Cabral, un Olympien aux racines de Bleuets

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Le spécialiste du 110m haies, Johnathan Cabral, a des racines régionales, lui dont la mère, Ghislaine Côté-Cabral, a grandi à Péribonka. D'ailleurs, jusqu'à l'âge de 8 ans, l'athlète américano-canadien qui représentera le Canada aux Jeux de Rio venait passer annuellement quelques semaines à Péribonka durant l'ét

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Il y aura un coureur avec un peu de ventre bleu à l'épreuve du 110 mètres haies des Jeux olympiques de Rio. En effet, le jeune Johnathan Cabral, spécialiste de l'épreuve, est le fils de Ghislaine Côté, native de Péribonka. Détenteur de la double nationalité, le fils de la Jeannoise a choisi, il y a deux ans, de courir officiellement pour le Canada en vue des Jeux de 2016. À la mi-juillet, l'athlète américano-canadien de 23 ans a été officiellement confirmé au sein de la délégation canadienne d'athlétisme à Rio.

En entrevue téléphonique, sa mère raconte le parcours de fiston qui a été initié à la course par son père, John Cabral, qui a été son entraîneur à partir de l'âge de 8 ans. «Johnathan a commencé à courir vers l'âge de six ans. Il a toujours été un peu petit et maigre. C'était pour le mettre en forme. Puis, il a commencé à faire la course à obstacles, et même s'il était très petit, il était rapide! Mon ancien mari l'a poussé et poussé. Puis, il s'est vraiment développé au secondaire», relate la fière maman, dont le fils a fort bien grandi, lui qui fait maintenant 6'2''.

Dans cette discipline, les blessures sont fréquentes et la carrière du jeune Cabral a failli être compromise. «Il y a deux ou trois ans, il s'est étiré les ligaments postérieurs du genou et ç'a vraiment été une période difficile. On ne savait pas s'il serait à nouveau capable de courir. Il a fait beaucoup de thérapie», rappelle sa mère qui, en tant que massothérapeute, a pu lui prodiguer des soins efficaces pour l'aider dans sa réhabilitation.

Sa mère souligne fièrement que Johnathan a couru sa première course professionnelle sous les couleurs du Canada aux Jeux Panam de Toronto l'an dernier.

«Actuellement, il est fier de courir pour le Canada. Il dit que c'est la meilleure décision qu'il a prise. Il adore l'équipe avec qui il voyage. Il commence à avoir beaucoup d'amis et il s'entend bien avec ses entraîneurs», assure Ghislaine Cabral, qui assistait aux entraînements de son fils en Oregon lors de notre appel. «Nous aussi sommes très fiers que Johnathan coure pour le Canada. Mes frères et soeurs vont le suivre à la télé le 15 août. Il prendra part aux qualifications pour les demi-finales qui seront courues le lendemain, tout comme les finales d'ailleurs. On espère qu'il va courir en finale!», lance la maman avec entrain. En raison des coûts importants que cela représente, Ghislaine Côté-Cabral devra se contenter de suivre les prestations de son fils de loin, mais elle se console en se disant qu'elle aura sans doute la chance de se reprendre lors de prochains Jeux olympiques.

«Johnathan est encore jeune. Pour un coureur de haies, 23 ans, c'est jeune. La plupart des athlètes ont 27-29 ans. Il n'est pas encore à son plein potentiel», a-t-elle conclu.

L'Américain Johnathan Cabral, qui représentera le Canada aux... (Photo courtoisie) - image 2.0

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L'Américain Johnathan Cabral, qui représentera le Canada aux Jeux de Rio, a le ventre bleu de par sa mère Ghislaine Côté-Cabral, native de Péribonka. La fière maman, qui a quitté son village natal en 1982 pour aller faire sa vie en Californie, pose ici en compagnie de ses deux enfants, Johnathan et Jontelle. 

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Une Jeannoise fonceuse et déterminée

Native de Péribonka, Ghislaine Côté-Cabral n'a pas oublié son coin de pays. Surtout qu'elle a encore des frères et des soeurs qui y résident toujours et qu'avec le temps qui passe, elle aimerait être plus près d'eux lors des moments importants.

Mère de Johnathan Cabral qui représentera le Canada à Rio au 110 m haies, Ghislaine Côté fait partie de ces femmes qui n'ont pas froid aux yeux. Si son fils retient d'elle, il a certainement hérité de sa détermination pour parvenir à concrétiser son rêve olympique.

En 1982, alors qu'elle allait avoir 19 ans, Ghislaine Côté et sa soeur Jacinthe décident de quitter le Québec et la rigueur de ses hivers pour le chaud soleil de la Californie. «Les deux soeurs sont parties à l'aventure! , rigole-t-elle en entrevue téléphonique. Notre mère n'était pas contente! On ne parlait pas du tout anglais et on ne connaissait personne, mais on avait un numéro de téléphone. Au début, on a commencé à travailler dans une usine et on ne faisait pas beaucoup d'argent. Puis, j'ai commencé à travailler dans des restaurants, etc. J'avais 23 ans quand j'ai rencontré mon mari, John Cabral», raconte-t-elle, en mentionnant que malheureusement, ses parents sont décédés avant la naissance de Johnathan.

