En rémission

Quatorze mois après reçu un verdict de cancer... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Quatorze mois après reçu un verdict de cancer du côlon avec métastases, le Jonquiérois François Beaumont est maintenant en rémission. En plus du traitement de chimio traditionnel, le triathlète s'est rendu à quatre reprises en Allemagne pour recevoir des traitements de chimio-embolisation du Dr Thomas Vogel. Aujourd'hui, il remercie la vie et souhaite redonner au suivant.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Le 31 mars 2015, la vie de l'excellent triathlète François Beaumont a basculé. Le Jonquiérois a non seulement appris qu'il devait combattre un cancer du côlon avec métastases au foie, mais qu'en prime, le vilain crabe était dans sa forme la plus avancée (grade 4), laissant très peu d'espoir de guérison.

Quatorze mois plus tard, l'homme de 35 ans savoure plus que jamais la vie, lui qui est officiellement en rémission depuis le 24 mai dernier.

En entrevue, rien ne laisse deviner l'incroyable parcours que vient d'accomplir ce battant, après avoir encaissé ce revers de la vie.

Fiscaliste chez Deloitte à Alma, François Beaumont ne faisait pas partie des candidats à risque pour ce type de cancer qui affecte plus souvent des gens dans la soixantaine. Âgé de 34 ans, il avait de saines habitudes de vie, ne fumait pas, ne buvait pas et n'avait pas d'antécédents familiaux. Il avait bien eu du sang dans ses selles, mais rien pour l'alarmer.

Une colonoscopie a malheureusement confirmé la présence du cancer et c'est alors que sa course contre la maladie s'est enclenchée. Une première opération a permis de retirer la tumeur. Le hic, c'est que des métastases s'étaient réparties dans les deux lobes du foie, de sorte qu'il aurait été trop risqué de l'opérer au foie malgré sa jeunesse et son excellente condition physique.

«Sans rien d'autre que la chimio, mon espérance de vie était de 18 à 36 mois, selon les statistiques», raconte celui qui a encaissé le coup difficilement au début.

«C'est choquant. (...) J'ai de la misère avec le concept de mettre un chiffre sur la tête de quelqu'un», confie le Jonquiérois qui a beaucoup lu sur le sujet. C'est d'ailleurs en effectuant des recherches qu'il est tombé sur des articles concernant le traitement du Dr Thomas Vogl offert en Allemagne (voir autre texte).

«Ce qui m'a décidé, c'est une dame qui avait exactement la même chose que moi. Elle avait eu une chirurgie et n'était pas opérable. Quand je lui ai parlé, elle venait de terminer ses traitements et quelques mois plus tard, elle s'est fait dire qu'elle était en rémission.»

Après discussion avec son oncologue, François Beaumont a estimé qu'il avait tout à gagner à tenter le coup, même s'il avait reçu déjà la moitié des 12 traitements de chimio traditionnelle. Une décision prise en octobre dernier qu'il ne regrette pas puisqu'il a gagné son pari.

Les traitements sont très dispendieux (6000$ pour chaque traitement de chimio-embolisation), mais le jeune homme s'estime chanceux d'avoir pu compter sur l'appui financier que lui ont fourni son milieu de travail, le milieu sportif et ses amis.

«Tous les associés de Deloitte au Québec ont fait des contributions entre 200$ et 500$ pour moi, de sorte que j'ai ramassé quasiment 20 000$ en partant. Le club Jakours avait aussi fait une activité (150 tours) qui avait permis d'amasser 25 000$, dont la moitié provenait de mon bureau (d'Alma) et des clients du bureau. L'autre moitié provenait des inscriptions», raconte François Beaumont, qui a été surpris de la vague de sympathie et d'amour qui a déferlé.

Un souper-bénéfice à la Voie Maltée a permis de récolter un montant de 18 000$ additionnels, ce qui a été suffisant pour couvrir les frais reliés aux sept traitements reçus en Allemagne suivis d'une ablation thermique au laser. Le 21 avril dernier, le Dr Vogl lui a confirmé que les traitements étaient terminés et que son foie était guéri. Un verdict qui a été confirmé par la suite par son oncologue le 24 mai.

