Robert Cossette mal en point

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Robert Cossette a réussi de nombreux exploits en nage longue distance.

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Tristes moments pour le monde de la nage longue distance en eau libre, alors que celui qu'on surnomme «Le géant des eaux», Robert Cossette, repose présentement aux soins intensifs de l'hôpital de Chicoutimi où on lui a diagnostiqué un cancer du foie et du pancréas.

Sa conjointe, Françoise Caron, a expliqué que son époux a été hospitalisé dimanche soir en raison d'une jaunisse. Toutefois, les examens ont révélé la présence de deux cancers. La nouvelle a été un véritable choc pour ce pilier de la nage en eau libre qui n'a d'ailleurs pas repris conscience depuis. En plus de sa famille qui est à son chevet, plusieurs nageurs qui l'ont côtoyé comme athlète ou comme entraîneur lui ont rendu visite dans l'espoir que le combatif athlète de 86 ans se réveille.

Joint jeudi, le collègue retraité Pierre Bourdon, qui a écrit la biographie de Robert Cossette «Le géant des eaux» (publiée en 2006), a accepté de rappeler les grands moments de la carrière de ce Baieriverain d'origine reconnu pour sa détermination. «C'est un des nageurs de longue distance exceptionnels si l'on tient compte de son handicap, puisqu'il a eu la polio à sa naissance. Ce qu'il y a d'extraordinaire dans son cas, c'est qu'il n'a jamais été avare de bons conseils à une époque où ça ne se faisait pas beaucoup et c'est pourquoi il était apprécié de plusieurs nageurs.»

Pour Pierre Bourdon, qu'il l'a eu comme entraîneur en 1963 quand il a traversé le lac Saint-Jean, Robert Cossette «représente un gars fier qui a toujours encouragé les gens à réaliser leur rêve, comme lui l'a fait», résume-t-il. «Il n'avait aucune barrière malgré son handicap. La dernière fois que je lui ai parlé (en juin), il avait encore des projets de recommencer à nager. Il gardait toujours son courage et son dynamisme et il savait transmettre ça aux autres. Il rendait les autres meilleurs par ses encouragements et ses conseils. Il a marqué l'histoire régionale de la nage, au même titre que Jacques Amyot à Québec ou Régent Lacoursière à Montréal. Avoir réussi tout ce qu'il a fait avec le handicap qu'il avait, c'est tout de même extraordinaire», insiste l'ancien chef de nouvelles du Quotidien et féru de natation.

Exploits et reconnaissances

Parmi les nombreux exploits au palmarès de Robert Cossette, M. Bourdon rappelle notamment la Traversée de la Manche le 17 août 1964 en 12 heures 5 minutes, un record canadien à l'époque. Il était aussi le seul nageur victime de la polio à avoir réussi l'exploit à ce moment-là. En dix tentatives de traverser le lac Saint-Jean, il a réussi à cinq reprises. «À sa première tentative en 1955, il a abandonné après avoir été porté disparu pendant plusieurs heures», raconte en riant Pierre Bourdon.

Le déterminé nageur s'est repris l'année suivante en réussissant l'exploit le 1er juillet 1956, en 12 heures, puis en 1959, où il a terminé 5e en 13 heures 52 minutes, dans le cadre de la compétition robervaloise. En 2004, à l'âge de 74 ans, il a lancé les activités de la 50e Traversée internationale en ralliant Vauvert à Roberval en solo en 9 heures 50 minutes 45 secondes.

«L'une des grandes joies de sa vie est sa fille Christine. En 1984, Christine Cossette est la première nageuse à réussir la traversée aller-retour en solo», sous la supervision de son père qui a aussi été l'entraîneur d'athlètes réputés comme Régent Lacoursière et d'athlètes d'ici, dont Michel Dufour, Jean-Claude Tremblay et Daniel Landry, entre autres.

«Son gros bébé, c'est la descente ou la remontée du Saguenay qu'il a effectuée à près d'une trentaine de reprises», poursuit M. Bourdon. En 1963, il a organisé le premier marathon du Saguenay. Cette course a même pris une ampleur internationale avec l'élite entre Chicoutimi et Bagotville. Il a participé à des marathons de nage comme Atlantic City, les dix milles de Trois-Rivières, etc., et a tenté à trois reprises la traversée du lac Ontario. En 1957, il a nagé 21 heures 45 minutes avant d'être retiré des eaux du lac Ontario.

Avec une feuille de route aussi bien remplie, pas étonnant qu'il ait été intronisé, en 2005, au prestigieux Temple de la renommée de la natation, situé à Fort Lauderdale en Floride. Parmi les nombreux honneurs reçus, mentionnons qu'il a été nommé membre à vie de l'Association de natation de la Manche (Swimming Channel Association) en 1974, et sur le plan local, qu'il a été fait membre de l'Ordre des 21 de La Baie, en 2004, et maire du village des Jeux du Canada au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1983.

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