Le monde du patinage désapprouve

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Natif de Ferland-et-Boilleau, Samuel Girard rappelle que sans glace de dimension olympique, les patineurs de vitesse qui voudront poursuivre leur développement devront déménager plus tôt à Montréal, soit vers 13 ou 14 ans, plutôt qu'après leur secondaire.

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Catherine Doré
Le Quotidien

L'annonce de 25 millions de dollars pour rénover le centre Georges-Vézina n'a pas fait que des heureux. Le projet, qui implique de faire l'impasse sur la glace internationale au profit d'une glace «standard», est fortement critiqué dans le monde du patinage de vitesse courte piste.

Membre de l'équipe nationale, Samuel Girard, 19 ans, estime que la disparition de la glace de dimension olympique sera dommageable pour les athlètes.

«Ça enlève l'idée de base du Centre d'excellence Marc Gagnon, qui était de réunir les athlètes de la région à un même endroit.»

«Le centre aide beaucoup au développement des jeunes de 10 à 16 ans. C'est important d'être bien encadré, si ensuite vient l'opportunité d'aller à Montréal.»

Natif de Ferland-et-Boilleau, Samuel Girard sait de quoi il parle. Il a quitté la région à 17 ans, soit il y a près de trois ans, pour se joindre à l'équipe de développement, puis l'équipe nationale. Sans glace adaptée au patinage de vitesse, c'est à 13 ans qu'il aurait dû quitter le domicile familial.

«Pour devenir bon, il faut s'entraîner dans les bonnes conditions. Une glace normale ne permet pas d'atteindre une vitesse de pointe élevée puisqu'il y a davantage de risques.»

«La glace olympique permet donc de s'entraîner et de rester dans la région plus longtemps. On peut finir son secondaire avec ses amis et repousser le départ. Ce ne sont pas tous les jeunes qui sont prêts à partir seuls à Montréal à 13 ans!», rappelle-t-il avec sagesse au bout du fil.

L'aspect monétaire joue un rôle tout aussi important.

«C'est sûr que pour les parents, ce sont des coûts supplémentaires. Ce ne sont pas tous les parents qui ont les moyens de débourser de telles sommes. Le jeune doit donc parfois abandonner le patin», déplore Girard.

Compétitions

Entraîneur pour Patinage de vitesse Canada, Frédéric Blackburn, qui a eu, à l'image des athlètes, une fin de semaine occupée avec la tenue des championnats canadiens, a appris la nouvelle par l'auteure de ces lignes, lundi.

«C'est malheureux», a-t-il d'abord laissé tomber lorsque joint par téléphone.

«Tous les athlètes qui sont venus faire une Coupe du monde à Chicoutimi ont parlé de la plus belle expérience qu'ils ont eue.»

«L'aréna est parfait pour le patinage de vitesse. La façon dont les estrades sont aménagées, juste assez près de la glace, la capacité, qui est juste assez pour permettre de remplir à 100% et d'avoir une ambiance... c'est parfait.»

«C'est triste, surtout que la tendance est à la construction d'aréna avec des glaces internationales, comme c'est le cas à Laval», regrette l'entraîneur.

Frédéric Blackburn questionne aussi la réflexion qui a poussé à ce changement.

«Est-ce qu'il y a eu une réflexion? La première question que je me poserais, c'est de savoir est-ce que ça change tant que ça le développement des joueurs de hockey? Car en Europe, tous les arénas ont des dimensions olympiques. Est-ce qu'il y a moins d'Européens?»

«Je ne suis pas en désaccord. Mais en tant qu'entraîneur, je me demande sur quoi ils se sont basés. Sur le développement du joueur? Ou plus sur le côté spectacle?»

«C'est malheureux, surtout que de gros efforts avaient été faits pour créer des zones de chute sans bande, ce qui va devenir la nouvelle norme pour les compétitions internationales de l'ISU (International Skating Union, qui régit le patinage de vitesse). Sans glace, on ferme complètement la porte à la compétition», de conclure Frédéric Bouchard.

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Twitter

Sur Twitter, l'ex-patineuse Caroline Truchon a partagé l'article du Quotidien du 18 janvier «L'avenir du patinage de vitesse incertain». «Je suis sans mot! C'est du grand n'importe quoi! Avoir travaillé si fort pour détruire ça!», a commenté la Chicoutimienne. Son gazouillis a été partagé par Patinage de vitesse Canada qui a commenté à sa façon d'un «Dislike: (» (je n'aime pas).

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