Un registre aurait-il changé quelque chose?

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CHRONIQUE / Pensez-vous qu'un registre des armes à feu aurait pu changer quoi... (Archives La Presse)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Pensez-vous qu'un registre des armes à feu aurait pu changer quoi que ce soit dans la triste histoire de cet homme abattu par les policiers vendredi après-midi? Supposons que vous êtes policier et qu'un appel d'un homme barricadé en détresse au 911 vous force à intervenir. Vous consultez le registre des armes à feu. Qu'il vous indique que l'homme possède cinq carabines de chasse à la maison ou qu'il ne possède aucune arme, cette information n'est d'aucune utilité pour le policier.

Michel Bouchard, président de l'Association des sauvaginiers du... (Archives Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn) - image 1.0

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Michel Bouchard, président de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, questionne les chiffres avancés par les corps policiers en ce qui concerne les vrais motifs de l'utilisation d'un registre d'armes à feu.

Archives Le Progrès-Dimanche, Roger Blackburn

Dès le départ, le policier présume que cet homme est dangereux et qu'il peut être en possession de n'importe quelle arme obtenue illégalement et qui n'est pas enregistrée au registre d'arme à feu. C'est dans le protocole d'intervention d'imaginer le pire.

Projet de loi 64

Dans tout le dossier du registre des armes à feu, il y a toujours un élément qui m'interpelle et c'est la position des policiers. Il y a vraiment une dissonance entre les informations véhiculées par la direction des forces policières et ce qui se passe vraiment sur le terrain.

Le président de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Michel Bouchard, a rédigé un mémoire sur le projet de loi 64, qui sera examiné en commission parlementaire la semaine prochaine et a pour objectif d'attribuer à chaque arme non restreinte un numéro d'immatriculation, et d'obliger les commerçants à conserver «un tableau de suivi des opérations de leurs armes».

Dans leur mémoire, les sauvaginiers élaborent leur argumentaire et consacrent un chapitre sur l'utilité d'un tel registre. Reprenant des chiffres de l'Association des sports de tir du Canada le regroupement de chasseurs se questionne sur l'utilité d'un registre pour les policiers.

Les sauvaginiers affirment que : « Tous les policiers à qui nous avons parlé sur le terrain affirment ne pas consulter la base de données des permis de possession et d'acquisition d'armes à feu (PPA). Les policiers affirment également qu'ils ne consultaient pas plus le défunt registre fédéral des armes de chasse, et ce, même si une recherche s'y effectuait automatiquement avec chaque requête effectuée dans le Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ).

«Il faut donc se méfier de l'argument voulant que le défunt registre des armes de chasse était consulté plusieurs centaines de fois par jour, puisque ces consultations étaient générées de manière automatique et non pas volontaire.

«Ainsi, le nombre de 6500 visites par jour rapporté par le Registre canadien des armes à feu en direct (RCAFED) était fort fallacieux puisque chaque fois que les policiers avaient accès au Centre d'information de la police canadienne (CIPC), pour quelque raison que ce soit, comme par exemple pour une vérification d'adresse, la requête était automatiquement générée dans le RCAFED. Cela se produisait, par exemple, pour les services de police de Toronto (5000 policiers), de Vancouver (1400 policiers) et d'Ottawa (1050 policiers) ainsi que pour la GRC de la Colombie-Britannique (5000 policiers)», élabore l'organisme qui représente les chasseurs d'oiseaux migrateurs.

Je m'attends à ce que les policiers clarifient leur pratique sur l'utilisation d'un tel registre en dehors des grands énoncés disant que cela est important pour la sécurité des gens. J'espère que les dirigeants de la commission parlementaire poseront des questions en ce sens aux policiers qui ont une grande importance dans l'influence des politiciens. «Si les policiers disent que c'est essentiel dans leur travail, je ne peux pas faire autrement que les croire», m'a fait part un politicien qui a été briffé par les membres des corps policiers dans le cadre de séances d'information.

Si ce sont les policiers qui informent nos élus, je m'attends à ce que ce soit fait avec toutes les nuances, j'espère que les données sur l'utilisation d'un registre seront nuancées et que les arguments des Sauvaginiers seront expliqués.

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