Deux cultures

L'ancien entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi, Richard Martel,... ((Photo Fabien Baldino, Brûleurs de loups))

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L'ancien entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi, Richard Martel, a été congédié par les Brûleurs de loups de Grenoble en plein coeur des éliminatoires de la ligue Magnus.

(Photo Fabien Baldino, Brûleurs de loups)

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Serge Emond
Le Quotidien

Contrairement à l'école, l'actualité ne connaît pas de relâche. Et Richard Martel l'a particulièrement animée, la semaine dernière.

Dans tout ce qui a entouré les événements qui ont marqué la fin du quatrième match d'une série de la Ligue Magnus entre Grenoble et Dijon, deux éléments me semblent particulièrement intéressants.

La différence de culture entre le hockey nord-américain et celui qui se pratique en Europe saute aux yeux. La réaction de joueurs des Brûleurs de loups de Grenoble est également inhabituelle.

Quand j'ai entendu parler des incidents qui ont mené au congédiement de Richard Martel, j'ai tout de suite pensé à un triste événement qui a marqué une série entre les Saguenéens et les Remparts de Québec, au printemps 2008.

Pas besoin de vous faire un grand dessin. Vous vous souvenez sans doute des images montrant Patrick Roy en train d'indiquer à son fils Jonathan de se diriger vers Bobby Nadeau. L'entraîneur des Remparts s'en était tiré avec une suspension de cinq parties. Rien de plus, sauf des excuses au gardien des Sags et à sa famille, quelques jours plus tard.

Évidemment, Patrick Roy pesait lourd dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, dans le temps. Plusieurs ont alors fait le lien entre la sanction et son importance pour le circuit.

Richard Martel, de son côté, est encore un nouveau venu sur la scène du hockey français. Pour un incident similaire (il aurait demandé à un joueur de s'attaquer au gardien adverse), mais sans une image où on le voit faire, il est congédié quelques heures plus tard.

Et la Commission des infractions aux règles de jeu de la Fédération française de hockey sur glace l'a suspendu indéfiniment, en attendant de rendre une décision officielle. Visiblement, on lésine beaucoup moins avec les événements disgracieux en Europe qu'en Amérique du Nord. Un collègue me faisait remarquer que les nombreux commanditaires qui s'affichent sur les chandails des équipes européennes ont peut-être une influence puisqu'ils n'apprécient sans doute pas d'être associés à des incidents regrettables, mais j'ai l'impression que c'est avant tout une question de culture.

Cas unique

Ce qui nous amène au deuxième point. Au moins deux personnes en autorité, le président de la FFHG, Luc Tardif, et la porte-parole des Brûleurs de loups, Charline Durand, ont indiqué clairement que l'entraîneur a été pointé du doigt par ses propres joueurs.

Je m'intéresse au hockey depuis très longtemps et je ne me souviens pas d'avoir vu des joueurs faire porter ouvertement le blâme à leur entraîneur. Comme le veut le vieux dicton, ce qui se passe dans le vestiaire reste habituellement dans le vestiaire.

Au hockey mineur, j'ai vu des parents se lever contre un entraîneur pour obtenir sa tête. Au hockey junior ou chez les professionnels, j'ai beau chercher, je ne vois rien de similaire. Bien sûr, bien des joueurs qui ne s'entendaient plus avec leur entraîneur ont fini par avoir sa peau en offrant des performances inférieures à leurs capacités. Mais je ne me souviens pas que des dirigeants aient fait le lien aussi directement entre les commentaires de joueurs et le licenciement d'un coach.

Ce qui me fait croire que certains hockeyeurs de Grenoble souhaitaient peut-être un changement derrière le banc. On le saura peut-être un jour. En attendant, il semble évident que ce qui vient de se produire risque de mettre un frein à une portion de la carrière de Richard Martel qui aurait pu être intéressante.

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