10h de route pour 5 km de jogging!

Quelque 500 pères Noël ont couru dans les... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais)

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Quelque 500 pères Noël ont couru dans les rues de Jonquière, hier, à partir de la bibliothèque située sur la rue Saint-Dominique.

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Une course de cinq kilomètres avec un chapeau de père Noël sur la tête peut être une belle occasion de s'amuser tout en faisant de l'activité physique. Elle peut aussi revêtir une importance bien plus grande.

Les participants se sont réchauffés, en dansant un... (Photo Le Progrès-Dimanche, Mariane L. St-Gelais) - image 1.0

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Les participants se sont réchauffés, en dansant un peu.

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Jess, Yan-Lee, Lonely et Kenneth Awashish, de même... (Photo courtoisie) - image 1.1

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Jess, Yan-Lee, Lonely et Kenneth Awashish, de même que Tommy Chachai, ont participé à la course d'hier en compagnie de leurs accompagnateurs Audrey Lemieux, Guillaume Quirion et Jeff Gagnon.

Photo courtoisie

Cinq jeunes Atikamekws d'Opitciwan ont fait dix heures de route, hier, pour participer à la course des pères Noël dans les rues de Jonquière.

«Faire cette course de cinq kilomètres, c'est une grande réussite personnelle dont ils vont pouvoir se vanter à toute la communauté. C'est important, note l'enseignant de français Jeff Gagnon. Ce que l'on souhaite, c'est que ça fasse des petits. Pendant ce temps, ça évite que les jeunes fassent autre chose. L'alcool et la drogue sont des fléaux dans la réserve.»

Plus de 2000 Atikamekws vivent à Obedjiwan - appelé Opitciwan en atikamekw. Le conseil de bande constitue le principal employeur de la réserve. Sur les 315 personnes âgées de 15 à 24 ans recensées en 2006 par le gouvernement du Canada, 275 n'avait aucun diplôme et aucun n'avait obtenu de diplôme du cégep ou d'université. La vie n'est donc pas toujours rose à Opitciwan. En entrevue, Jeff Gagnon ne tentait d'ailleurs pas de minimiser les problèmes.

«J'avais ouvert l'activité à tous les niveaux. J'ai été obligé de leur tirer la manche pour que certains acceptent de venir. Les jeunes ne sortent presque jamais de la réserve. Le village le plus proche est La Doré. Nos élèves ont tous au moins deux ans de retard scolaire par rapport aux élèves francophones.»

L'atikamekw est beaucoup parlé en famille, dans la réserve. À l'école, les élèves apprennent les notions du primaire dans leur langue maternelle, mais doivent passer au français lorsqu'ils arrivent au secondaire. Ils ont par contre l'occasion de suivre des cours d'art traditionnel au secondaire, afin que se perpétuent les traditions.

«Les gens sont très timides, sur la réserve. J'ai besoin en moyenne de six mois pour être capable d'établir une bonne relation avec mes élèves. Une course comme celle-là leur permet de travailler sur leur estime d'eux-mêmes. C'est aussi une source de valorisation et de confiance.»

Lui-même marathonien, Jeff Gagnon a voulu que de jeunes Atikamekws s'intéressent à la course.

«C'est un peuple qui est très accroché au hockey. C'est difficile de les intéresser à d'autres sports. Ils veulent tous devenir Crosby ou Ovechkin. On les a préparés un mois à l'avance. Ça leur démontre la persévérance dont ils ont besoin. Venir avec eux à Jonquière, c'est leur récompense. Ça fait changement pour eux des activités normales.»

Tommy Chachai et Kenneth Awashish, qui étudient tous deux à l'École secondaire Mikisiw, se sont levés à 6h du matin hier pour arriver à temps pour la course qui se tenait à 14h30.

«On a beaucoup aimé ça, a dit Kenneth, qui avait déjà visité Jonquière avec un oncle afin d'acheter une motoneige et des jeux vidéo. Normalement je joue au hockey. La course, ça fait différent.»

Tommy, lui, n'avait jamais mis les pieds à Jonquière. Adepte de musculation, il souhaite continuer à courir.

Hier, Jess, Yan-Lee et Lonely Awashish étaient aussi de la partie. Seront-ils de retour à Jonquière l'an prochain?

«L'objectif est d'y être en plus grand nombre, souligne Jeff Gagnon. Pour cela, il va par contre falloir qu'ils persévèrent...»

En bref

• Des participants d'une dizaine de villes à l'extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont pris le départ, hier. Certains provenaient d'aussi loin que Toronto...

• Il s'agissait de la cinquième édition de l'événement. Une trentaine de bénévoles ont aidé les organisateurs, en outre pour s'assurer que tous prennent le bon chemin...

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