Challenger Banque Nationale

Jovana Jaksic, un amour de championne

La deuxième fois a été la bonne pour... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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La deuxième fois a été la bonne pour Jovana Jaksic, qui a remporté le titre du Challenger Banque Nationale de Saguenay.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

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Serge Émond
Le Quotidien

Chaque année, pendant la période du Challenger Banque Nationale de Saguenay, le Club de tennis intérieur Saguenay décore son entrée en utilisant de grandes photographies des anciennes championnes du tournoi. Dans un an, il pourra ajouter celle de Jovana Jaksic. La Serbe a conclu le dixième anniversaire de l'événement en arrachant une victoire en trois manches de 6-3, 6-7 et 6-1 à la Suisse Amra Sadikovic, hier.

Rarement une victoire au tournoi de Saguenay aura été aussi populaire. Celle qui y participait pour la deuxième fois (elle a perdu en finale contre Julie Coin en 2014) est tombée en amour avec le Challenger et son lieu de présentation. Et les spectateurs le lui rendent bien. Elle est devenue une coqueluche pour plusieurs d'entre eux et le déroulement de la finale n'a rien fait pour baisser sa cote de popularité.

Mais le support du public ne donne pas de points au tennis et Jaksic n'a pas eu la tâche facile contre la Suisse. En fait, le match s'est vraiment joué en trois temps.

La Serbe, 228e au monde avant le tournoi, a enlevé la première manche principalement en raison de son efficacité au service. Elle n'a alors perdu qu'un seul point sur son service. Le vent a tourné en deuxième manche quand Sadikovic a trouvé des solutions au service de sa rivale. Après avoir enlevé le bris d'égalité, la Suisse semblait en position de succéder à Julie Coin. Jaksic a cependant retrouvé son aplomb pour se sauver avec la victoire.

«Je m'attendais à un match difficile, a signalé Jaksic. Je l'avais affrontée il y a environ deux ans et elle avait gagné. Mais c'était en Suisse, elle était sur son terrain. J'aime croire que j'étais sur mon terrain aujourd'hui (hier). Elle a connu une très bonne semaine. Elle a battu de bonnes joueuses. Elle est de retour au jeu après avoir arrêté pendant un certain temps. Elle a connu du succès depuis quelques semaines et je savais que ce serait difficile. Je suis très contente d'avoir gagné.

«Au deuxième set, j'ai réussi à briser son service (pour prendre les devants 4-3), mais j'ai suivi avec ma pire partie du match. J'ai ressenti un peu de pression, mais elle a bien joué et profité de ses chances. Je n'étais pas agressive et elle en a profité. Elle a commencé à mieux lire mon service, à être plus agressive sur mon deuxième service et à s'habituer à mon jeu. Ça arrive pour les deux joueuses pendant un match. C'est à ce moment-là qu'il faut apporter des ajustements. Avant le troisième set, je me suis dit que nous étions à égalité et que je devais me battre jusqu'à la fin.»

Vice-championne en 2014 et championne en 2015, le Challenger Banque Nationale de Saguenay n'offre que de bons souvenirs à celle qui a mis la main sur un chèque de 7600$ en l'emportant. Invitée à prendre la parole après la finale, elle a pris la peine de remercier tous ceux qui ont rendu ses deux séjours aussi agréables.

«J'adore ça ici, a-t-elle ajouté un peu plus tard. Les gens sont extraordinaires. Je ne changerais pas (ce tournoi) pour rien d'autre. Depuis mon premier match l'an passé, j'ai l'impression d'être à la maison. Je ressens l'amour que les gens ont pour moi et je ressens la même chose à leur endroit. J'ai vraiment hâte de revenir l'an prochain. C'est un endroit extraordinaire.»

Et si son classement mondial s'est tellement amélioré l'an prochain qu'une participation au tournoi de Saguenay ne peut plus s'inscrire à son agenda?

«Alors je reviendrai en visite», a répondu la nouvelle championne en riant.

Mauvais départ

De son côté, Amra Sadikovic a noté que deux mauvais départs ont fait la différence. Celle qui a relancé sa carrière il y a quatre mois, après l'avoir mise en veilleuse pendant 14 mois, a tout de même tracé un bilan très positif de sa semaine à Saguenay.

