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Alexandre Gauthier déjoue les statistiques après avoir frôlé la mort

Victime d'un grave accident de la route il... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Victime d'un grave accident de la route il y a deux mois, Alexandre Gauthier progresse plus rapidement que les scénarios prévus, au grand plaisir de sa conjointe Karine Leblanc et leur fils, Victor. La petite famille a été touchée par les nombreuses marques d'appuis de toutes parts qu'elle a reçues.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

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Le 26 février dernier, peu de gens auraient gagé sur les chances d'Alexandre Gauthier de survivre à la violente collision frontale dans laquelle il a été impliqué sur un tronçon de la 170 à la hauteur de Saint-Gédéon.

Deux mois plus tard, l'ancien homme fort des Marquis de Jonquière et sa conjointe Karine Leblanc savourent pleinement «cette deuxième chance que leur a offert la vie» en compagnie de leur petit Victor, quatre mois, dans leur nid douillet. Et depuis, ce véritable battant ne cesse de déjouer les prévisions.

En effet, pour ce véritable miraculé, se retrouver là où personne ne l'attend est presque une seconde nature. «J'ai toujours été persévérant. Au hockey, quand j'étais jeune, je faisais toujours le double lettre avec un faible talent. Personne ne me voyait faire l'équipe, mais je travaillais tellement fort au camp d'entraînement que le coach se voyait comme obligé de me prendre. De toute la gang avec qui j'ai joué, si vous nous aviez mis sur la glace tous ensemble et que vous aviez dit que l'un de nous allait jouer dans la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) un jour, je n'aurais jamais été le premier choix», raconte-t-il en riant lors d'une entrevue.

Une qualité que sa conjointe a saluée, en rappelant que plus d'une fois, au cours des dernières semaines, il a devancé les scénarios prévus. «Ils t'ont donné très peu de chances de vivre, tu as vécu. Ils ont dit que tu pourrais passer des semaines dans le coma, une, pour toi, c'était assez. Ils ont cru que ton hémorragie interne allait te tuer, (mais) perdre 4 litres de sang n'allait pas t'arrêter. Ils ont dit que ta mémoire allait être altérée et jusqu'à présent, elle est meilleure que la mienne. Ils ont dit que tu devrais réapprendre à marcher en plusieurs étapes, tu as surpris les infirmières en te levant d'un coup. Ils ont dit que ça prendrait des mois avant que tu reviennes à la maison et tu es revenu après seulement six semaines», avait-elle souligné sur sa page Facebook.

Verdict attendu

En ce jeudi, le couple s'apprête à savoir s'il pourra faire un autre pied de nez à ce mauvais coup du sort alors qu'Alexandre rencontrera l'équipe de spécialistes qui feront le point sur les séquelles qui risquent de subsister à plus long terme.

Lors de notre passage, le Jonquiérois de 26 ans semblait confiant, lui qui poursuit en externe sa réadaptation à l'unité de réadaptation fonctionnelle intensive (URFI) de Jonquière. «Pour l'instant, tout ce que je vois, c'est un traumatisme crânien et un bras cassé», estime celui dont la jeunesse et l'excellente forme physique ont joué en faveur de sa survie.

«Après mon accident, ma blonde m'a fait un ''scrapbook'' avec tous les articles qui avaientt parlé de l'accident. Quand j'ai vu les photos, j'étais avec Me (Julien) Boulianne. On se disait que juste d'être sorti en vie de ça, j'étais content. Et en centre de réadaptation, j'étais content juste de marcher. À l'URFI, j'en ai vu beaucoup qui ont dû réapprendre à marcher et ça avait l'air dur», de souligner celui qui apprécie sa chance et la série de petites victoires accomplies, mais surtout celle de voir grandir son fils.

D'ailleurs, Victor est surnommé affectueusement «bébé thérapie» par son père. Lorsque Karine a placé Victor près d'Alexandre quelques jours après l'accident, ce dernier s'est aussitôt mis à respirer par lui-même, sans équipement. «Il y a peut-être quelque chose de plus fort en lequel on peut croire», convient celui qui ne garde toutefois aucun souvenir du mois passé à l'hôpital de Chicoutimi.

L'ancien homme fort des Marquis de Jonquière, Alexandre... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.0

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L'ancien homme fort des Marquis de Jonquière, Alexandre Gauthier, a été touché par les nombreux témoignages d'appuis provenant de toutes parts et les vidéos d'encouragement d'autres joueurs de la Ligue nord-américaine de hockey. Sa conjointe, Karine Leblanc, a consigné tout ce qui a été publié depuis son accident dans un «scrapbook».

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Une vague d'appuis fort appréciée

Alexandre Gauthier et Karine Leblanc ont été impressionnés par les nombreuses marques de soutien qui leur ont été témoignées depuis l'accident qui a failli coûter la vie au Jonquiérois.

Gauthier avoue que lorsqu'il a repris conscience, il était inquiet à l'idée que sa conjointe et son fils puissent manquer de quelque chose. Heureusement, le couple a pu compter sur le soutien de leurs parents respectifs et de leurs amis, mais aussi d'organisations (La P'tite Grenouille, le Centre jeunesse, les Marquis de Jonquière, les River Kings de Cornwall, entre autres) qui ont tenu des activités-bénéfices afin qu'ils puissent se concentrer sur l'essentiel: la guérison d'Alexandre.

