Robert Cossette s'éteint

Robert Cossette et sa fille Christine Cossette, en... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Robert Cossette et sa fille Christine Cossette, en 2010.

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Véritable légende de la nage longue distance en eau libre, Robert Cossette s'est éteint durant la nuit de jeudi à vendredi, à l'âge de 86 ans, des suites d'un cancer du foie et du pancréas. Celui qu'on surnommait «le géant des eaux» avait perdu connaissance dimanche dernier, après que le médecin lui avait annoncé ce triste diagnostic.

Jeudi, le collègue retraité Pierre Bourdon, auteur de la biographie de Robert Cossette: Le géant des eaux, publiée en 2006, avait accepté de rendre hommage à ce Baieriverain d'origine reconnu pour sa détermination. «C'est un des nageurs de longue distance exceptionnels si l'on tient compte de son handicap, puisqu'il a eu la polio à sa naissance. Ce qu'il y a d'extraordinaire dans son cas, c'est qu'il n'a jamais été avare de bons conseils à une époque où ça ne se faisait pas beaucoup et c'est pourquoi il était apprécié de plusieurs nageurs.»

Pour Pierre Bourdon, qui l'a eu comme entraîneur en 1963 quand il a traversé le lac Saint-Jean, Robert Cossette «représente un gars fier qui a toujours encouragé les gens à réaliser leur rêve, comme lui l'a fait», résume-t-il. «Il n'avait aucune barrière malgré son handicap. La dernière fois que je lui ai parlé (en juin), il avait encore des projets de recommencer à nager. Il gardait toujours son courage et son dynamisme et il savait transmettre ça aux autres. Il rendait les autres meilleurs par ses encouragements et ses conseils. Il a marqué l'histoire régionale de la nage, au même titre que Jacques Amyot à Québec ou Régent Lacoursière à Montréal. Avoir réussi tout ce qu'il a fait avec le handicap qu'il avait, c'est tout de même extraordinaire.»

Aux membres de sa famille qui étaient à son chevet, la section sportive du Quotidien et du Progrès-Dimanche tient à exprimer ses sincères condoléances. Également, nos condoléances à tous les nageurs qu'il a côtoyés et au monde de la nage longue distance en eau libre.

En 2004, à l'occasion de la 50e édition... (Photo courtoisie) - image 2.0

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En 2004, à l'occasion de la 50e édition de la Traversée internationale du lac Saint-Jean, Robert Cossette, alors âgé de 74 ans, salue la foule après avoir traversé le lac Saint-Jean de Vauvert à Roberval. 

Photo courtoisie

L'organisation honorera la mémoire du nageur

Les dirigeants de la Traversée internationale du lac Saint-Jean ont appris avec tristesse le décès du nageur Robert Cossette durant la nuit de jeudi à vendredi. Le décès du nageur de 86 ans laissera un grand vide. L'organisation honorera sa mémoire le samedi 30 juillet, lors de la 62e Traversée à Péribonka.

«D'emblée, nous tenons à offrir nos sincères condoléances à sa conjointe Françoise, à sa fille Christine, ainsi qu'à tous les membres de sa famille. M. Cossette a marqué l'histoire de la nage en eau libre, et particulièrement celle de la Traversée. On se rappelle tous de la traversée commémorative qu'il a réalisée entre Vauvert et Roberval, en 2004, à l'occasion de la 50e édition de la Traversée. Il avait alors 74 ans. C'était magique! M. Cossette venait régulièrement nous visiter au bureau ou lors de la Semaine de la Traversée, lorsque sa santé le lui permettait. Son dernier passage chez nous remonte à l'automne 2014... Il va beaucoup nous manquer!», de dire la présidente de la Traversée, Ginette Fortin. Dans un communiqué émis vendredi, l'organisation rappelle que «Robert Cossette symbolise le courage, la ténacité, la persévérance, la détermination et la fierté. Terrassé durant sa tendre enfance par la poliomyélite qui a lourdement affecté ses jambes, il a su compenser en développant la puissance de ses bras et réaliser de remarquables exploits en natation» pendant ses 18 ans de carrière professionnelle.

