Sébastien Lapierre vise le pôle Sud en solitaire

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Natif de Saint-Honoré, le fondeur Sébastien Lapierre tentera de rallier le pôle Sud.

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«Les expéditions, pour moi, c'est un peu une drogue. J'ai de la misère à voir le jour où je vais arrêter d'en faire.»

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En novembre, Sébastien Lapierre skiera les 1200 km seul, en totale autonomie, qui lui permettront d'atteindre le pôle Sud. Il devra tirer quelque 225 livres de bagages, dont la moitié est constituée de nourriture et de carburant. 

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Celui qui parle ainsi, c'est Sébastien Lapierre, un aventurier natif de Saint-Honoré qui tentera, en novembre prochain, de réaliser une première canadienne en ralliant le pôle Sud seul en ski et en complète autonomie. Un exploit peu commun quand on sait qu'il y a plus de gens qui ont atteint le sommet de l'Everest ou voyagé dans l'espace que de gens qui ont relevé le défi auquel s'attaquera Sébastien Dion.

À la différence de Frédéric Dion, Lapierre tentera d'atteindre le pôle géographique de l'Antarctique en skiant environ 10 heures par jour, sans avoir recours à la traction par voile. Seulement une vingtaine de personnes ont réussi cet exploit, et ce père de famille de 37 ans compte bien faire partie de ce club sélect à l'issue des 60 jours prévus pour la durée totale de cette expédition de 1200 kilomètres.

Ce pompier de Québec, qui a toujours relevé des défis d'envergure, a commencé ses expéditions audacieuses en 2010 avec le Groenland, puis en 2013, avec le Passage du Nord-Ouest en kayak de mer.

Non rassasié de cette dernière expédition, il a dès lors commencé à travailler sur ce nouveau défi.

De fil en aiguille, son projet a pu prendre son envol grâce au soutien substantiel obtenu de Kanuk. Le fabricant de chauds manteaux d'hiver et de vêtements de plein air profite en effet de son expertise pour lui faire tester ses vêtements d'expédition polaire et les peaufiner à l'aide de ses commentaires.

Deux mois seul

Sébastien Lapierre a choisi de réaliser son projet en novembre prochain, où ce sera «l'été» en Antarctique. «De la mi-novembre à la fin janvier, ça nous donne une fenêtre de deux mois où les températures sont un peu plus propices», mentionne celui qui ne sera relié au reste du monde que par des communications radio.

«Je traîne tout et je n'aurai aucune aide. Je n'ai pas de ravitaillement. J'aurai seulement des communications radio par mesure de sécurité. Ma p'tite vie, pour ces deux mois, se résumera à mon traîneau», image celui qui prévoit 10 heures de ski par jour, pendant les 45 jours de ski prévus.

«Chaque heure est divisée en 50 minutes de progression et dix minutes pour se réhydrater et se nourrir. Je ferai ça dix fois durant chaque journée.»

Il devra tirer environ 225 livres en terme de bagages, «dont la moitié sera de la nourriture et le carburant qui me permettra de faire fondre de la neige pour avoir de l'eau (et une centaine de livres pour se nourrir). J'ai une petite trousse de réparation à la MacGyver».

«Ça demande un peu d'improvisation. On l'a vu avec Fred Dion, qui a fait des réparations avec les moyens du bord. On ne peut rien traîner en double. On y va avec des produits de haute qualité en espérant que rien ne brise», souligne celui qui a encore un frère et une soeur au Saguenay.

De par son travail de pompier, Sébastien Lapierre possède déjà un bon cardio. Même s'il s'entraîne déjà sur une base régulière, il lui faut aussi travailler à s'endurcir au niveau des hanches pour être capable de tirer son traîneau.

Pour habituer son corps aux coups à répétition, il s'entraînera cet été à tirer des pneus couchés à plat.

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Une première expédition en tant que papa

L'expédition en solitaire en Antarctique sera la première de Sébastien Lapierre en tant que papa. Qu'il le veuille ou non, ce nouveau contexte teintera l'aventure d'une couleur très différente des précédentes expéditions.

«Quand j'ai fait le passage du Nord-Ouest, ma conjointe était enceinte. Et là, notre deuxième enfant naîtra cet été. Ce sera donc très très différent pour moi et pour eux aussi. Pour ma conjointe aussi, ce sera une expédition en soi avec les deux enfants à gérer», convient le pompier natif de Saint-Honoré.

Bien que sa conjointe, Tania Bouchard, soit habituée à ses défis d'envergure (ils sont ensemble depuis 15 ans), il n'en demeure pas moins qu'il y a toujours une part d'inquiétude. «Surtout qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver et que récemment, un Britannique est mort là-bas des suites de complications, en faisant sensiblement ce que je vais faire. Mais mes proches me connaissent et savent que j'ai des moyens de communication.»

Sébastien Lapierre souligne qu'il ne se met pas de pression dans chacun des défis qu'il entreprend. «Ça n'est jamais une obligation de réussir. Je fais ça pour en revenir et avoir des choses à raconter. Le but est le voyage en soi et non la destination. Je m'en vais là-bas et si ça tourne mal, je ne suis pas prêt à payer de ma vie», précise-t-il.

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Repousser ses limites

Pour Sébastien Lapierre, chaque expédition est l'occasion de repousser ses limites. «C'est pour cela qu'il y a un défi de plus chaque fois. Je veux voir ce que je suis capable de faire dans la difficulté, car c'est dans la difficulté qu'on apprend. En expédition, on n'a pas de portes de sortie; on peut seulement affronter la situation et apprendre à vivre avec ça. Et c'est ce que j'aime: me mettre dans une situation où je sais que j'aurai besoin d'aller chercher des ressources très loin en moi.»

Bien sûr, l'aventurier de 37 ans partage son vécu par l'entremise de conférences, mais ce n'était pas le but premier de ses expéditions. «C'est venu en voyant l'intérêt des gens. Au début, je ne faisais pas de conférences, je faisais ces défis pour moi, mais les gens voulaient que je partage mon expérience», explique Lapierre qui pourrait éventuellement partager ses expéditions dans un livre, puisque toutes ces activités aident à financer ses projets.

Appui populaire

Parlant de financement, la population peut l'appuyer en s'inscrivant à la section VIP de son site web polesud2016.com au coût de 3$ US. Les abonnés auront accès à du contenu exclusif sur son site au coût de 3$US, et à la carte interactive pour suivre sa progression. Grâce à l'appui populaire et à des commandites, Sébastien Lapierre devrait être en mesure de réunir les 100 000$ estimés pour la réalisation de cette première canadienne. Il fait d'ailleurs partie des sept finalistes de la bourse Osez l'aventure instaurée par Frédéric Dion. Le gagnant, qui sera connu le 18 avril, recevra un prix de 5000$ en argent et 5000$ en équipement.

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