«On a vraiment été chanceux dans notre malchance», résume sa conjointe Karine Leblanc, consciente de la chance d'avoir des proches près d'eux. Ses parents, Sylvie Vaillancourt et Robert Leblanc, ont pris soin de Victor pendant qu'elle veillait au chevet d'Alexandre, et ceux d'Alexandre, France Bégin et Mario Gauthier, se sont occupés de la paperasse à remplir (formulaire de la SAAQ, etc.) pour éviter qu'ils ne soient pénalisés.

Toutes ces formes d'appui les ont aidés à passer à travers la dure épreuve. «C'est vraiment ce qui m'a aidé à guérir plus vite. Lors d'un accident comme ça, plusieurs doivent réhypothéquer leur maison. Ce sont de gros troubles pour rien», assure Alexandre Gauthier.

Il a aussi été touché par les vidéos d'encouragement de joueurs de la LNAH, actuels et anciens, lui qui joue le rôle de policier sur la glace. «La vidéo qui m'a le plus touché, c'est celui de Martin Larivière. On s'était battu un mois avant», mentionne-t-il, ému de voir que les hostilités ont laissé la place à une vague de solidarité.

Retombées positives

Même si l'accident est encore récent, le couple constate malgré tout des retombées positives. «Il y a plein de choses positives qui ressortent, comme les moments qu'on passe ensemble. Je le vois plus présent. (Avant, c'était) le tourbillon de la vie avec le jeune bébé, le travail et le hockey. Alexandre était toujours sur son cellulaire. Il ne s'arrêtait pas pour vivre le moment. Ç'a changé complètement notre vision de la vie. Maintenant, c'est vraiment au jour le jour», analyse Karine.

«Pour l'instant, on dirait que je suis bien heureuse de m'acclimater à ce qu'il soit à la maison. Le but ultime est qu'il soit heureux et se sente en forme. Et je le vois de plus en plus heureux», a-t-elle conclu avec un sourire radieux, bébé Victor dormant comme un ange dans ses bras.

Fini les combats

En raison de l'important traumatisme crânien subi le 26 février dernier, Alexandre Gauthier a fait une croix sur les sports de combat et son rôle d'homme fort dans la Ligue nord-américaine de hockey, et ce, sans aucun regret. «J'ai été chanceux une fois dans ma vie et je ne pousse pas ma chance plus loin. Ils m'ont expliqué que j'avais subi un traumatisme crânien et que chaque fois que je vais avoir une commotion, je retomberai toujours dans le même état ou pire. Je suis chanceux d'être passé une fois à travers et je suis bien content comme ça», assure le Jonquiérois qui continuera à jouer au hockey pour le plaisir et éventuellement, pour accompagner son fils. Alexandre Gauthier envisage même d'oeuvrer comme entraîneur si son «bébé thérapie», comme il le surnomme, décide un jour de de jouer au hockey.

«Mon objectif est de revenir comme j'étais avant l'accident. J'ai toujours été un grand sportif et je veux être capable, quand j'en aurai envie, d'appeler un ami et faire un sport quelconque», avance celui qui a perdu 20 livres depuis l'accident. D'ailleurs, il doit aussi refaire ses forces. «Avant, j'avais une batterie de char et là, j'ai des piles AAA», image-t-il, en reprenant l'exemple que lui avait donné le personnel soignant.

En bref

• Si la Croix-Rouge se cherche des ambassadeurs pour les campagnes de dons de sang, elle pourrait compter sur Alexandre Gauthier et sa conjointe. «Je n'ai jamais fait de don de sang de ma vie et c'est sûr qu'on va aller en faire. Si je suis encore en vie, c'est justement à cause de tous ceux et celles qui ont trouvé important d'aller faire un don de sang. J'ai beaucoup d'amis qui en ont fait et je me suis donné comme mission de leur dire merci à chacun d'eux, car grâce à leur action, ils sauvent des vies», souligne celui qui avait perdu près de 75 % de son sang et qui ne serait plus là s'il n'avait pas eu de transfusion rapidement.

• Alexandre Gauthier et Karine Leblanc tiennent à remercier Kéven Ouellet qui a été le premier répondant qui l'a sorti à temps de son véhicule et qui l'a recouvert de sa veste. Si Alexandre lui a écrit sur Facebook, Karine pense qu'elle a oublié de le remercier dans l'énervement du moment lorsqu'elle l'a rencontré à l'hôpital parce qu'il cherchait à retrouver sa veste. Elle profite donc de l'occasion pour lui dire merci.

• Oeuvrant en Centre jeunesse, Alexandre Gauthier confirme que cette épreuve aura un impact sur son approche. «Je pense que ça va me rendre plus humain. Je me sens beaucoup plus redevable à la vie aussi. Souvent les jeunes qu'on a en Centre jeunesse ont eu une enfance très difficile. Moi j'ai eu une enfance facile et je n'ai jamais manqué de rien. (...) Maintenant, je serai plus compatissant avec eux. Je vais plus facilement me mettre à leur place et comprendre que ce n'est pas tout le monde qui l'a facile.»

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