On l'espère debout sur la bande

Richard Martel alors qu'il était entraîneur-chef des Saguenéens... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Richard Martel alors qu'il était entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

CHRONIQUE - Le coloré, le mot est peut-être faible, le flamboyant entraîneur de hockey Richard Martel sera derrière le banc des Marquis de Jonquière, vendredi soir, pour un match sans lendemain face aux aux Éperviers de Sorel-Tracy qui mènent la série quatre de sept 3-1 dans la Ligue nord-américaine de hockey.

Ne serait-ce que pour le voir poigner les nerfs, debout sur la bande en train d'enguirlander les arbitres ou les joueurs adverses, les amateurs de hockey du Saguenay en auront pour leur argent, même si ce n'est que pour une seule soirée.

Je vis peut-être trop dans le passé, il n'a peut-être plus la fougue de ses bonnes années dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais je me rappelle du temps où il était entraîneur du Drakkar de Baie-Comeau au début des années 2000. Les propriétaires des Saguenéens de l'époque se levaient la nuit pour le détester, avant de l'embaucher en 2003.

Celui qui a été derrière le banc des Saguenéens de Chicoutimi de 2003 à 2011 nous a fait vivre la plus belle rivalité «hockeyenne» contre les Remparts de Québec et le fougueux Patrick Roy.

Martel n'a jamais fait dans la dentelle, il a brassé ses joueurs, il a brassé la ligue, il a utilisé les médias comme un habile communicateur, il avait toujours de bonnes lignes pour les journalistes et a toujours été proche du monde. On pouvait le rencontrer autour d'une bière dans un bar, il ne refusait jamais de parler hockey.

La très célèbre agression de Jonathan Roy des Remparts contre le gardien des Sags Bobby Nadeau a probablement été un des moments marquants dans sa carrière au hockey junior. Martel a servi la même recette que Patrick Roy en France en ordonnant une charge contre le gardien de l'équipe adverse ce qui lui a valu d'être désavoué par le hockey français et rejeté par l'équipe qu'il dirigeait, les Brûleurs de Loups de Grenoble.

Martel n'a pas «coaché» dans la région depuis 2011 à sa dernière année avec les Sags. Il va sûrement remplir le Palais des sports de Jonquière. Les méchantes langues disent que Richard Martel est meilleur, avec son style flamboyant, pour remplir les arénas et faire vendre de la bière et des hot dogs que pour gagner des trophées de championnat. Les gérants d'estrade ne manquent jamais une occasion pour rendre la vie dure aux entraîneurs.

Bien que je trouve très bizarre que les propriétaires d'une équipe de hockey congédient leur instructeur et son assistant en plein milieu d'une série de fin de saison, il n'en reste pas moins que ça met de la vie sur la planète hockey qui vivra un printemps sans la Sainte-Flanelle et sans les Saguenéens. On me dit que tout est possible dans cette ligue.

Le hockey de la ligue semi-pro n'aura jamais eu autant d'attention médiatique dans la région. L'arrivée de Richard Martel ajoute de l'huile sur le feu de ce congédiement et met la table pour une soirée électrisante.

Lors du quatrième match, dimanche dernier, les commentateurs sportifs, selon le collègue Phil Desgagné, ont passé plus de temps à critiquer le travail des arbitres qu'à décrire le déroulement du match. Si les arbitres lèvent la tête sur des infractions à Jonquière, j'ai l'impression qu'encore une fois, si la tendance se maintient, il risque d'y avoir plus d'action derrière le banc que sur la patinoire. Martel risque de monter debout sur la bande. Il devrait le faire d'ailleurs, même si c'est juste pour un show boucane, le clin d'oeil serait apprécié.

On me dit aussi que Richard Martel ne devrait pas avoir trop de difficulté à diriger des joueurs plus vieux, car il l'a fait lors de ses quatre années en Europe dans la ligue de hockey française. J'imagine que les joueurs des Marquis comprennent qu'il s'agit plus d'un coup de marketing qu'une pure décision de hockey.

Mais si la rondelle veut rouler du bord des Marquis vendredi et que Richard Martel réussit à arracher une victoire, ce n'est pas impossible que les Jonquiérois enfilent trois victoires dans cette série. Vous imaginez un instant si Richard Martel arrivait à réaliser cet exploit? Il passerait pour un dieu. La ville de Saguenay devrait songer à ne pas faire fondre trop rapidement la glace du Centre Georges-Vézina, tout d'un coup que les Marquis réalisent un miracle. Les Jonquiérois pourraient facilement remplir la baraque de la rue Bégin dans une série finale. On rêve un peu

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