Il y a 30 ans aujourd'hui, le pilote québécois perdait la vie sur la piste de Zolder, pendant les qualifications du Grand Prix de Belgique. Depuis, il est passé au rang des légendes de la Formule un. Si son souvenir demeure présent auprès des amateurs de courses automobiles, Damien Labonté a ses propres raisons pour ne pas oublier Villeneuve. Il l'a très bien connu.
Labonté a rencontré Gilles Villeneuve à l'âge de 13 ans. Le pilote en avait 19. À l'époque, le père du Chicoutimien était représentant pour Skiroule, la compagnie de motoneiges qui commanditait Villeneuve.
«Tout de suite, je l'ai trouvé très spécial et unique, raconte Damien Labonté. C'était un travailleur acharné et doté d'un immense potentiel. Il se concentrait uniquement sur la course. J'admirais sa détermination et ses exploits sur la piste. Il ne se contentait jamais d'une deuxième ou d'une troisième place. La seule et unique chose qui comptait pour lui, c'était la victoire. Dès ce premier contact, Gilles Villeneuve est devenu ma seule idole et il n'a jamais été remplacé à ce jour. Je savais déjà qu'il deviendrait le meilleur pilote de course au monde.»
Damien Labonté estime que le fait saillant de la trop courte carrière de Villeneuve a été sa première victoire en Formule un, sur la piste qui porte aujourd'hui son nom à Montréal.
«En 1978, j'étais étudiant à l'Université de Montréal, se souvient Labonté. J'avais séché tous mes cours et j'avais passé la semaine entière sur le circuit. J'avais réussi à me dénicher une accréditation de presse. Je pouvais observer tous les paddocks de toutes les écuries, mais j'ai passé la semaine à suivre Gilles et à épier ses moindres gestes et à l'immortaliser avec plus de 2000 photos!»
Damien Labonté rappelle que la carrière de Gilles Villeneuve a été remplie d'exploits. Il signale ses neuf victoires en dix courses en Formule atlantique, en 1976. Le Chicoutimien a vu plusieurs de ces épreuves. À Saint-Jovite, il avait planté sa tente tout près du véhicule récréatif et du garage du pilote. Il avait pu observer à sa guise Villeneuve et son mécanicien travailler sur la voiture. Il compare aujourd'hui la passion de Villeneuve à celle de Sidney Crosby pour le hockey et il est toujours impressionné par l'intelligence de Villeneuve pour la mécanique. Il se souvient de l'avoir vu travailler toute la nuit pour transformer une motoneige inefficace en une véritable fusée qui lui avait permis de gagner toutes les courses du lendemain.
Le Championnat du monde de motoneige gagné par Villeneuve en 1974 occupe aussi une belle place dans la machine à souvenirs de Damien Labonté. Récemment, il est allé encore plus loin en faisant l'acquisition du véhicule que pilotait son idole, une Alouette 1974.
«L'acquisition de cette pièce de collection était l'un de mes rêves les plus chers depuis que je suis jeune et elle possède une valeur inestimable à mes yeux et je ne suis pas prêt de m'en départir», avance le Chicoutimien.
Si la mort ne l'avait pas fauché rapidement, Labonté est convaincu que Villeneuve aurait gagné cinq championnats du monde de Formule un et qu'il serait encore actif aujourd'hui malgré ses 62 ans, probablement dans la série Sprint de NASCAR.
30e anniversaire
Damien Labonté souligne qu'un événement bien particulier marquera le 30e anniversaire du décès de Villeneuve, aujourd'hui. Jacques Villeneuve pilotera la Ferrari 312T4 de son père, sur le circuit de Fiorano, à Maranello.
«Le Musée Gilles Villeneuve fait énormément d'efforts pour souligner ce triste 30e anniversaire, poursuit Labonté. Un film sera produit et sera présenté prochainement un peu partout. Mon grand ami et fondateur du musée, Alain Bellehumeur, a réquisitionné mon casque, ma combinaison, mes gants et mes bottes de course de Gilles Villeneuve. Toutes les fois que j'ai l'occasion de parler avec Alain, évidemment on ne parle que de Gilles. Des fois, ça dure longtemps... On arrête quand nos batteries tombent à plat!»