Marcel Maltais, quarante ans de hockey

Le Tournoi provincial de hockey junior Mario Tremblay... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le Tournoi provincial de hockey junior Mario Tremblay se déroule depuis jeudi. Pour Marcel Maltais et pour d'autres membres du conseil d'administration, l'événement est devenu une affaire de famille. Il pose en compagnie de ses petits-enfants, Marc-André Maltais et Élisabeth Maltais, qui font aussi partie des dirigeants.

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

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Serge Émond
Le Quotidien

Des histoires et des anecdotes sur le hockey au Saguenay-Lac-Saint, bien peu de gens peuvent en raconter autant que Marcel Maltais. Doté d'une mémoire extraordinaire, il pourrait tenir un auditoire pendant des heures sans aucune difficulté. De la construction de l'aréna de Saint-Bruno à l'arrivée de Dave Morissette avec les Cascades du Saguenay-Lac-Saint-Jean, son sac à souvenirs est aussi gros et impressionnant que ses mains légendaires.

La présente saison marque le 40e anniversaire du début de son association avec le circuit régional midget. Quarante ans dans la même ligue! Au fil des années, elle a connu quelques transformations, mais elle existe toujours et Marcel Maltais la préside pour une 33e campagne après avoir occupé un poste de gouverneur durant sept ans.

Il a accepté, il y a quelques jours, d'ouvrir son sac de souvenirs pendant quelques minutes. Juste pendant quelques minutes. S'il s'était étendu sur des heures, il aurait fallu une édition spéciale pour tout raconter.

Marcel Maltais a fait ses débuts au hockey midget en devenant président d'une équipe qui avait pignon sur rue à Saint-Bruno. Elle a fait partie de la Ligue du Lac-Saint-Jean pendant deux ans, avant de se tourner vers le circuit Sag-Lac et, surtout, de quitter la patinoire extérieure où elle disputait ses matchs locaux. Membre du comité des loisirs, Marcel Maltais a joué un rôle majeur dans la construction de l'aréna.

«À cette époque, peu de municipalités de 2000 âmes avaient un aréna, souligne-t-il. Pour la construire, nous avons organisé une campagne de souscriptions volontaires. Nous avons formé un comité, mais il y avait beaucoup d'opposition. Les quatre plus grands opposants, je les ai amenés dans mon comité! Finalement, nous avons réussi à accorder tout le monde.

«Nous avons amassé 185 000$ grâce à la campagne et l'aréna a été construit au coût de 265 000$. La municipalité a fourni 20 000$, le loisir avait un peu d'argent dans ses coffres pour cela et le gouvernement avait donné un peu d'argent pour payer les bandes. Au début, l'aréna avait une glace naturelle. La glace artificielle a suivi environ huit ans plus tard.»

Gouverneur

Le dossier de l'aréna étant réglé, Marcel Maltais est resté à la tête de l'équipe de Saint-Bruno jusqu'au moment où son garçon a pu en faire partie. Il s'est alors tourné vers un poste de gouverneur au sein d'une ligue qui comptait à sa tête des gens comme Lionel Pagé et Rock Larue.

«J'ai été longtemps avec eux, poursuit-il. J'ai toujours dit à Lionel Pagé que je ne serais pas président tant et aussi longtemps qu'il occuperait ce poste. Lorsqu'il a quitté, je l'ai remplacé.»

Trente-trois ans plus tard, il est toujours en poste. Mais la ligue a bien changé. Elle a notamment ajouté un volet junior et a même touché au senior pendant quelques saisons.

«Le junior avait sa propre ligue, mais elle a connu des problèmes et cessé ses opérations pendant un an, précise Marcel Maltais. Quand j'ai vu ça, j'ai tout de suite commencé des démarches pour fusionner les ligues midget et junior. Bien des membres de notre conseil d'administration n'étaient pas d'accord. Claude Lafontaine, d'Arvida, était le seul à y croire.»

Marcel Maltais se souvient aussi de l'expérience tentée pendant quelques années avec le hockey senior. Encore aujourd'hui, il reste convaincu que le senior régional a couru à sa propre perte quand des équipes ont commencé à payer des joueurs.

