Gardienne dans le bantam AA

Amy-Léa Petiquay est gardienne pour les Espoirs du... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Amy-Léa Petiquay est gardienne pour les Espoirs du Lac-Saint-Jean bantam AA.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

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Les jeunes filles de 13 ans sont nombreuses à être gardiennes. Gardiennes d'enfants. Amy-Léa Petiquay, elle, se spécialise dans un tout autre type de garde. Celle des buts.

Le mot «spécialise» n'est pas ici utilisé à tort et à travers: gardienne de but par excellence dans l'atome CC, l'atome BB, le pee-wee BB, puis nommée, avec son coéquipier William Blackburn, meilleur duo de l'année au Québec dans le pee-wee AA, voilà que Petiquay fait partie des Espoirs bantam AA du Lac-Saint-Jean. Bien entendu, les tirs auxquels elle fait face proviennent de lancers dirigés par des garçons, et non des filles.

La native de Mashteuiatsh n'en est qu'à sa première année d'éligibilité dans le bantam AA, plus forte ligue bantam dans la région. Son entraîneur n'a pourtant pas hésité une seconde avant de la choisir. Le fait que le duo dont elle faisait partie l'an dernier a maintenu la meilleure moyenne de buts alloués au Québec a possiblement pesé dans la balance.

«Lorsqu'elle est arrivée au camp, je la regardais et il ne faisait pas de doute qu'elle ferait partie de l'équipe. Elle a de bonnes qualités athlétiques et - ça peut paraître cliché -, mais j'ai rarement vu quelqu'un travailler aussi fort. Dans les entraînements, elle n'est jamais battue», explique Marc-André Gagnon.

«Amy-Léa, ce n'est pas compliqué, elle veut toujours être la meilleure, explique son père, Maxime Petiquay. C'est ce qui la motive le plus. Elle a décidé qu'elle jouerait pour Équipe Canada un jour. C'est ça son objectif et elle veut absolument prouver qu'elle va être capable.»

Ses parents, hésitants, ont demandé aux dirigeants du hockey de développement si une fille pouvait jouer dans le calibre le plus fort de la région. Ils lui ont répondu que tant qu'un joueur a les habiletés nécessaires, peu importe qu'il soit une fille ou un garçon, il peut faire l'équipe. Elle serait en fait la troisième fille à jouer dans la structure, après les gardiennes Émy Saint-Jean et Lorianne Ménard, selon Jean Leclerc, de Hockey Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour Amy-Léa, jouer avec des garçons est tout naturel.

«J'ai toujours joué avec des gars; je commence à être habituée pas mal. J'ai participé à deux tournois avec les filles au printemps. Je veux par contre rester avec les gars aussi longtemps que possible. C'est sûr qu'il y a un temps où je devrai possiblement jouer avec les filles. On verra rendu là.»

Amy-Léa n'est pas la seule fille dans la ligue de hockey bantam AA provinciale. «Il est déjà arrivé que j'affronte une autre gardienne, plus tôt dans la saison. La plupart du temps, mes adversaires ne savent même pas que je suis une fille, donc aucune chance que je me fasse trop agacer. Derrière le masque, on ne voit pas grand-chose!»

Inquiétudes dissipées

Ses entraîneurs craignaient quelque peu qu'elle ne s'intègre pas au groupe.

«Elle se tient avec les gars tout le temps, explique Marc-André Gagnon. Elle s'est tellement bien adaptée! C'était cela qui nous inquiétait un peu, mais pas du tout. Elle ne se place pas dans un coin, loin de là. Elle a bien sa chambre à elle, autant à l'aréna qu'à l'hôtel, mais sinon, elle est toujours avec l'équipe.»

Quant au fait qu'elle est Autochtone, encore là, Amy-Léa fait fi des préjugés.

«Nous avons dans l'équipe quatre Autochtones qui demeurent sur la réserve à Mashteuiatsh, explique Marc-André Gagnon. Les Autochtones sont souvent marqués par les préjugés. Les joueurs que l'on a dans notre équipe sont A1 et proviennent de très bonnes familles. Tout le monde est intégré.»

Si elle est un modèle à Mashteuiatsh, elle l'est aussi à l'extérieur des frontières de la réserve amérindienne, assurent ses parents.

«Elle est un modèle dans la communauté, oui, mais elle n'est pas reconnue seulement dans la communauté. Amy-Léa est une fille qui sourit tout le temps. Elle est super appréciée, peu importe où.»

Aux derniers Jeux autochtones, tenus à Mashteuiatsh, Amy-Léa a été nommée athlète cadette par excellence. L'Amérindienne a gagné l'or au lancer du javelot, au lancer du disque et au lancer du poids, de même que l'argent au saut en longueur. En termes de moyenne d'efficacité, on peut (encore une fois) difficilement faire mieux.

Pour remplir un chandail

C'est pour «remplir un chandail», littéralement, que la petite Amy-Léa, alors âgée de quatre ans, a commencé à jouer au hockey.

«J'entraînais mes petits gars, et ça prenait huit joueurs, explique son père, Maxime. C'était du pré-novice. Je traînais toujours une poche de plus, au cas où on manquerait de joueurs. Comme de fait, nous étions juste sept pour une partie.» Amy-Léa est donc sautée sur la glace. Elle avait appris à patiner à trois ans, dans des cours de patinage artistique. À quatre ans, la voilà qui «jouait» au hockey.

«Elle restait dans le centre de la glace, elle tombait parfois et regardait ses ongles! Mais elle a eu la piqûre, soutient sa mère, Véronique Duchesne. Après ça, elle a été remplaçante plusieurs parties. Elle ne voulait plus arrêter.»

Amy-Léa provient d'une famille de hockeyeurs. Son père, Maxime, a déjà participé au camp des défunts Faucons de Sherbrooke dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il entraîne aujourd'hui les cerbères du junior AA, du bantam CC, de l'atome CC et du novice à Roberval. Son frère Jeffrey, 17 ans, est aussi gardien. Il évolue pour les Lynx juvéniles du Pavillon Wilbrod-Dufour. Simon, 15 ans, a quant à lui décidé de ne pas porter les grosses jambières. Il joue néanmoins également pour les Lynx, comme son frère.

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