Chasseurs et pêcheurs lobbyistes?

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Rappelons que le Québec a interdit la chasse... (Archives La Presse)

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Rappelons que le Québec a interdit la chasse sportive du caribou migrateur en 2012 pour une durée indéterminée et que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a imposé un moratoire de cinq ans sur la chasse en 2013.

Archives La Presse

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) n'est pas très heureuse d'apprendre qu'elle ne sera pas consultée dans le cadre de l'étude réalisée par le Commissaire au lobbyisme du Québec (CLQ), Me François Casgrain, relativement à l'assujettissement des organismes sans but lucratif (OSBL) aux règles d'encadrement prévues au projet de loi n°56, Loi sur la transparence en matière de lobbyisme.

Pourtant, la FédéCP est un organisme qui fonctionne grâce à une structure reposant sur l'implication de centaines de bénévoles au sein de 14 régionales. L'organisme se considère comme un exemple représentatif d'un secteur d'activité qui serait grandement affecté par d'éventuelles modifications législatives qu'entraînerait ce projet de loi.

Les dirigeants de l'organisme s'expliquent mal que seules 22 organisations seront consultées pour représenter les 61 000 OSBL que compte la province. Parmi celles-ci, aucune n'est issue du secteur faune. «Comment le gouvernement peut-il mettre de côté un organisme qui représente un secteur qui engendre des retombées économiques de plus de 1.6 milliard de dollars annuellement?», se demande l'organisme pour qui il est clair que les OSBL du secteur faune ne peuvent être considérées comme lobbyistes alors qu'elles travaillent à la mise en valeur et à la protection de la faune et de ses habitats au Québec.

La FédéCP réitère sa volonté de prendre part aux consultations afin de représenter un secteur d'importance capitale pour le Québec, la faune, et espère que la nouvelle ministre responsable du dossier, Madame Rita de Santis, saura intervenir adéquatement en ce sens.

Modalités du caribou

La FédéCP exprimait dans cette page la semaine dernière leur demande d'explication au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) quant aux raisons qui ont justifié des modifications aussi drastiques aux modalités de chasse au caribou migrateur.

Pour l'organisme cela ressemble davantage à un stratagème politique pour limiter la présence de chasseurs québécois dans les territoires nordiques du Québec qu'à une véritable préoccupation de protéger les caribous de la rivière aux Feuilles. La gestion des permis de chasse de cette espèce tend justement à démontrer le peu de conviction du gouvernement devant ses propres décisions.

«Si le gouvernement avait vraiment cru dans l'importance de protéger ces caribous, n'aurait-il pas assumé les coûts relatifs à ses décisions et aurait évité d'embêter davantage les chasseurs? Il semble que le MFFP tente de récupérer le maximum de revenus de la vente des permis de chasse en tentant d'augmenter le fardeau tarifaire supporté par les utilisateurs. Ainsi, en même temps qu'on annonce que la limite de prise sera d'un caribou par chasseur pour les zones 22B et 23 Ouest, on indique qu'il sera possible d'acheter un second permis pour la récolte d'un deuxième caribou», fait valoir l'organisation dans un nouveau communiqué émis cette semaine.

Les dirigeants de la FédéCP se posent quelques questions:

Pourquoi obligerait-on les chasseurs à acheter deux permis pour atteindre le même quota qu'auparavant?

Le gouvernement envisage-t-il de diminuer de moitié le coût des permis puisque la limite par permis sera divisée par deux?

La possibilité de se procurer un second permis pour abattre un deuxième gibier ne créera-t-elle pas un précédent pour la chasse? Par exemple, est-ce que la récolte d'un second dindon sauvage ou d'un second cerf de Virginie à Anticosti nécessitera l'achat d'un permis supplémentaire?

Comment le MFFP peut-il «jouer» ainsi sur un type de permis alors qu'il a récemment indiqué qu'il n'avait plus les ressources financières et humaines pour de tels exercices?

«Il faut bien se rappeler la promesse du premier ministre qui, en début de mandat, tenait à informer les Québécois qu'aucune hausse de tarif ne surviendrait pour pouvoir profiter des services du gouvernement», conclut l'organisation.

Troupeau de la rivière George

Pendant que les chasseurs se questionnent, le MFFP, en collaboration avec le Department of Environment and Conservation de Terre-Neuve-et-Labrador, fait connaître l'avancement des travaux de suivi sur la population de caribous migrateurs du troupeau de la rivière George (TRG).

«Selon le plus récent inventaire aérien réalisé par des biologistes des deux provinces, la population avait été évaluée à 14 200 caribous en juillet 2014, soit une diminution de 50% du troupeau par rapport au précédent inventaire réalisé en 2012. Les travaux conjoints de classification réalisés à l'automne 2015 indiquent que le recrutement du TRG s'est amélioré pour une seconde année consécutive, mais que la proportion de grands mâles demeure faible. L'analyse des indicateurs biologiques, incluant les estimations de survie et de recrutement, indique que le TRG poursuit son déclin démographique. À l'automne 2015, cette population est estimée à environ 10 000 caribous», rapporte le ministère.

Rappelons que le Québec a interdit la chasse sportive du caribou migrateur en 2012 pour une durée indéterminée et que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a imposé un moratoire de cinq ans sur la chasse en 2013.

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