Jeff Gagnon sur la Grande muraille

Jeff Gagnon se souviendra longtemps des 5164 marches... (Photo courtoisie)

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Jeff Gagnon se souviendra longtemps des 5164 marches du parcours du Marathon de la Grande Muraille de Chine.

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Pour son troisième marathon, Jeff Gagnon a fait les choses en grand. Le Robervalois s'est attaqué à l'une des merveilles du monde, la Grande Muraille de Chine.

Selon les chiffres officiels, qu'il a lui-même consultés, Jeff Gagnon serait le huitième Québécois à franchir le fil d'arrivée de cet événement qui en était à une 17e édition. Les derniers mètres se faisaient sur un tapis rouge au ''yin and yang square'' dans la province de Tianjin.

Ce qu'il retient surtout du marathon considéré comme le cinquième plus difficile de la planète, ce sont les 5164 marches du parcours sur la structure de plus de 2000 ans, un chiffre dont il se souviendra très longtemps. «Je pensais que c'était dans les trois premiers kilomètres. Je me disais, il n'y a rien là», relate le Robervalois qui a eu la surprise qu'une deuxième section de 2500 marches se dressait devant lui à compter du 34e kilomètre. «Pour la première section, j'y allais quand même assez rapidement. Pour la deuxième, j'y allais à la marche, mais je n'ai jamais arrêté», assure-t-il, confiant ne pas avoir été dérangé par le soleil de plomb et la température de 29 degrés, même s'il n'avait pas fait préalablement d'entraînement spécifique pour les escaliers.

«Ce ne sont pas des marches conventionnelles, ce qui rend le tout assez difficile, souligne celui qui avait également fait les marathons de Barcelone et Ottawa à deux mois d'intervalle en 2013.

«Tu dois vraiment regarder chaque fois où tu mets les pieds», poursuit Jeff Gagnon, qui a glissé la veille lors d'un entraînement d'observation, ce qui lui a laissé une ecchymose au bras.

«Ce n'est pas un ingénieur qui a fait ça, c'est sûr. C'est ce qui fait la beauté de cette architecture. C'est fantastique et unique au monde. Je suis allé en Europe deux fois, et aux États-Unis aussi, et je n'avais jamais vu quelque chose d'aussi exceptionnel et grandiose. C'est époustouflant de voir cette merveille humaine», laisse-t-il tomber avec enthousiasme.

Bon résultat

En prime, Jeff Gagnon a très bien fait lors de l'épreuve de 42,2 kilomètres avec un temps de 5h26, ce qui lui a conféré la 176e position, sur 876 inscrits. Les organisateurs limitent le nombre de participants pour éviter la cohue et les blessures avec des passages dangeureux et très étroits sur la Grande Muraille, qui représente entre 15 et 20 kilomètres du parcours. Le reste se fait dans les villages et les forêts avoisinantes avec plusieurs jeunes enfants comme spectateurs.

«On pourrait dire que c'est Noël pour eux. Ils t'attendent sur le bord du chemin pour te taper la main. C'est très significatif. On nous conseillait même de prendre le temps de leur donner la main parce qu'il y en a qui pleuraient quand certains ne le faisaient pas», raconte Jeff Gagnon qui est arrivé en Chine quatre jours avant sa course, après un vol de 22 heures.

«C'est le désagrément que j'ai trouvé vraiment difficile. Tu es de longues heures sans bouger. Je ne pensais pas non plus que le décalage horaire de 12 heures allait faire une si grande différence», pointe celui qui s'est récompensé après son épreuve, profitant du temps restant pour visiter avant de rentrer au Canada lundi.

Une expédition pour une bonne cause

Jeff Gagnon a profité de son expédition pour relancer le Pied-Thon Jeff Express et ainsi amasser des fonds pour l'organisme Mosaïque sociale.

Avec le Pied-Thon Jeff Express, qu'il a mené de 2006 à 2009, le Robervalois récoltait des dons, à travers une épreuve physique, pour une association locale. Comme le Marathon de la Grande Muraille de Chine avait lieu en pleine période scolaire, l'enseignant à Obedjiwan avait besoin d'une raison particulière pour pouvoir s'absenter pour plusieurs jours. Il a donc décidé de faire d'une pierre deux coups et a relancé la levée de fonds. Il a choisi Mosaïque sociale, qui vient en aide à des jeunes décrocheurs ou en difficulté à travers des ateliers de création. En plus d'assumer toutes les dépenses de son voyage, il a également fait un don personnel de 1000$ pour la cause après avoir lancé un défi sur le réseau social Facebook.

«Ce qui me motivait le plus, ce n'était pas seulement la course, mais que je représentais des jeunes. Pour des enfants, même si je n'en ai pas, je trouve ça important de donner et de faire ce qu'on peut pour les jeunes dans nos communautés», d'exprimer Jeff Gagnon, qui a dépassé le cap des 3000$ amassés.

Projets

S'il s'agissait de son troisième marathon, Jeff Gagnon n'en est certainement pas à son dernier. Il rêve de prendre le départ du marathon de Londres, le plus prestigieux au monde. Il essaie depuis trois ans, mais seulement 7% des demandes étrangères se matérialisent dans un tirage au sort. Pour donner une idée, le Robervalois mentionne qu'avec l'agence spécialisée avec laquelle il a fait affaire, seulement 15 places étaient disponibles pour les 398 demandes.

«Il n'y a rien qui arrive pour rien. C'est en regardant leur programmation que je suis tombé sur ce marathon en Chine», indique Jeff Gagnon, qui s'est immédiatement senti interpelé. Fort de cette expérience en Chine, il regardera maintenant la possibilité de courir le Marathon de Tokyo, au Japon, le plus populeux avec entre 75 000 et 80 000 coureurs.

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