Quand la course unit deux amis

Après avoir réussi les 100 kilomètres de l'ultramarathon... (Photo Le Progrès-dimanche, Rocket Lavoie)

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Après avoir réussi les 100 kilomètres de l'ultramarathon de Niagara, Michel Bernard et Stéphane Girard ont même trouvé de l'énergie pour faire un peu de tourisme avec leur famille respective!

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Michel Bernard et Stéphane Girard n'étaient pas des férus de sports, mais voilà qu'au cours des dernières années, ils se sont chacun découvert une passion pour la course. Une passion qui a fait en sorte que leur route s'est croisée l'automne dernier et depuis, les deux amis prennent plaisir à relever de nouveaux défis. Leur dernier en lice: le Niagara Ultra, un ultramarathon de 100 kilomètres qu'ils ont parcourus, le 18 juin, en franchissant l'arrivée ensemble après 11h50mn17 d'efforts.

Mission accomplie pour Stéphane Girard et Michel Bernard... (Photo courtoisie) - image 1.0

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Mission accomplie pour Stéphane Girard et Michel Bernard qui franchissent ici l'arrivée du Niagara Ultra.

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Un exploit dont ils peuvent être fiers, d'autant plus que sur les 47 coureurs qui ont pris le départ par un temps chaud (32 degrés Celsius à l'ombre), seulement 26 ont franchi l'arrivée, dont les deux Saguenéens qui ont donc terminé ex aequo en 15e position (deuxièmes de leur catégorie, 40-44 ans).

C'est Michel qui a eu la folle idée de prendre part à un ultramarathon de 100 kilomètres. «Je m'entraîne pour faire le ''Vermont 100 mile'' (160 km) qui aura lieu le 16 juillet et je me cherchais une course entre-temps pour faire une préparation générale et voir mon niveau de forme. J'ai trouvé la Niagara Ultra 100 sur Internet. Je me suis inscrit et j'ai envoyé le lien à Stéphane», raconte Michel qui s'adonne à la course à pied depuis sept ans et demi. Après son premier marathon à Ottawa en 2009, le Chicoutimien a depuis ajouté quatre Ironman à son palmarès et 16 marathons, dont trois à Boston.

Pour Stéphane, la pratique de la course longue durée est plus récente. «J'avais déjà couru quand j'étais un peu plus jeune, mais j'avais arrêté. Quand j'ai recommencé, je faisais à peine 1,5 km et j'avais mal aux genoux. J'ai continué, en me disant que ça allait passer et j'ai progressé tranquillement jusqu'à ce que je me rende compte que je faisais des demi-marathons. J'ai fait mon premier marathon le 16 juin l'an dernier»», mentionne celui qui affiche une belle progression.

Un an et deux jours après, c'était l'ultramarathon en Ontario. Le Laterrois compte maintenant trois marathons officiels à son palmarès... et plusieurs non officiels en entraînements. «À l'entraînement, on a fait un 50 km sur les monts Valin deux semaines avant Niagara et un autre 50 km quelques semaines avant sur route», cite-t-il en exemple.

Bonne chimie

Les deux Saguenéens avaient des amis communs et faisaient chacun partie d'un club de course lorsqu'ils se sont rencontrés au cours d'un entraînement en novembre dernier. «Nos horaires, nos niveaux et nos personnalités ''fittaient'' ensemble», expliquent-ils. Comme Michel aime relever de nouveaux défis, il les propose à Stéphane qui finit par se laisser tenter.

«Michel travaille toujours ses dossiers lentement. Il lance une idée, puis revient avec. On peut savoir 5-6 mois à l'avance ce qu'il projette, rigole Stéphane. Surtout s'il dit: ''Ça pourrait être le fun si...''»

«Mais je pense que je n'ai pas plus de bon sens que lui. Il lance des idées et sans trop réfléchir, je dis oui. Jusqu'à maintenant, j'ai été chanceux, mais il y a des fois où j'ai souffert plus que d'autres», mentionne Stéphane, moins expérimenté en compétition de longue durée.

