Le requin de Diane avait 234 ans

On se souviendra de ce requin du Groenland,... (Archives Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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On se souviendra de ce requin du Groenland, capturé par Diane Guillemette, dans les eaux de Sainte-Rose-du-Nord, en 2006. Il avait été capturé accidentellement, la pêche du requin du Groenland étant interdite. La carcasse du spécimen de 506 livres, mesurant neuf pieds et sept pouces, avait été dédiée à la recherche scientifique. Si l'on se fie aux données de l'étude publiée dans le magazine Science, au début du mois d'août, ce requin était âgé d'environ 234 ans.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE / Le magazine Science a publié une étude au début du mois d'août suggérant que le requin du Groenland (Somniosus microcephalus), la fameuse espèce de requin des profondeurs qu'on capture dans le Saguenay tous les dix ans, peut vivre jusqu'à près de 400 ans.

Les chercheurs indiquent que cette espèce de requin mesure 40 cm à sa naissance et ne croît que d'un centimètre par année. Il atteint la maturité sexuelle à 150 ans. Ce sont donc les vertébrés ayant l'espérance de vie la plus importante. Il n'est battu que par celle d'un coquillage, la praire d'Islande (507 ans). La durée de vie moyenne des requins du Groenland est d'environ 272 ans, selon les auteurs de l'étude.

Comme le requin du Groenland n'a pas d'otolithe (une particule minérale, un os, qui se situe dans le système de l'oreille interne et qui permet de mesurer l'âge des vertébrés, comme les anneaux de croissance d'un arbre) les scientifiques ont analysé la lentille de l'oeil qui grandit au fur et à mesure que l'animal prend de l'âge. Ils ont daté au carbone 14 les lentilles oculaires de 28 femelles pêchées par accident.

Requin du Saguenay

Ce requin est donc le vertébré connu à ce jour vivant le plus longtemps au monde. Si on se fie aux données de cette étude, le requin du Groenland pêché par Diane Guillemette, le 28 janvier 2006, dans le secteur de Sainte-Rose-du-Nord était âgé d'environ 234 ans. Le requin mesurait 274 cm (9 pieds). Considérant que l'animal mesure 40 cm à la naissance et que sa croissance est d'un centimètre par année, il avait donc grandi de 234 cm depuis sa naissance. Rappelons qu'il pesait 230 kg (506 livres) et se trouvait à 680 pieds au fond du Saguenay.

Dernièrement, l'étudiante à la maîtrise en océanographie, Mélany Belzile a publié dans la revue Journal of Geophysical Research: Oceans le résultat de ses recherches sur la circulation profonde du fjord du Saguenay.

C'est la présence d'oxygène dissout dans les profondeurs du Saguenay qui a motivé la réalisation de cette étude. Il permet à des poissons de fonds comme le sébaste, la morue et le flétan du Groenland d'y vivre aisément.

«La question de la provenance de cet oxygène est pertinente, car le Saguenay, comme beaucoup d'autres fjords, possède une barrière physique, un seuil peu profond à Tadoussac, qui réduit les échanges avec les eaux du Saint-Laurent. Dans plusieurs autres fjords du monde entier, ce type de barrière est synonyme d'un manque d'oxygène à l'intérieur des fjords, mais pas dans le Saguenay», fait valoir Mélany Belzile.

Il faudrait maintenant voir si le changement en densité à l'embouchure du fjord qui permet au Saguenay de recevoir de nouveaux approvisionnements en eau (que l'on appelle aussi renouvellements, à différentes profondeurs dépendant de la saison) est une des raisons permettant au requin du Groenland de migrer dans le Saguenay en passant par la barrière de Tadoussac de 50 m de profondeur alors que le plus vieux des vertébrés vit à de grandes profondeurs.

En bout de ligne

• La Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA) s'inquiète des impacts sur le saumon atlantique et ses rivières que le projet de loi 106 pourrait engendrer. «Il est primordial que ce projet de loi soit révisé et précisé pour s'assurer de la pérennité des populations et la qualité des habitats des saumons» indique la FQSA. «Plusieurs rivières à saumon, dont celles d'Anticosti sont situées sur des secteurs où des permis d'exploration pétrolière et gazière sont déjà en vigueur au Québec. Cette loi sur les hydrocarbures ne nous permet pas d'être rassurés, car les normes visant à régir plusieurs aspects fondamentaux pour la survie des populations de saumon atlantique demeurent floues, notamment sur la définition des meilleures pratiques, la gestion des eaux usées, les mesures de protection et les puisements d'eau pour des fins d'exploration, de production ou de stockage des hydrocarbures. Il est primordial que des dispositions précises concernant le transport et la distribution des hydrocarbures soient ajoutées à cette loi», indique Jean Boudreault, président de la FQSA.

• La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) dénonce le fait que les réserves fauniques du Québec ne profitent pas d'un statut de protection adéquat et peuvent être ciblées librement par les compagnies pétrolières pour de l'exploitation. La FédéCP déplore la situation et demande de nouveau au gouvernement d'octroyer aux réserves fauniques un statut particulier de conservation. Un statut de protection de catégorie VI, selon les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature, permettrait d'augmenter la protection des habitats fauniques terrestres et aquatiques, d'y améliorer la conservation de la biodiversité et d'y faire progresser l'harmonisation des usages. Les réserves fauniques représentent 67 000 km2 de territoires publics. Elles ont un rôle important à jouer en matière d'économie, de conservation de la nature et de mise en valeur de la faune dans la province, particulièrement parce qu'elles sont des territoires patrimoniaux où les activités de chasse, de pêche et de villégiature se pratiquent dans un contexte privilégié. Pour les utilisateurs de ces réserves, dont les chasseurs et les pêcheurs, il apparaît important de revoir la gestion de leurs ressources et de les doter d'un statut particulier établissant sur ces territoires la gestion écosystémique et la gestion intégrée des ressources, fait valoir la FédéCP.

• Sépaq Anticosti offre aux chasseurs la chance de participer à une chasse expérimentale à l'intérieur d'immenses exclos (surfaces isolées, entourées de clôtures) dans le cadre d'une étude permettant d'évaluer les effets du broutage du cerf sur la forêt anticostienne. Le nombre de places est limité et cette chasse aura lieu du 11 septembre au 31 octobre. Les secteurs de chasse permettent entre autres de pratiquer les techniques de chasse en battue. Les sportifs doivent former un groupe de quatre à cinq chasseurs et le prix par personne est fixé à 1410$, pour un départ en avion de Mont-Joli. Il sera possible de réserver un départ de Montréal ou de Québec moyennant un supplément de 175$ par personne. Le forfait comprend: le transport aérien, le transport sur l'île, cinq jours sur l'île, dont quatre jours complets de chasse, un quad (VTT) par groupe de chasseurs, l'hébergement en camp rustique équipé de chauffage, d'éclairage et d'un poêle au propane, du nécessaire pour la cuisine et des toilettes sèches (il n'y a pas de réfrigérateur), un permis de chasse scientifique permettant la récolte de trois cerfs sans bois ou d'un mâle et deux femelles. On réserve à Sépaq Anticosti au 1 800 463-0863.

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