Le lac montre les dents

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Les eaux devenues tumultueuses du lac Saint-Jean ont forcé l'évacuation de tous les participants ayant pris le départ de Festirame.

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Tout comme en 2010, le lac Saint-Jean a montré qu'il pouvait devenir tumultueux et dangereux en l'espace de quelques heures, samedi, forçant carrément l'annulation de l'édition 2016 du marathon de 42 kilomètres à la rame et le retrait des 27 embarcations qui avaient pris le départ à Desbiens. Sur la cinquantaine de participants, on rapportait deux rameurs ayant souffert d'hypothermie plus sévère. Ils ont été transportés à l'hôpital, mais ils ont pu rentrer à la maison en fin d'après-midi.

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Même si l'épreuve a été annulée en raison du mauvais temps qui a sévi sur le lac Saint-Jean samedi, Nicolas Proulx et Camil Morin ont été couronnés champions de l'édition 2016 du Marathon de rame Proco en tant que vainqueurs des trois courses préparatoires.

Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens

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Valérie Gagné et son frère Frédéric, ont eu droit à un baptême du feu pour leur première participation au marathon de rame. Malgré une bonne frousse, le duo promet d'être de retour l'an prochain.

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Au moment du départ, le plan d'eau était calme comme une nappe d'huile et une fine pluie tombait, assure l'organisation. Après consultations de différentes sources et les conditions météorologiques étant jugées acceptables, la décision a été prise de procéder aux départs des quatre catégories, soit les chaloupes à rames (14), les avirons quads (4), les avirons doubles (2) ainsi que les surfskis (7).

Mais trois heures plus tard, l'organisation procédait à l'évacuation de toutes les équipes de rameurs en raison des forts vents et des vagues de plus de huit pieds de haut. À 14h, tous les rameurs et les bateaux-escortes avaient regagné la terre ferme.

«Nous avions la météo d'heure en heure qui nous prévoyait une pointe de bourrasque plus intense vers 10h30 et on avait aussi les services de la Sûreté du Québec sur l'eau. Mais on ne s'attendait pas à une pointe comme ça, car on n'aurait pas laissé partir nos équipes», relate Janie Maltais, directrice générale de Festivalma. «On s'était dit que oui, elles allaient se faire brasser, mais comme elles le font en entraînement ou durant les courses préparatoires.»

La DG souligne d'ailleurs qu'aucun des participants n'a manifesté de crainte de prendre le départ, que ce soit lors des réunions des équipes du vendredi soir et du samedi matin. Les rameurs avaient tous été avisés des conditions potentielles et incités à s'habiller chaudement pour prévenir les risques d'hypothermie.

En contrôle

«En tout temps, nous avons suivi les différentes situations qui se présentaient à nous et nous étions en contrôle», affirme Janie Maltais, qui est associée depuis 13 ans à l'événement. Elle a elle-même été une rameuse et en connaît bien toutes les facettes. «Notre priorité a toujours été la sécurité des rameurs ainsi que des équipages escortes et de sécurité», assure-t-elle, en convenant toutefois que c'est la première fois, en 13 ans, que le marathon est annulé aussi tôt qu'à mi-chemin.

«Beaucoup ont eu peur et l'ont exprimé sur les médias sociaux. On a publié un communiqué pour rassurer les gens. Mais en tout temps, nous avions le portrait de la situation avec nos équipes sur l'eau et nous étions en contrôle», insiste Janie Maltais, en remerciant la SQ pour son soutien, le club de voile et l'Auberge des îles qui ont accueilli les équipes, ainsi que tous les riverains de Saint-Gédéon et des environs qui ont aidé les différentes équipes de récupération.

«Le lac est imprévisible et je pense qu'il vient encore de le démontrer. J'espère que ça n'aura pas découragé les participants. Ça fait partie de l'expérience qui rentre, mais j'espère vraiment qu'ils seront tous de retour l'an prochain», plaide la DG. D'ailleurs, son équipe travaillera à nouveau à améliorer le plan d'évacuation qui avait déjà été bonifié en 2010, par suite d'une autre édition aux conditions déchaînées (vents et orages).