«Le Niagara Ultra 100 était notre plus longue distance. C'était un bon challenge, car c'était sur l'asphalte et le béton. C'est très dur, c'est chaud, ça tape beaucoup, car c'est répétitif», soulignent-ils.

Si pour Stéphane, il s'agissait d'un premier ultramarathon en carrière, Michel, lui, avait vécu une première expérience l'automne dernier, au Bromont Ultra 80. «J'avais fait un temps de 11h58mn18 et fini 11e au total. Il y avait eu un bon taux de décrochage parce que c'était un parcours très technique et très difficile», relate le Chicoutimien.

«(À Niagara), on aurait été capables de faire un peu mieux, estime Michel. Même qu'à partir du 87e kilomètre, on a commencé à augmenter le rythme. On ne pensait pas faire un temps en bas de 12 heures et finalement, on a réussi à ''rattraper'' 10 minutes!»

Cap sur un défi de 160 kilomètres

Michel Bernard s'attaquera à un autre défi d'envergure, le 16 juillet, alors qu'il prendra le départ du ''Vermont 100 mile'', une ''balade'' de 160 kilomètres. Son partenaire d'entraînement, Stéphane Girard, pourra l'encourager sur les 60 derniers kilomètres de l'épreuve.

Devant l'ampleur du challenge, le Chicoutimien avoue avoir un peu peur. «Je serais menteur de dire non. Mais le 100 km me faisait peur aussi parce que je suis parti avec une tendinite qui est disparue pendant le 100 km», concède Michel Bernard qui est en pause, afin de guérir une douleur au pied qui est apparue par la suite.

«Idéalement, j'aurais aimé un mois et demi d'écart (avec l'Ultra 100), mais le temps de récupération est quand même assez rapide, car plus t'es en forme, plus tu récupères rapidement. Stéphane a déjà recommencé à courir, mais pas moi. Je suis content d'être en arrêt. Mon corps en a besoin», estime le Chicoutimien, qui se remettra à la course au cours des prochains jours, si ce n'est déjà fait.

«J'espère finir, même si on ne sait pas ce qui peut arriver, ajoute-t-il. Mais si je me suis inscrit, c'est parce que je pense que je suis capable de le faire.»

Pour l'aider à relever son défi, il pourra compter sur Stéphane pour les 60 derniers kilomètres. «On a le droit d'avoir quelqu'un qui court avec nous, mais ce dernier n'a pas le droit de transporter notre matériel ni de nous aider, sauf psychologiquement», précise le Chicoutimien. Pour Stéphane, ce sera un peu l'inconnu, car il sera «frais comme une rose» pour la dernière ligne droite de 60 km. «Au degré de fatigue qu'on avait lorsqu'on a fait le 100 km, il faut en ajouter 60. Mais l'avantage d'avoir fait l'Ultra Niagara 100, c'est que Michel sait à quoi s'attendre et moi, je sais à quel niveau il sera quand je vais embarquer», explique le Laterrois. Il sera donc en mesure de bien le conseiller pour s'assurer que Michel s'hydrate et mange suffisamment, en plus de lui apporter un soutien psychologique pour l'aider à atteindre son but.

Qu'est-ce qui les motive à se lancer dans des défis aussi relevés? «C'est un peu pour faire des choses qui sortent du lot. C'est aussi un besoin de dépassement, d'aller loin dans ce qu'on fait. Les gens qui visent les ultramarathons sont des gens plus curieux, qui veulent voir jusqu'où ils peuvent aller», avance Michel Bernard.

Ce qui est sûr, c'est que ce ne sera pas leur dernier ultramarathon. Niagara ayant été réalisé, ils se tourneront vers nos voisins du Sud pour choisir parmi les nombreux ultramarathons offerts.

Le duo se propose aussi de faire en sorte que Stéphane participe à son premier Ironman en carrière l'an prochain. «Pour ma part, ça se peut que l'été prochain, j'alterne un Ironman avec un ou deux ultramarathons», laisse entendre Michel Bernard qui n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin.

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