«Comme samedi, j'ai connu un mauvais début de match et commis beaucoup d'erreurs, a résumé la 301e joueuse au monde. J'ai réussi à revenir, mais elle a connu un meilleur départ au troisième set. J'ai perdu un peu ma concentration et soudainement c'était 3-0 en sa faveur. J'ai essayé de revenir, mais ce fut impossible. C'est quand même un bon tournoi pour moi. Je suis heureuse d'avoir atteint la finale, puisque je suis de retour au jeu depuis quatre mois.»

D'ici deux ans: de 50 000$ à 75 000$

D'ici deux ans, le Challenger Banque Nationale de Saguenay pourrait passer d'un tournoi doté de 50 000$US en bourses à l'étape des 75 000$.

Directeur du tournoi pour Tennis Canada, Richard Quirion confirme que le projet est sur la table depuis deux ans et que Saguenay fait partie des plans. «S'il s'agissait seulement d'une question d'argent, on l'aurait probablement déjà augmenté. Mais on essaie de regarder nos budgets et d'investir aux bons endroits année après année. Je suis certain que le tour de Saguenay viendra bientôt. On va être rendu là et on va l'augmenter.

«Si Charlotte (Robillard-Millette) continue à bien faire, on va probablement devoir apporter un peu plus d'argent au tournoi. Si l'on donne plus de points aux joueuses, ça vient avec une augmentation de la bourse. C'est une question d'une année ou deux, estime-t-il. Ça fait déjà deux ou trois ans que j'en parle avec les gens de la Haute performance et ils sont d'accord. C'est vraiment une question de budget de Tennis Canada. On essaie aussi de voir si on pourrait trouver un commanditaire qui ferait en sorte d'assumer à 50-50 la hausse. Si on pouvait avoir un coup de main, ça pourrait faire avancer les choses.»

De belles surprises

Cette 10e édition aura aussi été marquée par d'agréables surprises, avec la progression confirmée des jeunes joueuses comme Charlotte Robillard-Millette et Marie-Alexandre Leduc. «Nous avons eu une belle délégation canadienne, souligne d'entrée de jeu M. Quirion. Marie-Alexandre a vraiment bien joué et a pris de la maturité. Jouer aux États-Unis amène beaucoup de maturité parce qu'elle affronte des joueuses qui sont là pour gagner et qui essaient de le faire de toutes sortes de façon qu'elle ne retrouvera pas nécessairement sur le circuit professionnel. Ça lui permet donc d'évoluer et son jeu a vraiment progressé.

«Quant à Charlotte, elle a prouvé qu'elle est vraiment la relève du tennis féminin. À 16 ans seulement, elle a vaincu une ancienne top-20 mondiale et elle a chauffé Maria Sanchez (6e tête de série). Elle a tout un avenir devant et elle a une belle attitude. Elle frappe fort. J'écoutais l'entraîneur de Shahar Peer qui était surpris de la force de frappe et de voir un rythme aussi élevé chez une si jeune joueuse. C'est sûr qu'elle va continuer à s'améliorer et c'est vraiment bon signe.»

Richard Quirion est aussi fort satisfait de l'achalandage, même si les jeunes des écoles qui viennent animer les gradins durant la semaine n'ont pas été au rendez-vous cette fois-ci en raison des moyens de pression dans le milieu scolaire, mais ce n'est que partie remise espère-t-il. «On est vraiment satisfait de l'ensemble du tournoi, que ce soit la soirée des joueuses, ou le cocktail des commanditaires, dans les deux cas, il y a eu beaucoup de monde. C'est important de bien faire les choses si l'on veut que ces gens reviennent.»

Bonne réputation

D'ailleurs, il confirme que le tournoi de Saguenay bénéficie d'une excellente réputation dans le milieu tennistique. «Dans les messages qu'on reçoit, tout le monde adore le tournoi. Et ce ne sont pas des paroles en l'air! Quand les joueuses quittent, elles disent que c'est l'un des bons tournois (de cette envergure)» et qu'elles aiment venir ici. D'ailleurs plusieurs reviennent ici année après année. Elles sont traitées aux petits oignons et elles l'apprécient.»

Enfin, il a souligné les améliorations effectuées par le comité organisateur pour cette 10e édition, soit un meilleur éclairage et l'installation de tableaux de pointages électroniques. Les rideaux de toiles installés en fond de terrain ont aussi été reculés encore un peu pour donner plus d'espace aux joueuses, une petite différence qui a été appréciée. Johanne Saint-Pierre

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