Bourses

Comme la course a été annulée, l'organisation a décidé, après discussions, de couronner les vainqueurs en fonction des positions du classement cumulatif des trois courses préparatoires précédant le marathon et de remettre les bourses en fonction de ce classement. Nicolas Proulx et Camil Morin ont enlevé les honneurs du volet chaloupes à rames, tandis que l'équipe de Stéphanie Gobeil, Sophie Lavoie, Yoan Lebeuf, Luc Tremblay et le barreur Olivier Tremblay sont les vainqueurs en aviron de mer mixte quad. De plus, l'organisation a choisi de rembourser les inscriptions de toutes les équipes qui n'auront pas eu de bourses.

Enfin, l'organisation invite les riverains ou plaisanciers qui trouvent des embarcations, avirons ou des effets personnels de rameurs à communiquer avec l'équipe de Festirame au 418 662-4083.

Vétéran de l'épreuve de rame, Michel Tremblay, du... (Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Vétéran de l'épreuve de rame, Michel Tremblay, du club Aviron Alma, estime que les conditions étaient pires qu'en 2010. Cette facette imprévisible du lac Saint-Jean l'a laissé songeur pour l'an prochain.

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Les équipes qui se trouvaient dans les environs... (Le Progrès-Dimanche, Gimmy Desbiens) - image 2.1

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Les équipes qui se trouvaient dans les environs de l'île Verte, à mi-parcours, ont trouvé refuge au quai de Saint-Gédéon et à l'Auberge des îles.

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«J'ai douté de revoir mes kids»

Pour son baptême du feu au marathon de rame de 42 km sur le lac Saint-Jean, Valérie Gagné en a eu pour son argent. L'Almatoise, qui a pu compter sur son frère Frédéric pour relever ce défi personnel, a eu la peur de sa vie samedi, sur le Piékouagami, mais elle compte bien se reprendre l'an prochain.

Sur Facebook, l'Almatoise a écrit qu'elle n'avait «jamais eu autant peur de toute (sa) vie. J'ai vraiment douté à quelques reprises de revoir mes kids et les gens que j'aime! Abandon, mais pas pour toujours; je le traverserai, fiez-vous sur moi!» Une résolution qu'elle a réaffirmée samedi soir, lorsque rencontrée au souper des rameurs. «On était à 6,5 km de l'île Verte quand on a embarqué dans le bateau escorte. Oui, j'ai eu peur, mais nous, on a abandonné avant que ce soit trop dangereux. Je vais le refaire l'an prochain. Je ne l'ai pas traversé et je vais le traverser!»

Michel Tremblay, grand manitou du club Aviron Alma, est lui aussi un vétéran de l'épreuve de rame, mais cette édition l'a laissé perplexe au point qu'il laissera retomber la poussière avant de songer à un retour des avirons l'an prochain. «J'étais là en 2010, mais j'étais plus en sécurité. (Samedi), on a beaucoup souffert d'hypothermie environ à mi-parcours, entre Desbiens et l'île Verte. J'avais en tête de me rendre à l'île Verte et de prendre la direction de la marina, mais entre les îles, il y a des bas-fonds et il y a eu une grosse vague déferlante qui nous a fait tomber à l'eau. Le bateau escorte nous a recueillis pour nous ramener à la marina.

«En 18 ans de rames, c'est vraiment la pire, avec des vents dominants et forts de l'ouest. On était bien habillés, mais on était toujours trempés et il n'y avait aucun moyen de sécher, c'était des vagues à répétition. Le lac est imprévisible et de mettre des personnes en péril comme on l'a fait aujourd'hui (samedi), je pense qu'on va y réfléchir grandement», a-t-il commenté en pensant à la sécurité de certains membres du club moins expérimentés.

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