Du jamais-vu à la Traversée

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Le vainqueur de la 63e Traversée, Guillermo Bertola, a salué triomphalement la foule samedi.

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La 63e Traversée internationale du lac Saint-Jean a passé le test de la réglementation modifiée de la FINA en fin de semaine à Roberval. Même si le port de la combinaison isothermique a causé quelques inconvénients, le « wetsuit » propulse l'événement dans une « nouvelle ère ».

« On ne peut pas nier les 62 premières années de la Traversée, mais le règlement est là pour rester. Oui, certains nageurs ont été dérangés parce que c'est différent de nager avec la combinaison. Beaucoup étaient irrités physiquement, mais ils étaient tous en excellente condition. Personne n'a fait d'hypothermie ou n'a été retiré de la course, ce qui n'avait pas été vu depuis longtemps », résume la présidente de l'organisation Kim Privé.

Du début à la fin, l'arrivée des 25 nageurs a été remplie d'émotions. Tous sauf la Félicinoise Dania Bélisle ont choisi de porter la combinaison en néoprène au départ, ce qui leur a permis de garder leur chaleur et d'être plus rapides. Les quelque 1500 spectateurs déchaînés ont été tenus en haleine dans le premier sprint final, où six hommes ont touché la plaque en moins d'une minute. Sept athlètes ont fait mieux que le record établi en 2000 par Stéphane Lecat de 6 h 22m48s. L'Argentin Guillermo Bertola a remporté la course en 6 h 19m23s à sa première venue au Lac-Saint-Jean. Triomphant, il s'est dressé sur la plateforme flottante en brandissant le poing vers la foule, un effort physique pas si facile après l'épuisant marathon de 32 km.

« C'était beau. Je vois la Traversée de près depuis 11 ans et je n'avais jamais vu ça, un nageur qui monte là ! On sentait sa joie, raconte Kim Privé. Toute la course a été rapide, les entraîneurs trouvaient ça épeurant de voir comment ça allait vite ! »

Même si Bertola signe un nouveau record, celui de Lecat reste encore à battre dans un certain sens. « Dans notre coeur, un temps c'est un temps, et Bertola l'a battu, il a nagé les 32 kilomètres. Mais dans notre tête, les conditions sont bien différentes. Stéphane Lecat était en petit speedo, presque nu dans le lac, c'était exceptionnel ! Son record n'est pas éliminé, on va tenir compte des deux », explique Kim Privé.

Philippe Guertin trouve que la combinaison procure un... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Philippe Guertin trouve que la combinaison procure un avantage aux nageurs moins rapides.

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Courage jeannois

Environ deux heures et demie après le record de Bertola qui semble vouloir défendre son titre l'an prochain, il restait encore des centaines de personnes à la Place de la Traversée pour accueillir chaleureusement la Félicinoise Dania Bélisle, fière et heureuse.

« C'était très touchant, se souvient Kim Privé. Les gens de l'organisation sur le quai avaient la larme à l'oeil. Ça prenait du courage. Même si elle n'était pas dans les temps réglementaires, on l'a laissée finir parce que c'est une fille du coin et elle n'était pas trop loin. Elle voulait juste terminer sa première Traversée et elle a réussi. »

La présidente de la Traversée internationale du lac Saint-Jean est confiante pour la pérennité de l'événement. Présent samedi, le premier ministre Philippe Couillard a d'ailleurs souligné l'implication régionale « massive » qui fait la différence par rapport à Magog, par exemple, où la Traversée internationale du lac Memphrémagog a dû mettre fin à ses activités.

« L'an dernier, nous étions en déficit, mais ça augure très bien cette année. Les gens ont participé beaucoup à nos activités. Près de 7000 personnes pour les Cowboys fringants samedi, une affluence pas vue depuis 15 ans, ça aussi c'est un signe de bonne santé financière », croit Kim Privé.

L'événement se concluait dimanche par la traditionnelle parade.

Principaux résultats

Hommes

1. Guillermo Bertola Argentine 6:19:23.1

2. Phillipe Guertin Québec 6:19:27.9

3. Evgenij Pop Acev Macédoine 6:19:30.3

4. Xavier Desharnais Québec 6:19:38.6

Femmes

13. Martina Grimaldi Italie 6:45:59.5

14. Barbara Pozzobon Italie 6:49:47.5

15. Alice Franco Italie 6:59:14.6

16. Jade Dusablon Québec 6:59:51.1

20. Sabryna Lavoie Saint-Bruno 7:18:32.3

25. Dania Bélisle Saint-Félicien Hors temps

Sabryna Lavoie s'est sentie obligée de porter la... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 4.0

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Sabryna Lavoie s'est sentie obligée de porter la combinaison et espère que la FINA reverra ses règles.

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Les organisateurs de la Traversée internationale du lac Saint-Jean ont participé au traditionnel Défilé du mérite, dimanche.

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La combinaison isothermique est vraiment là pour rester

La combinaison isothermique est sûrement là pour rester à la Traversée internationale du lac Saint-Jean, mais certains nageurs québécois désirent des améliorations de la part de la Fédération internationale de natation (FINA).

C'était la première année que le port du vêtement était obligatoire si la température de l'eau était sous 18 degrés Celsius. En haut de 20 degrés, il est interdit, et entre les deux, le choix revient aux nageurs. Les Québécois sont plus habitués à l'eau froide, tandis que des athlètes internationaux ont été attirés par la compétition justement grâce à la permission pour la combinaison. Un effet d'entraînement s'est produit chez les nageurs au départ de Péribonka samedi matin, puisque les avantages lors de la course sont importants.

L'expérience n'est pas toute rose cependant. Même chez le grand gagnant Guillermo Bertola, on pouvait remarquer du sang sur son cou après la course tant la combinaison abîme la chair sur une longue distance. « Les compagnies pourraient améliorer les wetsuits pour ce type de compétition. Pour le 10 km deux jours avant, ça s'est bien passé, mais 32 km, c'est tout autre chose », suggère la présidente de la Traversée, Kim Privé.

La nageuse de Saint-Bruno Sabryna Lavoie propose des combinaisons aux manches plus courtes, elle qui a souffert énormément des poignets au point de ne plus avoir de sensations dans les mains. La Jeannoise s'est sentie obligée de porter le vêtement de néoprène et pense que sa performance à sa cinquième Traversée aurait été meilleure sans. « J'espère que la FINA va prendre des notes », lance-t-elle.

Deuxième chez les hommes et premier Québécois, Philippe Guertin de Saint-Hubert trouve que la combinaison favorise les nageurs moins rapides. « Ça flotte tellement, ça les aide. Je n'étais pas capable de semer les nageurs quand je tentais des percées, je n'ai pas l'habitude de ça », confie-t-il.

Le double champion de 2014 et 2015 Xavier Desharnais n'a pas réussi à remonter sur le podium. « J'ai eu mal aux bras dès le départ. Ça s'est passé très vite », indique le nageur de Sherbrooke.

La Traversée, qui est habituée de traiter de l'épuisement extrême ou de l'hypothermie chez les nageurs, devra aussi s'adapter au niveau médical. Ceux-ci étaient en forme à leur sortie du lac, mais plusieurs avaient d'importantes douleurs musculaires et des marques vives sur la peau en raison de la combinaison.




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