Le Tournoi de hockey junior Mario Tremblay, qui fête ses 22 ans, fait également partie des réalisations du long règne de Marcel Maltais. Créé pour devenir une source de financement pour le circuit régional, il a toujours conservé ce mandat.

S'occuper et s'amuser

Pour Marcel Maltais, le hockey est une façon de s'occuper et de s'amuser. En 40 ans, il en a vu de toutes les couleurs. Il raconte avoir rencontré un ingénieur, lors du déluge de 1996, qui se souvenait de l'avoir vu mettre les pieds sur la patinoire à La Baie pour sortir les joueurs pendant un match particulièrement tumultueux.

Marcel Maltais n'a évidemment pas toujours fait l'unanimité autour de lui. Et c'est certainement encore le cas aujourd'hui. Il ne s'en offusque pas particulièrement.

«Il y aura toujours des gens qui ne sont pas d'accord, avance-t-il. Je me suis toujours entouré de gens fiables. Tout le monde pense toujours qu'on prend pour l'autre équipe. Il faut être objectif dans notre façon de travailler. Oui, on a eu de la misère certaines fois. On ne peut pas contenter tout le monde, mais la majorité l'emporte et il faut essayer de se coller au gros bon sens.»

Et la retraite du hockey? Marcel Maltais n'y pense pas vraiment.

«Tant que je vais m'amuser... Je ne déteste pas ça. Je suis bien entouré et tout le monde semble s'amuser. Pour le moment, je pense que ça va bien.»

À l'origine des Élites

Quand on lui demande si un souvenir occupe une place plus importante que les autres dans son coeur, Marcel Maltais s'arrête à la naissance de l'équipe midget AAA de Jonquière.

«Je suis allé chercher la franchise et elle m'appartient toujours, précise-t-il. J'ai payé le coût de la franchise. J'ai fait le chèque parce que le bureau de direction ne voulait pas prendre l'argent de la ligue.»

Il raconte que le circuit midget AAA ne comptait que huit équipes à l'époque et qu'il formait un cercle très fermé. Obtenir l'équipe n'a pas été une partie de plaisir. À la conclusion d'une première demande officielle, sept des huit organisations ont voté contre l'arrivée d'une nouvelle formation à Jonquière.Loin de se décourager, - «nous avions quand même un vote de plus en notre faveur qu'au début de cette première réunion», dira-t-il -, Marcel Maltais a poursuivi ses démarches jusqu'à finalement obtenir satisfaction. Il est même allé jusqu'à calculer le nombre de kilomètres entre Montréal et Jonquière où la route n'avait que deux voies, une de chaque côté. «58,2 kilomètres exactement. C'est surprenant, non? J'avais tout écrit dans le dossier», lance celui qui a présidé les Cascades du Saguenay-Lac-Saint-Jean pendant quelques saisons.

«Le premier club midget AAA qui est venu jouer un match à Jonquière a été celui de Laval. C'était au début de septembre et il faisait 32 degrés. Trois femmes de Laval sont venues s'excuser. Convaincues qu'il ferait froid, elles avaient mis des chandails de laine avec un col roulé...»

À Alma

Marcel Malais note qu'au début du projet midget AAA, son intention était de placer l'équipe à Alma.

«C'était sa place en raison du Pavillon Wilbrod-Dufour, précise Marcel Maltais. Il y avait du collégial à Alma dans le temps et la ville n'a pas voulu nous faire de place. C'était Alma ou Jonquière.»

Dave Morissette

L'équipe midget est au centre d'un autre bon souvenir de Marcel Maltais. Il se souvient d'un jour où il s'est rendu à Baie-Comeau pour rencontrer un hockeyeur qui hésitait à se présenter à Jonquière. Les Cascades se faisaient brasser passablement et le jeune homme pouvait contribuer à améliorer la situation. Il a finalement accepté l'offre.

«J'étais toujours assis derrière le banc de Jonquière, raconte Marcel Maltais. À sa première présence, il a donné tout un coup d'épaule légal à un adversaire qui en a perdu son bâton, son casque et un gant. Il est revenu au banc, s'est tourné vers moi et a dit: M. Maltais, ce ne sera pas le dernier.»

Aujourd'hui, Marcel Maltais doit sans doute sourire quand il pense à cette anecdote en regardant Dave Morissette à la télévision...

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