«Quand mes parents sont décédés, mon ancien mari et moi avons acheté la maison familiale et on venait passer tous les étés à Péribonka, pendant deux ou trois semaines. On amenait Johnathan pêcher. Il avait 8 ans quand j'ai divorcé et on a cessé d'y aller», s'exprime-t-elle dans un excellent français, ajoutant que c'est maintenant son frère Jocelyn qui réside dans la maison familiale.

«Je viens au Québec, mais c'est plus souvent à Montréal ou à Windsor. Johnathan est venu à Montréal durant l'hiver pour une course et il a rencontré un peu plus les membres de ma famille. Pour ma part, je ne viens plus aussi souvent dans la région parce que c'est loin et que ça coûte cher. Je fais une belle vie ici, mais par contre, je m'ennuie beaucoup de ma famille. Par exemple, le plus vieux de mes frères, Gabriel, est décédé. C'est difficile dans ces moments-là parce que j'aimerais être plus proche de ma famille», confie celle qui travaille comme massothérapeute, un atout dans la carrière de son fils. En plus de son fils, la Jeannoise d'origine prodigue des soins à une clientèle composée d'athlètes et de personnes aux prises avec des douleurs chroniques.

Ghislaine Côté, aussi mère d'une fille, Jontelle, qui aura bientôt 20 ans, aura peut-être une raison de plus pour revenir au Canada plus souvent. «Il se peut que Johnathan déménage à Toronto après les Jeux. Il ne sait pas encore ce qu'il va faire.

En Oregon, il a bénéficié d'une bourse d'études complète de l'Université de l'Oregon pour faire partie de l'équipe d'athlétisme, ce qui a été une bénédiction. L'Université de l'Oregon est réputée comme ayant l'une des meilleures équipes d'athlétisme (au pays) et elle possède de belles installations. Pour Johnathan, jusqu'à maintenant c'était plus avantageux de s'entraîner en Oregon où il a la chance de s'entraîner avec les meilleurs.»

Sous la loupe de François Lafortune

Féru d'athlétisme et de Jeux olympiques, l'ancien journaliste François Lafortune a été intrigué par les origines de Johnathan Cabral qui faisait partie de la liste des athlètes qui prendront part aux Jeux de Rio publiée à la mi-juillet par Athlétisme Canada. Dans le descriptif du site Web officiel de l'équipe olympique canadienne (olympique.ca), on peut lire que sa ville d'attache est Péribonka, ce qui a éveillé la curiosité de l'Arvidien. Après avoir amorcé quelques démarches, M. Lafortune nous a suggéré de creuser cette information en mentionnant que la mère du jeune homme avait encore de la famille résidant toujours dans le secteur du Haut-du-Lac, selon ce qu'il avait pu glaner sur Facebook. C'est d'ailleurs grâce à ses frères que nous avons pu contacter Ghislaine Cabral et en savoir davantage sur le jeune athlète de 23 ans qui prendre le départ du 110 mètres haies.

À propos de l'athlète

Possédant la double citoyenneté, Johnathan Cabral a représenté les États-Unis aux Championnats du monde juniors de l'IAAF en 2010. À sa première année à l'Université de l'Oregon, en 2011-2012, il a été nommé recrue de l'année Pac-12 après une superbe saison au cours de laquelle il a remporté le Championnat Pac-12 et participé aux Championnats de la NCAA et aux essais olympiques américains. En 2012-2013, il a été nommé sur la première équipe All-American après avoir terminé 5e au 110 m haies aux Championnats de la NCAA.

Johnathan a établi une marque personnelle à 13,37 secondes au 110 m haies des Championnats canadiens tenus en Alberta où il a remporté la médaille d'argent.

Aux Jeux panaméricains de 2015 à Toronto, il s'est rendu jusqu'en finale. Plus tard, le même été, il a égalé son record personnel lors de la demi-finale de ses premiers Championnats du monde de l'IAAF. Il a abaissé ce temps à 13,35 secondes en avril 2016.

Au-delà de l'athlétisme, il est passionné de robotique et d'informatique et un adepte du plein air. Il détient une majeure en administration de l'Université de l'Oregon.

Palmarès international:

• Jeux panaméricains: 2015 - 8e (110 m haies)

• Championnats du monde IAAF: 2015 - 12e (110 m haies)

• Championnats du monde IAAF (juniors): 2010 - 4e de la DF (110 m haies)

* Source: Site web officiel de l'Équipe olympique canadienne/olympique.ca

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