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165 km de course en 48h pour l'infatigable Jonathan Noël

Porte-couleurs du club Vo2 Trail, le Chicoutimien Jonathan... (Le Progrès, Michel Tremblay)

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Porte-couleurs du club Vo2 Trail, le Chicoutimien Jonathan Noël fait maintenant partie du club sélect des coureurs en sentiers à avoir relevé avec succès le défi de l'Ultra-Trail du Mont Albert.

Le Progrès, Michel Tremblay

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Le Chicoutimien Jonathan Noël vient d'ajouter un nouvel exploit à son palmarès déjà impressionnant de défis hors normes. L'athlète de 28 ans a en effet réussi à compléter les 165 kilomètres (100 miles) de parcours montagneux et techniques de la Grande Traversée de l'Ultra-Trail du Mont Albert, dans le Parc national de la Gaspésie, en fin de semaine dernière. En plus de faire partie du club sélect des 24 participants à franchir l'arrivée dans les 48 heures réglementaires, il a signé le 7e meilleur chrono de l'édition 2017, soit 36 h 04mn45 !

Malgré l'exploit, pour le principal intéressé, c'est d'avoir franchi l'arrivée qui constitue sa plus grande satisfaction.

« Pour moi, c'était un rêve de réaliser un 100 miles », indique celui qui a reçu sa boucle de ceinture certifiant qu'il avait réussi « La Grande Traversée 100 miles », sa plus longue distance en carrière pour une seule épreuve.

Pour se préparer à ce premier 165 kilomètres en carrière, il a pris part à l'Ultramarathon Leucan Saguenay-Lac-Saint-Jean au début juin, où il avait là aussi couru un total de 165 kilomètres sous les couleurs de l'équipe Vo2 Trail. Et le Saguenéen n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. La semaine prochaine, il prendra part au Québec Méga-Trail, un 50 km rapide, puis vers la fin août, il prendra part à la 2e édition du LK 50 qui se déroule entre Lac-Kénogami et le Mont-Lac-Vert d'Hébertville. L'an dernier, il avait bouclé le parcours en 4e position en 6 h 47mn42.

L'ultra-trail Mont-Blanc

Pour conclure son programme, le jeune homme sera du départ de l'Ultra-Trail Harricana en septembre, pour la Transcharlevoix, un sentier linéaire de 125 km qui comprend un dénivelé positif total de 4000 mètres. L'an dernier, il avait conclu au 20e rang sur un total de 86 participants, le 17e chez les hommes avec un temps de 17 h 13mn40.5.

Grâce à ses deux participations à l'Ultra-Trail Harricana et à celui du mont Albert, Jonathan Noël espère être en mesure d'amasser les 15 points nécessaires pour se qualifier pour l'épreuve du mythique Ultra-Trail du Mont Blanc, en France.

« Cette année, l'Ultra-Trail Harricana s'inscrit dans le circuit de la Coupe du monde. Cette fois-ci, je vise de le faire en bas de 17 heures, qui était mon temps de l'an dernier. Parce que dans ce type course, le défi est contre soi-même et non contre les autres », explique celui qui est sergent recruteur (Défense nationale) au Saguenay. « La course que je viens de faire donne six points pour pouvoir participer à l'Ultra-Trail du Mont Blanc à Chamonix. Pour y participer, il faut avoir amassé 15 points en trois courses sur une période de deux ans. » L'Ultra-Trail Harricana lui en a procuré cinq autres de sorte qu'il ne lui en manque que quatre pour obtenir son billet pour le défi du mont Blanc, une mission qui devrait être accomplie à Charlevoix en septembre.

Après avoir relevé le défi gaspésien, qui attire même des coureurs des États-Unis, Jonathan Noël constate qu'il serait en mesure de participer à des championnats du monde.

« Je suis super content de ma 7e position, car c'était dans mes objectifs, assure-t-il. Je visais un top-15, mais un top-10 c'est encore mieux. Ç'a été au-delà de mes attentes. Dans ce genre de course, quand les coureurs sont bien préparés, tout peut arriver ! »

De plus, ce parcours s'inscrit parmi les plus difficiles. « Il y a de grosses montées et dans les descentes, habituellement, on peut se mettre à courir à notre rythme, mais en raison de certaines portions plus techniques du parcours (roches, neige, brouillard, etc.), il fallait ralentir pour ne pas se blesser. »

Tout est dans la préparation

Une préparation adéquate reste la clé du secret pour réussir une course hors normes comme l'Ultra-Trail du Mont Albert.

C'est ce que retient Jonathan Noël de sa toute première expérience sur une telle distance en carrière. Avec du recul, il estime qu'il était prêt pour ce challenge. « J'étais prêt parce que je n'ai eu aucune douleur musculaire ou articulaire. C'est vraiment bon signe pour la course d'endurance. Mais au niveau de la gestion de course, ça n'a peut-être pas été ma meilleure parce qu'il s'agissait de mon tout premier 100 miles et c'est sûr que ça ne pouvait être parfait. »

Malgré sa formation de kinésiologue, le jeune homme a quand même été éprouvé. « Il a fait vraiment chaud en début de journée quand on a commencé à courir. Il y avait une grosse montée et j'étais un peu déshydraté quand je suis arrivé au premier ravitaillement (15 km). Au 29e km (2e ravito), j'ai dû prendre un temps de repos pour me remettre avant de poursuivre. J'ai repris du mieux et ma fin de course a été très efficace. J'ai rattrapé près de 10 coureurs dans les 65 derniers kilomètres » relate l'athlète de 28 ans qui a été surpris de son énergie en fin de parcours.

« Ce que je retiens, c'est que sur une course de plusieurs dizaines d'heures. Il ne faut pas essayer d'aller trop vite au début et il faut surveiller son rythme parce qu'on veut toujours aller se mettre dans le rouge. Mais ce n'est pas un marathon de trois heures. Si t'es dans le rouge pendant une heure, ça hypothèque le reste de ta course. Pour ma part, je me suis surpris, car je m'attendais à ressentir plus de fatigue musculaire et à me sentir plus désemparé à la fin. Mais j'ai couru les derniers 10 km en une cinquantaine de minutes et je me suis surpris à avoir autant d'énergie », a indiqué celui qui a eu le coup de foudre pour la course en sentiers en 2006. Il amorce sa troisième année en matière d'ultra-trails de 100 km et plus.

Pour se préparer à ces longs challenges, il a déjà quelque 1900 kilomètres et 50 000 mètres de dénivelé positif à son compteur jusqu'à maintenant. Et durant la saison froide, il court de 8 à 15 fois semaine dans les sentiers du parc Rivière-du-Moulin, à raison d'une dizaine de kilomètres chaque fois.

Enfin, une autre des clés du succès pour compléter un ultra-trail de 165 km, c'est la présence d'un « pacer ». Dans son cas, il a pu compter sur le soutien psychologique et moral du Jonquiérois Olivier-Samuel Doré, qui l'a accompagné pour les 65 derniers kilomètres.

Outre les 24 coureurs qui ont terminé le challenge dans le temps alloué, un 25e participant a complété la distance, mais en 52 heures. Outre Noël, un seul autre coureur de la région a pris le départ, soit le Chicoutimien Sylvain Lavoie (UltraViolet-Chewpod) gagnant du LK 50 de Lac-Kénogami en 2016. Ce dernier s'est malheureusement blessé et n'a pas été en mesure de terminer l'épreuve.




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