Le hockey est devenu une industrie, déplore Yanick Jean

Yanick Jean déplore que les jeunes soient dans... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Yanick Jean déplore que les jeunes soient dans les arénas 12 mois par année. Il aimerait que ceux-ci puissent essayer autre chose et que le hockey redevienne un jeu, plutôt qu'un projet de retraite de leurs parents.

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Serge Émond
Le Quotidien

La sélection de seulement huit joueurs québécois par des équipes de la Ligue nationale de hockey, en fin de semaine, fait passablement jaser depuis quelques jours. Quand il se penche sur la question, Yanick Jean a la conviction qu'il est nécessaire de reculer jusqu'à la base du hockey mineur pour expliquer une situation qui se produit trop souvent.

Dans son esprit, trop de parents font fausse route en pensant que leur jeune est aussi leur fonds de pension, le hockey d'aujourd'hui est trop coûteux, le plaisir n'occupe plus assez de place et demander à des jeunes de chausser les patins douze mois par année est une erreur. Pour lui, ce qui s'est passé en fin de semaine est le résultat des problèmes qui touchent le hockey québécois.

«D'abord, le hockey coûte trop cher, avance l'entraîneur et directeur général des Saguenéens. Ce que les parents investissent dans le hockey en espérant que leur jeune soit meilleur rend le sport inaccessible. Il y a des parents qui sont fous de penser que c'est en payant des sommes astronomiques qu'ils vont développer leur jeune. Maintenant, les parents laissent jouer leur jeune douze mois par année. C'est la pire erreur qu'on peut faire. Quand tu leur parles de ça, ils te répondent que leur jeune est un passionné. C'est drôle, quand ils nous arrivent au junior majeur à 16 ou 17 ans, même s'ils étaient des passionnés, ils sont trop souvent écoeurés de jouer au hockey.

«En payant des sommes astronomiques pour faire jouer leur jeune au hockey douze mois par année, les parents nuisent à leur jeune. Qu'est-ce que Hockey Québec, les programmes de AAA et les structures font? Ils veulent profiter de l'argent. Tout ce qui est programme U14, U13 ou U12, c'est seulement une manière pour Hockey Québec et les organisations de AAA d'aller chercher de l'argent. C'est ce que les parents n'ont pas compris.

«Le plus grand problème, c'est que les jeunes sont dans les arénas douze mois par année. Il faut que les jeunes fassent d'autres choses. Tant qu'on ne changera pas notre mentalité, on va avoir des problèmes. Parce qu'ils ont beaucoup investi, les parents pensent que leur jeune est leur fonds de pension. Ils n'ont tellement pas la bonne approche. Ce n'est pas tout le monde, mais il y en a trop. La première chose qu'on fait en début de saison est de donner une conférence aux parents. Est-ce normal?»

Yanick Jean estime aussi que l'apparition de nouvelles organisations de hockey au cours des dernières années fait en sorte que le produit est dilué. Tout le monde veut sa propre structure, son propre programme.

«Oui, il y a un effet de cycle, mais le cycle revient trop souvent, ajoute-t-il. Est-ce qu'il faudra en arriver au jour où le gouvernement fermera les arénas du 1er mai au 1er août?

«Je ne me mets pas la tête dans le sable. Il faut tous se regarder et faire mieux. Mais le hockey est rendu une industrie. Avant c'était un jeu, un sport. Le hockey doit être une manière de développer de jeunes individus de qualité. Pour plusieurs, le hockey est l'espoir que leur jeune joue dans la LNH. Quand tu vois des entraîneurs atome, pee-wee ou bantam passer leur temps à pratiquer le système de jeu ou le jeu de puissance, ils sont à côté de la track. On s'en fout de la fiche. Ça n'a pas de sens d'avoir une seule pratique de développement individuel par semaine.»

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