportionnée et que la place des opposants, représentés à moins de 25%, n'est pas représentative de la réalité», indique la fédération dans un communiqué émis cette semaine.

«Les opposants au registre sont nombreux et ont été très actifs ces derniers temps pour faire entendre leur opinion. La députée indépendante d'Arthabaska, madame Sylvie Roy, a déposé aujourd'hui devant l'Assemblée nationale une pétition contre l'immatriculation des armes à feu. Celle-ci compte près de 59 000 signatures. À titre de comparaison, la pétition la plus populaire depuis mai 2014, réclamant une baisse de 10% des tarifs d'Hydro-Québec, a recueilli 59 116 voix», fait valoir l'organisme qui défend les intérêts des chasseurs et pêcheurs.

Marie-Claire Kirkland-Casgrain, instigatrice des cours de maniement

CHRONIQUE / Je ne peux pas croire que... (Archives La Presse, Roger Saint-Jean) - image 3.0

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Archives La Presse, Roger Saint-Jean

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs nous rappelle que madame Marie-Claire Kirkland-Casgrain, décédée jeudi, pionnière dans le monde politique à titre de première femme députée de l'Assemblée législative du Québec et première femme membre du Conseil des ministres en 1962, est aussi celle qui a instauré le programme d'enseignement expérimental et volontaire en sécurité pour le maniement des armes à feu (SMAF : 1968-1971).

C'est sous son règne, en tant que ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche (1970) et en tant que membre du cabinet Bourassa de 1970 à 1972, que le programme SMAF s'est le plus développé. Cette formation visait à réduire le nombre d'accidents par arme à feu chez les chasseurs québécois. C'est dans le même objectif et sous le même gouvernement qu'en 1972, la possession d'un certificat du chasseur est devenue obligatoire au Québec avec, pour condition, la réussite du SMAF.

Grâce à cette initiative et celles qui ont suivi, comme le Cours canadien de Sécurité dans le maniement des armes à feu (CCSMAF), au niveau fédéral, le nombre d'accidents avec des armes à feu est passé de 50 annuellement à seulement quelques rares cas par année. Sur cette photo prise le 27 avril 1962, Mme Claire Kirkland-Casgrain était accueillie par les applaudissements des grévistes aux entrepôts des compagnies Smith et Kingsway Transport.

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