Les messages de sympathie se multiplient

Sur Facebook, plusieurs nageurs et athlètes ont témoigné leur reconnaissance et leur admiration envers le «Géant des eaux», le regretté Robert Cossette. Parmi eux, il y a bien sûr Michel Dufour, qui s'est lié d'amitié avec le légendaire nageur il y a plus de trois décennies. «C'est plus qu'un entraîneur et un compagnon d'entraînement que je perds, c'est un ami très cher, a indiqué d'entrée de jeu ce féru de nage en eau libre qui, comme son mentor, a lui aussi eu la polio.

«On se voyait encore régulièrement, une fois par mois, et c'était un rendez-vous bien important pour moi. Je n'en garde que de bons souvenirs. C'est un athlète exceptionnel qui a su performer à la nage en eau libre, malgré le fait qu'il avait la polio. Mais aussi parce qu'à l'époque, il n'y avait presque pas d'équipements (piscines), alors il montait s'entraîner à Québec et dès qu'il le pouvait, il allait s'entraîner au lac Clairval le plus tôt possible, même s'il y avait encore de la neige sur le bord. Il mettait tout en oeuvre pour réaliser ses projets sportifs. C'est vraiment un athlète exceptionnel, un exemple de courage et de détermination qui a eu un impact incroyable dans la région auprès des nageurs.»

Les deux hommes se sont connus lorsque Michel Dufour nageait des sprints en piscine. «Robert venait chercher (sa fille) Christine à son entraînement et il m'avait dit ''Michel, tu nages bien. J'aimerais ça venir m'entraîner avec toi au Clairval.'' Car Robert, quand il voyait un nageur qui nageait bien, il l'approchait pour le convertir à la nage en eau libre.» Aujourd'hui, le Chicoutimien l'en remercie, car la nage en eau libre lui a permis de se fixer des objectifs qui l'ont incité à continuer. «Un nageur qui était sous la tutelle de Robert Cossette venait de grandir de plusieurs pieds parce que Robert était un bon motivateur. Il nous transmettait sa passion et il nous donnait un petit plus pour la détermination, qui nous aidait à réaliser nos projets», affirme M. Dufour qui ajoute que l'influence du regretté nageur Robert avait dépassé les frontières de la région. «Il a eu un impact important sur son sport. Il a dominé de façon incroyable, avec sa détermination et sa façon de s'entraîner, parce qu'il était novateur. Il allait chercher les meilleurs entraîneurs pour Christine qui était talentueuse et à qui il a transmis sa passion.»

Les deux hommes avaient développé «une complicité exceptionnelle». Michel Dufour a apprécié sa lucidité et sa vivacité d'esprit qu'il a affichées jusqu'à la fin. «Je lui demandais conseil quand c'était le temps de prendre des décisions sur le plan sportif, même professionnel. Ç'a été une personnalité qui m'a aidé à m'améliorer dans la vie. Je n'en garde que de bons souvenirs et il va nous manquer!», a-t-il conclu.

Auteur du guide L'aventure en eau libre, François Bernard Tremblay a pu lui aussi bénéficier des bons conseils du «Géant des eaux». «Il était de la première Traversée (du lac Saint-Jean)», a rappelé l'écrivain en référant au côté mythique de l'athlète. Ce passionné de nage en eau libre s'estime chanceux d'avoir pu le côtoyer à quelques reprises, quand il a écrit son guide dans lequel il relate la traversée aller-retour du lac Saint-Jean de Christine. Mais aussi quand, après avoir nagé avec Michel Dufour, ils se rendaient prendre un café chez M. Cossette et sa conjointe Françoise. «Il nous racontait plein d'histoires et des anecdotes (sur la nage en eau libre). Il avait des ''scrapbooks'' d'articles sur la natation.» Une précieuse référence qui lui aura permis, comme bien d'autres, de s'améliorer grâce à ses conseils et encouragements.

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