La pression silencieuse des parents

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Le documentaire est l'idée de trois pères impliqués dans le hockey mineur, le producteur Vincent Gourd, le réalisateur Louis Bolduc et le scénariste et journaliste sportif à La Presse Mathias Brunet.

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Dans le monde du sport, le jeu ne demeure pas toujours un jeu. Le documentaire Parents Inc. fait une incursion pour le moins intense dans le monde du hockey mineur, mettant l'accent sur la pression silencieuse exercée sur les jeunes.

Le documentaire est l'idée de trois pères impliqués dans le hockey mineur, le producteur Vincent Gourd, le réalisateur Louis Bolduc et le scénariste et journaliste sportif à La Presse Mathias Brunet. «On voyait ce qui se passait dans nos vestiaires et la violence bien documentée dans les estrades avec l'explosion de parents trop intempestifs qui crient après les arbitres et les entraîneurs. On a simplement voulu faire un portrait de la réalité», explique Vincent Gould en entrevue téléphonique.

«Ce qu'on ne voit pas, c'est toute cette pression silencieuse exercée par des parents qui veulent juste bien faire dans le fond. Ils mettent toutefois une pression énorme sur les jeunes qui veulent juste s'amuser», reprend-il.

Depuis quelques jours, la scène forte du film, qui sera diffusé dimanche soir sur les ondes des Canal D, circule abondamment sur le Web. On y voit le jeune Zach, un gardien qui, après avoir accordé quelques buts, recherche des signes que son père, Frédéric Tremblay, lui fait habituellement des estrades, mais ce dernier l'ignore. Le jeune éclate donc en sanglots pendant que la partie se poursuit, la scène forte du film, confirme Vincent Gourd.

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Frédéric Tremblay a pris l'habitude de faire des signes à son fils, un gardien de but, pendant les matchs. Lorsqu'il l'ignore, le jeune éclate en sanglot pendant que la rencontre se poursuit, la scène forte du documentaire Parents Inc. indique le producteur Vincent Gourd.

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Le producteur précise que le film, d'une durée de 1h10, n'est pas composé uniquement de ce genre de scènes. Cinq jeunes sont suivis, et surtout leurs parents - deux modérés et deux plus impliqués - avec des interventions de spécialistes comme des anciens joueurs, des entraîneurs, des agents et des arbitres. En cours de tournage, les responsables ont fait la rencontre d'une mère qu'ils ont décidé d'inclure et qui faisait partie des plus intenses. Le producteur précise que dans le casting initial, Frédéric Tremblay faisait partie des modérés... «On montre ce qu'il se passe avec cinq parents impliqués à des degrés différents, explique Vincent Gould. On savait à peu près où on s'en allait. On savait exactement en fait ce qu'on allait voir parce qu'on connaissait nos parents et leurs vies. On a eu à peu près ce qu'on avait, avec des surprises à gauche et à droite.

«Ce ne sont pas des extraterrestres. Ces parents, c'est la normalité dans nos vestiaires. Il y en a partout. Oui il y a de belles histoires, mais malheureusement, il y a beaucoup trop de pression», convient-il, assurant que le film ne porte pas de jugement, tâche laissée à l'auditeur, raconte-t-il.

À quelque part, pour que les jeunes atteignent les plus hauts sommets, les parents doivent être derrière les enfants et pousser la machine, ce qui comprend de nombreux sacrifices, ce que résume l'un des pères interrogés, Jean-Yves Roy. «On parle de hockey parce que c'est ce qui nous concerne. Ça s'applique au tennis, au ski alpin, à tout ce qui est discipline d'élite. Si tu veux que ton enfant fasse de l'élite, ça prend ça.»

Les producteurs touchés personnellement

Avec le documentaire Parents Inc., les instigateurs désiraient forcer une réflexion. Ils ne pensaient probablement pas être atteints personnellement.

«En faisant ce film-là, je me suis rendu compte que j'en mettais peut-être un peu trop sur les épaules de mon fils de neuf ans. J'ai décidé de mettre la pédale douce sur les camps d'été et de powerskating la fin de semaine. Je me suis dit que s'il est pour accéder à la Ligue nationale, ça va se faire tout seul, parce qu'il a le goût», pointe Vincent Gourd.

Maintenant, quand j'attache son casque dans le vestiaire avant un match, je lui dis juste ''amuse-toi''», annonce-t-il.

«À la fin, on veut que les gens qui vont le voir aient la réflexion de se regarder dans le miroir et se dire que dans le fond, c'est juste un jeu. C'est vrai au hockey, mais aussi au soccer, au baseball, au football. Mon fils joue au soccer l'été et c'est pareil. La pression est sur les enfants. C'est fort et c'est peut-être trop», note le producteur du documentaire, présenté en première mondiale en novembre au Festival du cinéma international d'Abitibi-Temiscamingue. Vincent Gourd est conscient que le produit final est intense et peut déranger.

«Si tu n'es pas dans le hockey ou dans l'élite d'un sport, la réaction des gens sera que c'est scandaleux. Ceux qui sont dans le hockey, pour eux, c'est normal ou à peu près», plaide-t-il, avouant qu'une suite est dans les plans.

«On envisage différentes pistes. Il y a encore d'autres histoires à raconter», assure Vincent Gourd.

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