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Lac Saint-Jean: Rio Tinto critiqué pour sa gestion des petits poissons

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Selon les spécialistes de la Direction de la gestion de la faune du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les interventions massives sur les plages semblent poser problème pour les menés.

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Les fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont posé un jugement très sévère sur les études de suivi faunique menées par Rio Tinto Alcan au cours des 30 dernières années et réclament des études additionnelles mieux structurées pour le Programme de stabilisation des berges 2017-2026 alors que l'entreprise confirme mettre fin à certaines de ces études.

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Les biologistes soulignent que les travaux de stabilisation des berges «sont localisés dans les sites de quatre poissons-fourrages importants du lac Saint-Jean, soit le mené émeraude, le mené à tache noire, l'omisco et le fouille-roche zébré.»

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C'est du moins ce qui se dégage des correspondances échangées entre les spécialistes de la Direction de la gestion de la faune du Saguenay-Lac-Saint-Jean et Rio Tinto dans le cadre de l'étude d'impact réalisée par la multinationale pour l'obtention d'un nouveau décret de gestion du lac Saint-Jean. Les échanges, publiés et rendus publics en même temps que les études d'impact par le Bureau des audiences publiques sur l'environnement, illustrent bien le fossé qui sépare le promoteur et le ministère dans ce dossier.

Il ressort de ces correspondances que l'initiateur de la demande de décret tel que mentionné dans les documents et le ministère ne s'entendent pas sur l'importance de mener des études plus «robustes» sur la dynamique des espèces de poisson-fourrage. Il en est de même pour les différentes familles de menés qui vivent à proximité des plages. Dans un cas, ce sont les modifications régulières du niveau d'eau à des périodes cruciales pour l'espèce qui soulèvent les questions des biologistes alors que dans le cas des menés, ce sont les interventions massives sur les plages qui semblent poser problème.

«Trente ans après le début officiel du Programme de stabilisation des berges, on ne connaît toujours pas les impacts positifs ou négatifs des travaux de stabilisation (épis, perrés, brise-lame, rechargement, etc.), ni même ceux de la gestion du niveau de l'eau (rendement de la crue, diminution de l'amplitude de la crue, mortalité entraînée par la décrue), sur les poissons-fourrages et le benthos de la zone littorale du lac Saint-Jean», écrivent les biologistes dans un commentaire formulé à l'endroit de cette problématique particulière.

Les biologistes ajoutent à ce constat que les différents travaux de stabilisation des berges «sont localisés dans les sites de quatre poissons-fourrages importants du lac Saint-Jean, soit le mené émeraude, le mené à tache noire, l'omisco et le fouille-roche zébré.»

Le consultant de Rio Tinto, la firme WSP, répond tout simplement à ce constat des biologistes du gouvernement qu'il prenait «bonne note du commentaire». La même réponse sera fournie aux fonctionnaires pour un autre élément majeur qui concerne l'impact des travaux sur le benthos, la substance composée d'une multitude d'organismes qui est à la base de l'alimentation de plusieurs poissons-fourrages qui soulève aussi des commentaires acerbes de la part des biologistes de la direction régionale.

Des études recommandées n'ont pas été faites

Rio Tinto n'a pas toujours cru nécessaire de suivre les recommandations des spécialistes sur certains éléments de suivi des impacts sur la faune du lac Saint-Jean et la multinationale se fait remettre sur le nez ses omissions jugées importantes par les biologistes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Ces derniers citent une étude du biologiste Marc Valentine sur la présence de benthos publiée en 1989. Le spécialiste concluait que les concentrations de benthos «étaient significativement plus faibles aux endroits où des travaux de stabilisation furent exécutés». L'auteur de l'étude avait recommandé à Rio Tinto d'effectuer un suivi de cette situation et les fonctionnaires constatent aujourd'hui que Rio Tinto Alcan n'a pas cru bon de suivre cette recommandation.

«Considérant que les travaux (rechargement de plage), risquent d'avoir un impact pendant au moins trois ans, et qu'aucune étude complète n'a été menée sur ce sujet par la suite, le MFFP juge non acceptable de la part de l'initiateur qu'il ne considère pas une étude sur le benthos. L'argument sur l'impossibilité d'avoir des stations témoins ne justifie pas de continuer à artificialiser les berges et le littoral sans en connaître les impacts», insistent les biologistes du gouvernement.

Plusieurs autres éléments ont été évoqués par les biologistes du ministère qui questionnent l'utilité des études réalisées au cours des 30 dernières années. De plus, ils jugent que l'entreprise doit reprendre en bonne partie de nouvelles études plus rigoureuses pour avoir une véritable idée de l'impact cumulatif des différents travaux sur les différentes composantes fauniques.

À la CLAP

Rio Tinto propose de son côté de confier propose de confier à un tiers, la CLAP Lac-Saint-Jean, la responsabilité de réaliser les suivis scientifiques des travaux. Une proposition qui risque de soulever une certaine indignation puisque cet organisme n'a aucune responsabilité dans la réalisation des travaux de stabilisation.

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