L'avenir du patinage de vitesse incertain

Le président du club de patinage de vitesse... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Le président du club de patinage de vitesse Les Comètes de Chicoutimi, Frédéric Maltais, et le président de l'association régionale Christian Simard, dénoncent l'abandon de la glace olympique prévu dans le projet de rénovation du centre Georges-Vézina.

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Sans glace olympique au centre Georges-Vézina, l'existence du centre régional d'excellence en patinage de vitesse courte piste est remise en question, au point où les jeunes athlètes seront menacés de devoir quitter la région pour poursuivre leur développement.

Dans Le Progrès-dimanche, le maire de Saguenay Jean Tremblay a dévoilé un projet de 25 M$ pour rénover l'aréna de Chicoutimi en redonnant au passage à la patinoire une dimension normale pour le hockey junior majeur. La nouvelle a créé une onde de choc dans le milieu du patinage de vitesse. Le président de l'association régionale Christian Simard et celui du club Les Comètes, Frédéric Maltais, lancent un cri du coeur au nom des familles qui ont décidé de s'investir dans ce sport.

Glace olympique

«La fédération québécoise exige une glace olympique pour les niveaux élite et provincial, sinon c'est trop dangereux à la vitesse que les patineurs vont dans les virages. Cela veut dire que dès 14 ans, les jeunes qui progressent à ce niveau devront prendre la décision d'arrêter le sport ou de s'expatrier à Québec ou à Montréal pour continuer d'évoluer», plaide M. Simard, aussi affilié au centre d'excellence Marc Gagnon.

Ce dernier permet aux meilleurs patineurs de la région de s'entraîner ensemble tout en restant membres de leur club respectif, par le biais des Comètes qui ont l'entente d'utilisation de la patinoire avec la Ville. Le président souligne que le centre a une réputation solide à travers tout le pays et que Saguenay s'enorgueillit de ses produits. «On se sert des noms des vedettes développées ici pour rayonner, les Valérie Maltais et les Samuel Girard, et là on va nous faire disparaître!»

Actif important

Frédéric Maltais déplore que son club n'ait pas été sondé, alors que le projet prévoit le réaménagement de ses installations. «Si on perd la glace olympique, on n'a même plus de raison d'être au centre Georges-Vézina. On a toujours réussi à cohabiter avec l'équipe de hockey des Saguenéens de Chicoutimi, c'est un actif important pour la région. On veut que la collaboration continue, mais pas de la manière que cela a été annoncé ce matin [dimanche]. On espère pouvoir être intégré comme des parties prenantes du projet. On pourrait aussi avoir notre propre patinoire, mais il y aurait des coûts supplémentaires.»

La Ville a l'intention d'obtenir des subventions fédérales et provinciales pour les rénovations. «Ça concerne tous les contribuables, et les retombées doivent revenir à l'ensemble des utilisateurs. On ne peut pas déshabiller Pierre pour habiller Jacques», poursuit Christian Simard, qui accorde que les travaux de l'aréna sont une dépense nécessaire. Le président se désole que cela se fasse au détriment d'un autre sport et que les acquis, obtenus lors de la construction de la glace olympique en 2002 après de longues démarches auprès des diverses instances gouvernementales, ne puissent être conservés.

«De plus en plus, on cherche à créer de nouvelles patinoires olympiques, et ici on fait le contraire, on veut débâtir ce qui a coûté près de 6 M$ à construire!»

Les Comètes dans l'incertitude

L'annonce du retrait possible de la glace olympique au centre Georges-Vézina tombe mal pour le club de patinage de vitesse Les Comètes de Chicoutimi, en pleines démarches avec le centre d'excellence Marc Gagnon pour accueillir les Championnats canadiens en janvier 2017.

Ceux-ci se déroulaient justement en fin de semaine à Montréal, où plusieurs produits de la région se sont illustrés, dont Samuel Girard, Valérie Maltais, Kasandra Bradette et Marianne Saint-Gelais. Selon les normes, il faut une patinoire de 200 pieds de longueur par 100 pieds de largeur, alors que le projet annoncé dimanche prévoit une nouvelle glace de 200 pieds par 85.

Pas de consultation

« Ça nous plonge dans l'incertitude, laisse tomber le président du club Frédéric Maltais. On continue nos démarches avec espoir. On ne sait pas si le projet de rénovation va vraiment se faire, encore moins quand. Mais si l'association canadienne de patinage de vitesse voit qu'on n'aura peut-être plus de glace olympique, qu'est-ce qu'elle va bien pouvoir nous dire? »

Puisqu'il n'a pas été consulté, M. Maltais ignore même où les jeunes patineurs pourront s'exercer durant les travaux au centre Georges-Vézina, d'une durée estimée à un an. Les Saguenéens de Chicoutimi devraient quant à eux être transférés au Palais des Sports de Jonquière.

En 2014, Saguenay a perdu une épreuve de Coupe du monde au profit de Montréal. Le comité a alors été informé qu'il avait « d'excellentes chances » d'être accepté s'il présentait un projet pour tenir les Championnats canadiens, où les trente meilleurs patineurs féminins et masculins sont invités afin de déterminer ceux qui participeront aux Championnats du monde. Le maire Jean Tremblay argue que les compétitions de patinage de vitesse courte piste ont lieu dans les grands centres depuis quelques années, ce qui justifie de favoriser une glace mieux adaptée au hockey junior majeur.

« Il y a plus que ça à prendre en compte. La priorité, c'est que les jeunes puissent développer leur plein potentiel, en restant dans la région le plus longtemps possible et en sauvant des coûts aux parents, qui sont grandement impliqués dans le sport », soutient le président de l'association régionale, Christian Simard, affilié au centre Marc Gagnon.

Selon lui, accueillir une épreuve de calibre mondial pourrait demeurer possible dans les prochaines années. « La fédération n'a pas fermé la porte. Il suffit qu'un groupe intéressé se forme et réussisse à bâtir une équipe de travail, disponible pour au moins un an de préparation, pour présenter leur candidature. Pour l'instant, les bénévoles qui travaillent dans les clubs de la région le sont déjà presque à temps plein. »

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