Grande corvée à la montagne

Selon le coordonnateur de la Fédération québécoise de... (Photo Jean-Luc Vanacker)

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Selon le coordonnateur de la Fédération québécoise de la montagne et de l'escalade, Alexis Beaudet-Roy, ce genre de fissure, complètement verticale, est difficile à trouver.

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Le site d'escalade du Cap-à-l'Aigle, dans le secteur du lac Kénogami, prend tranquillement forme. Toute la fin de semaine, une quinzaine de bénévoles participent à la corvée d'aménagement de la montagne au grand potentiel.

«La fissure est parfaitement verticale. C'est très rare à trouver», fait remarquer le coordonnateur de la Fédération québécoise de la montagne et de l'escalade, Alexis Beaudet-Roy. L'organisme est mandataire pour les normes d'aménagement en plus de se charger de sécurité et du développement. Le responsable précise que le travail lors d'une corvée se résume à installer les ancrages, et purger la montagne, soit enlever les roches instables et brosser pour donner plus d'adhérence. Le bas de la falaise sera également aménagé pour assurer un accès facile et sécuritaire. «C'est vraiment de s'assurer que ce soit agréable et conforme pour grimper», pointe Alexis Beaudet-Roy, mentionnant que sur chaque falaise, de 50 à 100 lignes peuvent prendre place, selon l'imagination des personnes en charge. «Il y a une soixantaine de parois au Québec et elles ont toutes passé par là, explique-t-il, soulignant qu'une partie des montants récoltés avec la vente de cartes de membres vont aux aménagements, ce qui permet de fournir gratuitement les ancrages en acier inoxydable.

«Les gens vont déjà se donner la peine d'aller en paroi et d'investir beaucoup de temps pour développer, fait-il valoir. Au moins si on peut les aider et leur fournir des ancrages de haute qualité, ils ne seront pas tentés d'en acheter meilleur marché qui vont moins durer dans le temps». 

«On appuie nos bénévoles, mais c'est incroyable comment la communauté participe», reprend-il, précisant que l'organisation fournit également des assurances de responsabilité civile aux propriétaires privés des sites, afin d'éviter les problèmes en cas de blessure.

Déjà populaire

Le site du Cap-à-l'Aigle est déjà bien connu des adeptes d'escalade. Il est l'un des cinq endroits de la région répertoriés sur le site de la FQME et géré par le Club de montagne Saguenay. Une première corvée d'aménagement a eu lieu il y a quelques années et attire son lot d'adeptes depuis, mais selon Alexis Beaudet-Roy, d'autres ont grimpé à cet endroit bien avant.

«C'est ce qui est spécial de l'escalade au Québec. Il y a eu une grosse vague dans les années 60-70. Il y a eu d'autres vagues par la suite et c'est plus tombé dans l'ombre. Des fois, on arrive à deux heures de marche devant une belle falaise, dans un terrain d'aventure qu'on appelle et on va tomber sur de vieux ancrages des années 50», raconte-t-il.

Le site du Cap-à-l'Aigle est situé sur la rive sud du lac Kénogami. Il est accessible par bateau ou encore entièrement à la marche, dans un sentier qui aboutit au refuge Scierie Lachance.

Pour les plus téméraires

Pour les plus téméraires, il est possible d'apprendre la façon d'aménager correctement une montagne, avec les bonnes techniques. Il semble que le jeu en vaut la chandelle.

Alexis Beaudet-Roy annonce que la Fédération québécoise de la montagne et de l'escalade offre la formation, ce qui demande un certain niveau. «La plupart des gens qui développent des falaises ont au moins cinq ans d'expérience et même 10-15 ans. Avant de commencer à vouloir ouvrir des voies, c'est bon d'aller chercher un peu d'expérience et d'en grimper beaucoup avant d'arriver au stade que tu as envie de passer ta journée pendu sur une corde à frotter, gratter et percer», souligne le responsable dans un premier temps.

«Une fois qu'ils goûtent à ça, ils deviennent accros, annonce-t-il avec enthousiasme. Regarder une ligne d'escalade, l'imaginer dans sa tête, après l'essayer en moulinette, après la développer, choisir l'emplacement des ancrages et le plus excitant, c'est de faire la première ascension. Tout le procédé est très intéressant. C'est assez artistique également. À la fin, c'est un don que tu fais à la communauté et après des gens vont aller monter ta voie, peut-être des millions de fois!» Alexis Beaudet-Roy indique que la discipline est en croissance au Québec. L'ajout de l'escalade au programme des Jeux olympiques de 2020 va contribuer à cet essor à son avis. «Ça va nous aider au niveau financier, je pense, pour des subventions. On a la même depuis 10-15 ans. On n'est pas riches comme fédération, mais on fait ce qu'on peut», de convier Alexis Beaudet-Roy, précisant que la base régionale est très forte, notamment en raison d'une forte représentation des membres du baccalauréat en plein air à l'UQAC.

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