Le soccer régional perd un pilier

Le DG du Club de soccer de Chicoutimi,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Le DG du Club de soccer de Chicoutimi, Maxime Pepin, souhaite la meilleure des chances à son collègue et ami, Stéphane Pagès.

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Le Saguenay-Lac-Saint-Jean perdra l'un de ses piliers du soccer en septembre prochain. Le directeur technique du Club de soccer de Chicoutimi, Stéphane Pagès, quitte sa région d'adoption des 16 dernières années pour aller relever un nouveau défi sur la Côte-Nord. Le sympathique entraîneur part le coeur lourd, mais avec la satisfaction du devoir accompli lorsqu'il regarde tout le chemin parcouru depuis son arrivée à Chicoutimi en 1999.

Son éventuel successeur aura certes de grands souliers à chausser, mais il pourra s'appuyer sur les solides bases instaurées par l'Auvergnat d'origine pour poursuivre le développement du ballon rond en sol chicoutimien. Car au cours des dernières années, Stéphane Pagès s'est concentré à implanter une culture et une structure de développement et de formation, tant pour les joueurs que les entraîneurs. «Depuis 6-7 ans, on a vraiment réussi à développer une philosophie de développement et de formation. Parfois, les gens auraient voulu voir des résultats plus rapides, mais de plus en plus de gens comprennent le principe et l'acceptent. Et ça paie à long terme, assure-t-il. On s'aperçoit, quand on va (jouer) à Québec, qu'on est reconnu comme un club formateur. Il y a des clubs (de l'extérieur) qui viennent recruter nos joueurs pour faire du AAA. Ça fait un p'tit velours personnel.»

Stéphane Pagès part avec la satisfaction du devoir accompli. À son arrivée dans la région, il n'y avait pas de ligue régionale d'hiver. Les équipes se contentaient de disputer deux matchs par semaine sans tenir d'entraînement. Le soccer connaissait un engouement, mais il fallait jeter les bases d'une structure pour encadrer adéquatement cet essor. «Il y avait tous les outils pour le faire», raconte celui qui a oeuvré comme directeur technique régional de 2003 à 2009. Il a donc mis la main à la pâte pour mettre en place des structures régionales, des divisions de calibre, la création de centres de développement régionaux, etc.

«Je laisse un club en très bonne santé sur le plan technique, estime-t-il sans prétention. On a réussi à estamper le club avec un logo formation et développement au cours des dernières années, et ce, tant au niveau des entraîneurs que des joueurs. En toute objectivité, je pense qu'il y a peu de clubs au Québec qui peuvent se targuer d'avoir autant de structures à tous les calibres. Ma grande satisfaction, c'est de constater qu'on a mis en place de super belles structures de développement à tous les niveaux, que ce soit local ou développement. Je pense qu'on a relevé notre défi.»

Ce pilier du soccer régional est aussi très fier d'avoir contribué à la création des deux équipes universitaires, masculine et féminine. «C'est une belle réussite d'avoir implanté et développé ce programme», soupire celui qui a vu les efforts investis depuis 2005 récompensés ce printemps. Les Inuk et leur entraîneur-chef ont en effet été couronnés à la fois champions de la saison régulière et des séries de la Ligue universitaire de soccer intérieur intersectoriel. Un premier doublé d'honneurs dans leur jeune histoire .

Défi stimulant

Le Saguenéen d'adoption a longuement mûri sa décision avant d'accepter l'offre du club de Sept-Îles. «Ç'a été un choix déchirant, avoue-t-il. Je quitte la région le coeur lourd parce que ça a vraiment été une terre d'accueil!» Mais l'attrait d'un nouveau défi a fait pencher la balance en direction de la Côte-Nord. «Le défi professionnel est vraiment intéressant. Je vais occuper le poste de directeur technique au club de Sept-Îles qui compte presque 600 membres, en plus d'agir comme directeur technique régional. (...) Je suis quelqu'un qui aime les défis, mais qui aime surtout bâtir. J'ai senti, à travers les discussions que j'ai eues avec le club de Sept-Îles, qu'ils avaient envie de se développer et qu'ils sont très ouverts (aux propositions). C'est un challenge stimulant», explique Stéphane Pagès qui améliorera aussi son sort avec ses nouvelles responsabilités.

En plus de ses fonctions de directeur technique, Stéphane Pagès supervisera le sport-études en soccer offert dans une école privée du secteur. Il se pointe à Sept-Îles avec enthousiasme. «Je me donne comme défi de faire un peu comme ici, c'est-à-dire d'implanter une philosophie de développement pour les joueurs et les entraîneurs et de mettre en place des structures en fonction de leur réalité. C'est une région que je connais déjà pour avoir fait des compétitions contre eux (Coupe des 4, Coupe des 3, Ligue Nord-est, etc.)», a-t-il conclu.

Venu ici pour le bac en plein air

C'est le bac en plein air et tourisme d'aventure offert à l'Université du Québec à Chicoutimi qui a incité Stéphane Pagès à quitter son Auvergne natale pour venir s'installer au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Malgré les rigueurs de nos hivers, son coup de coeur pour la région a été tel qu'il n'a jamais pensé à retourner vivre en France.

Son association avec le soccer régional a commencé par un emploi étudiant comme entraîneur au Pavillon sportif de l'UQAC, à l'invitation de Miguel Ruiz, à qui il allait succéder l'année suivante comme responsable des activités au Pavillon sportif. Puis en 2003, Denis Côté, alors président du Club de soccer de Chicoutimi, lui propose de démarrer un sport-études. Cette même année, c'est l'Association régionale qui lui propose le poste de directeur technique régional.

Le Bleuet d'adoption s'est mis à l'oeuvre pour ainsi contribuer lui aussi à l'essor de la pratique du ballon rond dans la région. Par la suite, il s'est consacré entièrement au club de Chicoutimi où, en plus de son travail de directeur technique, il agissait comme entraîneur du programme de sport-études. En 2005, il contribue à la création du programme de soccer universitaire.

Le Bleuet d'adoption a d'ailleurs tenu à remercier la région pour son accueil et tous les amis et collègues de travail qu'il a côtoyés depuis 1999. «J'aimerais remercier particulièrement ceux qui m'ont permis de grandir comme personne, comme entraîneur et comme directeur technique, notamment Denis Côté, David Proulx, Lynda Martel, Rémi Bouchard, Marie-Josée Paquet et Maxime Pepin. Ils m'ont permis de m'épanouir et de vivre de ma passion.»

Hommages

Pour sa part, le DG du club de Chicoutimi, Maxime Pepin, a tenu à remercier Stéphane Pagès pour son dévouement et pour tout le travail accompli au club, ainsi que pour son amitié. En quatre ans, le duo a tissé des liens solides. D'ailleurs, lorsqu'il l'a informé de son départ, Maxime Pepin avoue que la nouvelle a été dure à encaisser. «On est devenus de grands amis et c'est pourquoi j'ai été très triste quand il m'a annoncé la nouvelle. Ç'a été un choc, car en plus d'un collègue apprécié, c'est surtout un ami que je perds. Ça va être dur de remplacer Stéphane, autant la personne que le travailleur!» Et il n'est pas le seul à en juger par les nombreux témoignages que le directeur technique a reçus lorsque la nouvelle de son départ a été rendue publique.

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