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Des députés des milieux ruraux désirent être à... (Archives Reuters)

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Des députés des milieux ruraux désirent être à l'écoute de leurs électeurs, dans le dossier du registre des armes à feu.

Archives Reuters

Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / La mobilisation autour du registre des armes à feu que le gouvernement du Québec veut instaurer commence à faire émerger des opinions contradictoires de la part de parlementaires et à créer des discussions fort intéressantes, en dehors du débat émotif entre les pour et les contre un registre d'armes à feu.

Dans Le Devoir cette semaine

«Malgré les apparences, l'idée de créer un registre québécois des armes à feu ne fait pas l'unanimité à l'Assemblée nationale. Plusieurs élus libéraux, péquistes et caquistes n'excluent pas la possibilité de s'opposer à l'adoption du projet de loi 64», peut-on lire sous la plume du journaliste Marco Bélair-Cirino, correspondant parlementaire à Québec.

«Plusieurs élus, y compris au sein du caucus libéral, refusent d'appuyer publiquement le projet de loi 64, près d'un mois et demi après qu'il eut été déposé par le ministre de la Sécurité publique suppléant, Pierre Moreau, à l'Assemblée nationale», écrit-il.

Quelques élus commencent à parler de la possibilité d'un vote libre, les députés des milieux ruraux souhaitent être à l'écoute de leurs électeurs.

Sauvaginiers et Gaudreault

Le représentant de l'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Michel Bouchard, a eu une rencontre avec le député du Parti québécois Sylvain Gaudreault cette semaine pour le sensibiliser sur ce dossier qui touche de nombreux chasseurs.

«La rencontre a été chaleureuse, il m'a remercié de l'informer de notre point de vue, mais il va voter en faveur d'un registre des armes. Il dit que la majorité des présentations faites à l'Assemblée nationale par les différents corps policiers faisaient valoir l'importance d'un registre d'armes pour le Québec dans le cadre de leur travail», explique le porte-parole des chasseurs d'oiseaux migrateurs.

«Quand on discute avec des amis policiers qui pratiquent la chasse, ils nous disent qu'un registre ne leur sert absolument à rien. On dirait qu'il y a une réalité différente entre la direction des forces policières et les policiers sur le terrain», fait-il remarquer.

Le député Gaudreault s'est toutefois engagé à ce que les questions que se posent les sauvaginiers à l'égard de ce dossier puissent se rendre en commission parlementaire.

Discussions

Ce qui a de bon dans ces divers avis exprimés, c'est qu'on commence à entendre d'autres arguments et d'autres façons d'aborder le dossier des armes à feu. Certains observateurs et commentateurs politiques suggèrent d'autres avenues qu'un registre d'armes pour rassurer la population. De plus en plus, on entend dire qu'un simple registre ne suffira pas à empêcher les folies meurtrières et qu'il faut aller plus loin.

En allant plus loin dans les réflexions, on se rend compte que d'autres mesures seraient autant, sinon plus, efficaces qu'un registre. Par exemple, un médecin qui livre un diagnostic de dépression profonde à un patient devrait être en mesure de le souligner aux policiers pour que ces derniers retirent les armes à feu de l'individu dépressif, le temps de sa guérison. Les armes pourraient être remisées dans un entrepôt policier ou confiées à un membre de la famille qui les remiserait en toute sécurité.

Les policiers pourraient mettre davantage d'effort sur les ventes illégales d'armes à feu et trouver des façons de contrôler les ventes en ligne. Enfin, je trouve que les discussions ne tournent plus seulement autour du registre, on commence de plus en plus à voir plus large. Le registre m'apparaît des fois comme la forêt qui cache l'arbre.

En instaurant un vote libre sur le projet de loi, le gouvernement s'offre la chance d'un débat et de discussions qui risquent d'être profitables à la collectivité, au lieu de laisser les gens se cacher derrière une ligne de parti qui est avant tout une position favorable sur le plan électoral.

C'est poche de constater que le gouvernement veut récupérer 6 millions$ dans le budget de la sécurité du revenu en privant des pokés de la société de service, alors qu'on va engloutir des dizaines de millions dans un document qui ne pourra pas empêcher les fous de faire des tueries.

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