Redonner au suivant

Maintenant que la page est tournée sur un terrible chapitre, François Beaumont a repris ses bonnes habitudes. «J'ai recommencé à faire du sport. En fait, j'en ai toujours fait un peu (durant le traitement), mais pas à la même intensité. J'ai recommencé à nager en piscine et à faire un peu de vélo et de course à pied. Ça me fait revoir le monde en même temps», raconte celui qui a même pris part à un Championnat du monde de triathlon sprint en septembre dernier, à Chicago, peu après avoir reçu un 7e traitement de chimio!

L'histoire de ce battant, que l'on peut lire sur le site «Francoisbeaumont.ca», a aussi été une source d'inspiration pour bien des gens et il songe à la partager avec les autres par l'entremise d'une conférence.

«Tant qu'à faire une conférence, j'aimerais que les sommes recueillies servent à d'autres. Ce serait ma façon de redonner au suivant. Mais c'est un projet à long terme. J'attends d'avoir du détachement parce que c'est encore très émotif», précise celui qui compte d'ailleurs remettre le surplus des dons qu'il a reçus à Leucan au Saguenay.

Un traitement peu offert au Québec

François Beaumont ne comprend pas que les traitements de chimio-embolisation restent très peu connus au Québec comme alternative aux soins pour combattre certains cancers.

« Apparamment, ça s'offre au Québec, mais moi, personne ne me l'a jamais offert. C'est un peu nébuleux. Ils disent que c'est parfois offert en soins palliatifs. Mais une chirurgienne m'a demandé pourquoi je ne l'avais pas fait faire ici », relate François Beaumont en entrevue. Même son oncologue ne comprenait pas que ce traitement ne soit pas offert au Québec.

La chimio-embolisation permet de combattre le cancer de façon très ciblée. « À l'aide d'un cathéter, ils se rendent dans le foie et injectent la chimio directement sur les tumeurs. Ils mettent ensuite un produit qui fait bloquer la circulation sanguine et empêche la chimio d'aller agir ailleurs dans le corps. Tu n'as pas les symptômes de fatigue comme la chimio traditionnelle, mais tu peux avoir des maux de ventre (importants). Ce n'était jamais pareil d'une fois à l'autre », explique le Jonquiérois qui s'est rendu en Allemagne à quatre reprises. Ce traitement permet de réduire les métastases le plus possible pour que ces dernières soient ensuite anéanties au laser.

Le traitement n'est pas donné. Il faut compter 6000 $ pour chaque traitement de chimio-embolisation. Le client reçoit une évaluation du nombre requis lors de la première rencontre avec le Dr Vogel.

« Dans mon cas, il avait prévu deux voyages avec quatre chimio-embolisations, suivis de la thermoablation au laser. Mais finalement, après le 4e, il m'a dit que ça prendrait deux autres traitements. Après le 6e, il m'a dit qu'il pourrait brûler ce qui restait des métastases. »

« Après deux voyages en Allemagne, je suis revenu avec deux CD et mon oncologue m'a dit que le traitement (du Dr Vogl) fonctionnait parce qu'il ne restait pas grand-chose », mentionne François Beaumont. Ce qu'ont confirmé les examens par résonnances magnétiques. Pour François Beaumont, le traitement du Dr Vogl s'est avéré plus efficace que la chimio traditionnelle « À mi-chemin de ma chimio, les métastases avaient rétrécis, mais jamais comme après l'autre technique », affirme le Jonquiérois.

Bien sûr, plusieurs personnes lui demandent de l'information sur ce traitement, mais chaque fois, il leur recommande de faire d'abord leurs propres recherches avant de décider de s'engager dans ce processus. Dans son cas, il avait effectué des recherches et en avait discuté avec son oncologue avant de prendre sa décision.

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