Les chasseurs seront consultés

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Depuis l'abolition des clubs privés de chasse et... (Archives La Presse)

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Depuis l'abolition des clubs privés de chasse et pêche et la création des zecs en 1977, les terres publiques n'ont pas connu de grandes modifications, outre la création de quelques parcs nationaux et quelques réserves écologiques.

Archives La Presse

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Les représentants de la Table faune Saguenay-Lac-Saint-Jean sondent une partie des utilisateurs de la forêt pour connaître leur opinion sur l'utilisation du territoire en milieu périurbain en ce qui concerne la chasse aux petits et aux gros gibiers.

Le problème, c'est que depuis de nombreuses années, des chasseurs de gros gibier se sont approprié des territoires publics pour en faire leur territoire de chasse. Ces secteurs sont occupés par des chasseurs qui jouissent d'une forme d'exclusivité, car ils chassent à cet endroit depuis longtemps.

En théorie, il s'agit de territoires publics qui appartiennent à tous les Québécois, mais, en réalité, ces chasseurs se sont approprié des droits de chasse sur ces territoires au nom d'une occupation historique. C'est comme ça parce que ça a toujours été comme ça.

Des représentants de regroupements de chasseurs et pêcheurs de la région réfléchissent présentement à utiliser différemment ces territoires pour donner la chance à un plus grand nombre de personnes de pratiquer des activités de chasse.

«On a regardé sur une carte les territoires de chasse potentiels situés à moins de 50 km d'une municipalité qui sont situés sur les terres publiques. On s'est demandé si les gens seraient intéressés d'avoir la possibilité d'aller chasser l'orignal à proximité de leur résidence en ville et de revenir coucher à la maison le soir», explique Marcel Simard, porte-parole de la table régionale faune.

«On sait que les chasseurs qui occupent ces territoires ne sont pas d'accord à donner une nouvelle vocation aux territoires publics situés près des villes. Mais si les chasseurs de petits gibiers, les villégiateurs, les chasseurs d'orignaux qui n'ont pas de territoires de chasse ou les chasseurs qui ne chassent plus parce qu'il y a trop de monde sur le territoire nous disent qu'ils seraient intéressés à disposer d'un territoire de chasse près de leur résidence, nous pourrions aller plus loin dans nos démarches», explique le chasseur qui est aussi membre de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec.

Aire faunique communautaire de chasse?

Depuis l'abolition des clubs privés de chasse et pêche et la création des zecs en 1977, les terres publiques n'ont pas connu de grandes modifications, outre la création de quelques parcs nationaux et quelques réserves écologiques. Quarante ans après l'abolition des clubs privés de chasse et pêche, il est peut-être temps de réfléchir à l'occupation des terres publiques en période de chasse à l'orignal.

Les gestionnaires de la faune se sont mis à regarder sur une carte quels sont les territoires libres longeant les routes 169, 170, 172 et 175 dans la région. Si on regarde le nombre de secteurs de chasse disponibles sur une distance de 50 km à partir de ses routes régionales, on se rend compte que l'offre est exceptionnelle.

Si on pousse l'idée un peu plus loin en divisant ces terres publiques en territoire de chasse de un ou deux kilomètres carrés on découvre un immense potentiel de territoires de chasse qui pourraient être offerts par tirage au sort parmi la population. Ce n'est pas parce qu'un chasseur chasse depuis 30 ans au même endroit que ce territoire lui appartient. La forêt est un bien public qui appartient à tous.

«Si la population nous indique dans les sondages que nous avons fait parvenir qu'il sera intéressé à redéfinir la vocation des territoires en milieu périurbain et à les rendre accessible au plus grand nombre de chasseurs possible on pourrait envisager un avenir plus démocratique pour la chasse à l'orignal», explique Marcel Simard de la Table faune.

«Il y a des secteurs très accessibles qu'on a identifiés où on pourrait faire des projets pilotes. On ne parle pas de créer de nouvelles zecs, mais de trouver une nouvelle structure, comme une aire faunique communautaire de chasse en s'inspirant de ce qui se fait pour la pêche au lac Saint-Jean», détaille Marcel Simard.

Il ne faut pas oublier que le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean est composé à 85% de terres publiques alors que les 15% de territoire privé sont essentiellement situés en ville.

Pression de chasse en hausse

En 1990 il s'est vendu environ 20 000 permis de chasse à l'orignal dans la région pour atteindre 15 600 permis en 1996. Après cette baisse du nombre de chasseurs des années 1990, la pression de chasse n'a pas cessé d'augmenter depuis les 20 dernières années pour atteindre le nombre de 27 000 permis de chasse en 2014.

Il y a des chasseurs qui aimeraient chasser, mais qui n'ont pas de territoire de chasse. Le but du sondage de la Table faune est de savoir pourquoi il y a des chasseurs qui ne chassent pas et quel genre de territoire de chasse ils souhaiteraient avoir. Des sondages ont été expédiés par la poste aux chasseurs de petits gibiers, aux chasseurs de gros gibiers, aux villégiateurs et aux nouveaux chasseurs par le biais des cours pour l'obtention du certificat du chasseur.

On peut décider de garder le statu quo et de laisser les terres publiques à ceux qu'ils l'occupent depuis 30 ou 40 ou 50 ans ou bien on peut se donner les moyens de réfléchir ensemble comment on souhaite développer et exploiter les terres publiques. Où on les laisse à une poignée de gens on le partage équitablement.

La Table de la faune Saguenay-Lac-Saint-Jean est composée de l'Association des sauvaginiers, de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, de l'Association des trappeurs, de l'Association des pourvoiries, du Regroupement régional des gestionnaires de zecs, de la Société des établissements de plein air du Québec, de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique et du Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean.

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