Les riverains ne décolèrent pas

Claude Duchesne est le président de la corporation... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Claude Duchesne est le président de la corporation Riverains Lac-Saint-Jean 2000.

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le président de Riverains Lac-Saint-Jean 2000, Claude Duchesne, qualifie de «chantage» et «d'odieuse» la proposition de Rio Tinto qui oblige les détenteurs de baux et propriétaires de terrains en bordure du lac Saint-Jean d'accepter l'un des trois scénarios de gestion du niveau de l'eau, sans quoi ils risquent de se retrouver avec une facture additionnelle de 4500$ en plus des taxes municipales pour compenser la multinationale pour le programme de stabilisation des berges.

Claude Duchesne a rencontré le grand patron du programme de stabilisation, Jean Pedneault, pour en savoir plus long sur les positions de l'entreprise en lien avec le renouvellement du décret sur la gestion du lac Saint-Jean. «Comme par hasard, il n'a jamais été question de cette affaire pendant la consultation citoyenne. M. Pedneault nous répond que leur réflexion commence sur cet élément comme si une multinationale avec autant de consultants n'avait pas pensé à cette affaire avant.»

Claude Duchesne reprend rapidement en mentionnant que les audiences publiques qui auront lieu dans le cadre du renouvellement du décret sur la gestion du lac Saint-Jean ne seront pas un forum pour parler de vente de terrain ou de loyer additionnel. Les audiences vont servir, selon le président, à faire le point sur la gestion du lac Saint-Jean et surtout les droits accordés à la multinationale sur les niveaux de gestion. Cette perspective va à l'encontre des positions de Rio Tinto et de son responsable des berges, Jean Pedneault, qui écrivait dans Le Lingot que les audiences ne serviraient qu'à discuter du renouvellement d'un programme de stabilisation des berges.

«On ne croit pas qu'il n'avait pas pensé à ce qu'ils disent maintenant avant les consultations citoyennes. Leur argument est que le prix de l'aluminium est stable pour quelques années et qu'ils doivent décider de ce qu'ils vont faire avec la valeur des terrains en bordure du lac Saint-Jean qui est évaluée à 70 millions$, comme si ce sont uniquement eux qui ont permis que les propriétés prennent de la valeur au fil des ans. Ce n'est pas vrai qu'ils vont passer à la caisse alors que ce sont les riverains qui ont amélioré les terrains et les infrastructures d'accès», reprend Claude Duchesne.

Lors de la rencontre de mardi avec Jean Pedneault, les représentants des riverains ont tenté d'avoir une explication précise de la facture de 4500$ que la multinationale menace de refiler aux riverains si jamais ces derniers refusent les scénarios de gestion qui seront déposés officiellement au gouvernement du Québec lors des audiences publiques. Selon Claude Duchesne, les représentants de l'entreprise n'ont pas été en mesure de justifier ce montant ou de l'expliquer clairement avec des arguments solides. Ils considèrent tout simplement qu'ils accordent une subvention aux propriétaires et détenteurs de baux.

Les riverains contestent les chiffres de l'entreprise qui prétend que le programme de stabilisation a coûté 100 millions$ sur 30 ans. Claude Duchesne rappelle qu'en 2015, l'entreprise a vendu pour 25 millions$ d'électricité à Hydro-Québec, finançant ainsi au moins 25% du coût global du programme pour les 30 dernières années.

«On prend notre secteur à Saint-Henri-de-Taillon. La municipalité a décidé de prolonger le réseau d'aqueduc pour desservir des secteurs en bordure du lac Saint-Jean. Ce service va donner de la valeur aux propriétés. Ce sont les propriétaires qui vont payer ce service qui ajoute de la valeur. Rio Tinto ne payera pas un cent pour le service.»

Le président de l'organisme a clairement senti, lors de la rencontre avec Jean Pedneault, que la situation actuelle ne semble plus souhaitée par la multinationale. Il croit que le statu quo est impossible et que Rio Tinto va prendre des décisions concernant ses propriétés. Les riverains, de leur côté, n'entendent pas entrer dans le jeu de Rio Tinto pour se faire faire le même coup qu'en 1985 alors que le gouvernement du Québec avait adopté un décret sans véritable contrainte de gestion pour le niveau du lac Saint-Jean, reconduisant par le fait même les privilèges accordés à l'entreprise au début du siècle dernier.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer